Illusoire Credo

image de l’auteur

Je suis un oiseau libre au Ciel de Vérité,
Je diffère d’Icare et suis sûr de mes ailes ;
Mon vol fut célébré par une demoiselle
Dans des vers qu’elle m’a bien souvent récités.

Très peu de mes pareils me peuvent imiter,
Ni le doux martinet, ni la fine hirondelle ;
Celle-ci nargue ceux qui sont amoureux d’elle,
Ils maudissent un sort qu’ils ont bien mérité.

Je suis très performant aux altitudes basses,
Pour admirer les fleurs, au ras du sol je passe ;
Je ne dis pas cela pour vous y inciter.

Mon âme se souvient de maîtres admirables ;
Elle acquit auprès d’eux des qualités durables
Et l’art de me garder de toute vanité.

Cochonfucius

Sombres démons alpestres

image de l’auteur

Elle nous appartient, la montagne infernale,
Même sa neige pure est hostile aux glisseurs ;
D’assez mauvais destins nous sommes les tisseurs,
De morts inattendues et de vies trop banales.

Ne tente point d’un pic l’ascension triomphale,
De ton tragique sort tu verrais la noirceur ;
Tu ne dois surtout pas nous traiter de farceurs,
Une telle ironie pourrait t’être fatale.

Les Anges de la Mort, tu peux les voir voler,
Tu es, en leur présence, un peu déboussolé ;
En ces monts infernaux, tu dois t’attendre au pire.

Quant à nous, de ta vie, nous ne donnons pas cher ;
Tu ne connaîtras plus les plaisirs de la chair,
Ton coeur va s’endormir au ténébreux empire.

Cochonfucius

Cheval fatidique

image de l’auteur

Le vieux de la frontière eut un cheval barbare,
Dans un texte chinois c’est ce que nous lisons ;
Cet animal, un jour, partit sans crier gare,
Mais, peu de temps après, revint à la maison.

Ainsi va le récit que le barde nous narre,
Tandis que nous entrons dans la grise saison ;
Le vieux prend la parole et dit des mots bizarres,
L’histoire, vers la fin, montre qu’il a raison.

C’est l’agent du Destin, l’étalon des ténèbres,
Doux comme les moutons, plus cruel que les loups ;
Tu le veux chevaucher, prends garde à tes vertèbres.

Nous suivons l’équidé vers un avenir flou,
C’est loin vers l’horizon, c’est peut-être un mirage,
Dieu sait quelle jument nous attend au virage.

Cochonfucius

Chanson de l’échange impossible

Image d’Herald Dick

Ainsi parlait un homme, amoureux de la lune :
Cet astre est un joyau, c’est mon souverain bien,
Jamais je ne voudrai l’échanger contre rien ;
Les étoiles du ciel, n’en manquât-il aucune,

Ne seraient à mes yeux qu’une piètre fortune.
C’est un noble trésor, celui que je détiens,
Une étoile jamais n’en défera le lien,
Je m’y suis engagé, ce n’est pas pour des prunes.

Cochonfucius

Trinité des Pyrénées

image de l’auteur

Libère-nous du mal, triple dieu des montagnes,
Et que notre sort soit remis entre tes mains ;
Car nous avons tracé de périlleux chemins
Qui franchissent les monts de Capcir et Cerdagne.

Nous ne voulons point vivre au pays de Cocagne,
Nous sommes, tu le sais, de modestes humains ;
Nous réparons la route et les vieux ponts romains
Par où les promeneurs leurs pénates regagnent.

Nous écoutons souvent le tavernier narrant
Tes exploits d’autrefois, qu’il trouve assez marrants ;
Nous savons qu’un vieux texte interdit qu’on te nomme.

Un sculpteur du village, assemblant trois galets,
Fit ton triple portrait pour orner son chalet ;
Nous trouvons que ça fait un drôle de bonhomme.

Cochonfucius

Planète Profdefacandra

image de l’auteur

Dans son nocturne ciel ne passe nulle lune,
Pas de marées en mer, est-ce un mal, est-ce un bien?
Sur les sept continents les gens n’en pensent rien,
Et certainement pas que c’est une lacune.

Contemplant un millier d’étoiles sur les dunes,
Un promeneur avec la brise s’entretient ;
Entre rêveur et vent sont solides les liens,
Mais l’homme les rompra pour une dame brune.

Le peuple de ces lieux suit des lois non écrites ;
Nul penseur n’a tenté d’interpréter leurs rites,
Ni ne fit un effort pour saisir leur humour.

D’ailleurs, connaissent-ils l’amour et la souffrance ?
Ils s’en moquent un peu, selon toute apparence ;
Car il leur suffit bien d’aimer au jour le jour.

Cochonfucius

Propos d’un oiseau de passage

image de l’auteur

Aucun de mes discours n’est porteur d’un message,
Ils vont vers l’horizon, tels des marins perdus ;
Comme je suis venu, je m’en vais sans bagages,
À la terre mon corps bientôt sera rendu.

Aux tavernes jadis vous m’avez entendu,
Vous avez pardonné mon maladroit langage ;
Mais chacun d’entre nous se tait dans son grand âge,
Notre bel enthousiasme est bien redescendu.

Ne me regrette point, tavernière jolie,
Ne sombre pas pour moi dans la mélancolie ;
Mon rouge coeur par toi jamais ne fut blessé.

Le bistrot va fermer, ma soif est abolie,
Je prends congé de toi par des phrases polies ;
Jamais ton souvenir je ne vais délaisser.

Cochonfucius

Une fleur pour l’infante

image de l’auteur

Je proviens du jardin d’un humble chevalier,
Sachez que mon image est sur ses armoiries ;
Lui, qui voudrait m’offrir à l’infante Marie,
Rêve de devenir un de ses familiers.

Il guette cette dame au bas des escaliers,
Porté par son amour qui jamais ne varie;
Il n’a pas les moyens d’offrir des pierreries,
Ses petits revenus ne sont pas réguliers.

D’autres jours, chevauchant sa monture piaffante,
Du royal édifice il fait sept fois le tour,
Même dans la saison des chaleurs étouffantes.

Sa flamme, cependant, n’est jamais triomphante,
Telle fut envers lui l’ironie de l’amour ;
Mieux que moi l’ont chanté jadis les troubadours.

Cochonfucius

Lyre d’ermite

image de l’auteur

La musique de Jean charme les sauterelles,
Ce sont des airs de lyre amplement modulés ;
En cadence tu vois les herbes onduler,
Éprises de ces sons vraiment nouveaux pour elles.

Ce chant vient souligner la danse naturelle :
De mille papillons qu’ici tu vois voler,
Eux qui jamais ne sont de tâches accablés,
Sinon de prendre soin de leur voilure frêle.

Au désert n’a point cours l’éloquence latine,
La langue de chacun n’a nul style imposé ;
Au désert n’a point cours la pesante routine.

Un jour tous les sept ans la pluie vient arroser
Ce lieu que la nature à l’ascèse destine ;
Tu vois le bon ermite alors se reposer.

Cochonfucius

Arbre du barde

image de l’auteur

Au village gaulois vit un rhapsode sombre,
Son chant reste imparfait mais pourtant, nous l’aimons ;
En ses vers nul ne doit chercher un sens profond,
Il sera pour toujours un écrivain de l’ombre.

Sur les branches d’un arbre est posée sa maison,
D’oiseaux dans la ramure on peut voir un grand nombre ;
Cette demeure est vaste et de rien ne s’encombre,
Ce fier chanteur me semble un être de raison.

Notre homme rarement se met martel en tête,
Ni son arbre ni lui ne craignent les tempêtes.
Sauf peut-être le toit, de chaume recouvert.

Quand se pose un hibou sur la plus haute branche,
Le barde pour lui chante, et pour la lune blanche ;
Les mots que l’on entend forment quatorze vers.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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