Reptile admiratif

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Le serpent voit la femme et croit voir une reine,
Il se transforme alors en bouffon de la Cour ;
Il déclame des vers ainsi qu’un troubadour,
Il chante des refrains que les démons reprennent.

Devant ces clowneries, Eve reste sereine,
Mais ce vert soupirant lui paraît un peu lourd ;
Le jardin, par ailleurs, est un plaisant séjour,
C’est un terrain de jeux, ce n’est pas une arène.

La pomme sur son arbre est de toute beauté,
L’autre dit « Mange-la, tu deviendras déesse,
Ce qui pour toi serait un sort bien mérité. »

Eve ne répond rien, réticente princesse,
Il est vrai que le fruit pourrait être un trésor,
Mais il pourrait aussi être porteur de mort.

Cochonfucius

Forgeron boiteux

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J’ai forgé le trident du Seigneur des Sept Mers,
Hadès me doit aussi son armure spectrale ;
Je rêve d’assembler des nefs interastrales
Pour explorer les bords de ce vaste Univers..

Je suis Héphaïstos, un armurier d’enfer,
Je chante en travaillant des chansons sépulcrales ;
Cela m’importe peu que quelques voisins râlent,
À Pégase c’est moi qui donnai quatre fers.

Je m’alimente bien, mais sans être vorace,
D’excédent pondéral je n’ai pas une trace ;
Les liens sentimentaux, je les veux éviter.

Mes talents sont connus dans tout le monde antique,
Des clients distingués fréquentent ma boutique ;
Mais je n’accepte plus Arès comme invité.

Cochonfucius

Dominus Leo

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De dormir tout un jour il se donne licence,
Ce roi sans volonté, ce paresseux seigneur ;
Il dit que ce plaisir est de tous le meilleur,
Son épouse en convient, mais avec réticence.

Le peuple désapprouve une telle carence,
Et le grand mage aussi, de démons pourfendeur ;
Personne ne respecte un tel maître glandeur,
Un chef plus énergique aurait leur préférence.

Nul parmi les voisins ne convoite ces lieux,
Car ces parages sont trop pauvres, à leurs yeux ;
Donc, le roi fainéant peut rester dans ses rêves.

Le mage n’y peut rien, malgré tout son savoir,
Il s’obstine pourtant, par pur sens du devoir ;
Et cette hypersomnie le tourmente sans trêve.

Cochonfucius

Revanche de la tortue

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Tu ne cours plus autant, compère, une fois vieux,
Tu ne tires plus rien de tes jambes de lièvre ;
Moi, je vais mieux que toi, j’ai le sourire aux lèvres,
Mon médecin me dit que tout va pour le mieux.

Un petit nombre d’ans te donnèrent les dieux,
Une brève jeunesse aussi, pleine de fièvre ;
Certes, nos créateurs ne sont pas des orfèvres,
Ils ont même du mal pour ordonner les cieux.

Te voilà donc perdant, mais sois sans amertume,
Les plaisirs d’une vie ne sont que de la brume ;
Nous souffrons un peu moins pendant notre sommeil.

Seras-tu consolé par une adolescente ?
Mieux vaut t’épanouir de façon plus décente,
Contente-toi d’aimer la lune et le soleil.

Cochonfucius

Loin des chasseurs

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Plus de péril, déserte est la campagne,
Ailleurs s’en vont ces primates fautifs ;
Rapide fut leur élan fugitif,
Rassurés sont nos fils et nos compagnes.

Terre sans l’Homme est Pays de Cocagne,
C’en est fini pour nous des jours craintifs ;
Tu n’entendras aucun soupir plaintif,
Paisibles sont la plaine et la montagne.

Fin des humains ! Ce n’est pas malheureux
Eux qui du monde ont gâché la beauté,
Eux dont la vie était ignoble et vaine.

Nul animal ne fut si dangereux,
Nul ne fut tant expert en cruauté ;
Noir fut le sang qui coulait en leurs veines.

Cochonfucius

Monarque hybride

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Le cerf porte des bois, le roi les porte aussi,
C’est l’oeuvre d’un sorcier qui jadis fut son hôte ;
Il dut payer ainsi je ne sais quelle faute,
Il ne craint pourtant pas de s’exhiber ainsi.

Concernant le royaume, il a d’autres soucis,
Les Varègues souvent débarquent sur nos côtes ;
Quand ce ne sont pas eux, ce sont les Argonautes,
Le sort de nos armées toujours est indécis.

Notre premier Ministre a le corps d’un gorille,
Lui qui, malgré cela, par sa sagesse brille ;
Il cite Confucius, ou Platon, c’est selon.

Au bord des grands chemins, les mages vont et viennent,
Mais que faut-il penser du savoir qu’ils détiennent ?
Un rhapsode pourrait nous en dire plus long.

Cochonfucius

Prédateur omnivore

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Linné nomma cet animal qui court,
C’est un cousin des panthères volantes ;
Il mange tout, les bêtes et les plantes,
Sans s’encombrer d’inutiles discours.

Ce prédateur engraisse au fil des jours,
Sa vive course en devient un peu lente ;
Son âme aussi se fait bien moins galante,
À ces plaisirs il veut passer son tour.

Plus d’une fois j’ai cru l’entendre en songe
Qui déclamait des mots de Francis Ponge,
Un locuteur tout de même hésitant.

Il fut l’ami d’une sombre déesse
Dont il n’acquit pas la moindre sagesse ;
Mais du bon sens, il en montre, pourtant.

Cochonfucius

Seigneur de la mare

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Je règne sur l’étang du Pays des Légendes,
Aucun autre pouvoir n’existe en cet endroit ;
C’est moi qui suis l’arbitre, et la source du droit,
Je n’en abuse point, car ma sagesse est grande.

Certains de mes pareils se déplacent en bandes,
Quant à moi, je vis seul, et pourtant sans effroi.
J’ai vu passer ici des jours chauds, des jours froids,
Aux caprices de l’air personne ne commande.

Nulle révélation ne me fut dévoilée,
Nul message ne vient de la nuit étoilée,
Sauf l’immobilité du bel astre du Nord.

De l’inframonde, si je dois franchir la porte,
Tu ne verras faiblir ni frissonner mon corps ;
La mort est un repos, cela me réconforte.

Cochonfucius

Pachyderme antédiluvien

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Avant Noé vécut un ambiphant sur terre,
Un être délicat, qui buvait du vin vieux :
Jamais il ne craignit les diables ni les dieux,
Mais il fut attentif aux rythmes planétaires.

Refusant d’embarquer sur l’Arche salutaire,
Il crut que l’Everest le protégerait mieux ;
Mais, pour l’escalader, son corps était trop vieux,
Trop faible son tonus, trop raides ses artères.

Un doux apaisement de lui s’est emparé,
À son dernier sommeil il sut se préparer;
Tout ce que fait Nature, un jour elle l’efface.

Il fit ses derniers pas sur un étroit chemin
Sans jamais espérer le secours des humains ;
Du fils du charpentier il ne vit point la face.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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