Grand oiseau martien

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Mon chant ressemble au son d’une cloche qui tinte,
Mais depuis quelques mois, souvent je me suis tu ;
Avec mes compagnons j’ai fort peu débattu,
Rarement plaisanté, guère vidé de pintes.

Ma bonne humeur, pourtant, n’en fut jamais atteinte,
Et mon sens de l’humour, je ne l’ai pas perdu ;
Je n’ai point rencontré de problèmes ardus,
La flamme du désir n’est nullement éteinte.

Mais, je ne le nie pas, je suis devenu vieux,
Même, il est presque temps de faire mes adieux ;
Je veux être serein dans mes heures dernières.

Sur un pareil sujet, je ne m’étendrai pas,
Je préfère songer à mon prochain repas
Ou faire mon métier de chercheur de lumière.

Cochonfucius

Fauve d’argent

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Je suis le tigre blanc, le Maître des forêts,
Il est déconseillé de suivre mes empreintes ;
Les dryades souvent savourent mon étreinte
Et la préfèrent même à celle du goret.

Mais je ne la vois plus, celle qui m’adorait,
Avec qui au comptoir je vidais une pinte ;
De ses soeurs éplorées je partage les craintes,
J’ai rêvé l’autre nuit que sa voix m’implorait.

Le Destin nous ravit les personnes aimées ;
En de pareils moments notre âme est désarmée,
Rien ne sert, en tel cas, de se croire un héros.

Une amante s’absente et le monde bascule ;
Le deuil nous désempare et nous désarticule,
Les simples matelots comme les amiraux.

Cochonfucius

Le seigneur d’Alpha Minotauri

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Je suis un cancrelat, que nul ne s’en étonne,
J’ai conquis le pouvoir, car je suis très savant ;
Je tâche d’être noble et d’être un bon vivant,
Même si le Cosmos est ici monotone.

J’entrepose mon vin dans deux ou trois bonbonnes,
Et c’est le sang de Dieu, je me le dis souvent ;
Nous avons de cela des récits émouvants
Que me narre mon scribe, et sa mémoire est bonne.

Presque tous mes sujets sont un peu bordéliques,
Sauf, bien sûr, le curé de notre Basilique
Qui sur de nombreux points raisonne élégamment.

Mes planètes n’ont pas encore été nommées,
Juste numérotées, je ne sais pas comment,
Par vos observateurs, qui sont toute une armée.

Cochonfucius

Océan francilien

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Nous quittâmes le port d’Issy-les-Moulineaux,
Nous tirâmes un bord jusqu’à Vigneux-sur-Seine :
Puis, laissant à tribord l’écueil de Bourg-la-Reine,
Nous t’avons emprunté, chenal de Longjumeau.

Vinrent trois passagers dans Magny-les-Hameaux,
Eux qui voulaient se rendre à Brou-sur-Chantereine ;
Nous les avons laissés dans les docks de Suresnes,
Car le noroît soufflait du Mesnil-Amelot.

Nous fûmes déventés par les digues du Pecq,
Cela nous conduisit jusqu’à Noisy-le-Sec ;
Là nous avons rejoint ceux de de Villetaneuse.

Vers le soir s’éclaira le phare d’Antony,
Sa lumière portait par-delà Taverny ;
Nous ne vîmes jamais Saint-Rémy-lès-Chevreuse.

Cochonfucius

Croix magique

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C’est un gage d’honneur et de fidélité,
La croix qui du passé garde la remembrance ;
D’un objet ordinaire elle prend l’apparence,
Seuls quelques érudits savent ses qualités.

Son transcendant pouvoir ne peut être imité,
Pas même par l’esprit d’une vestale en transe ;
Tout seigneur qui en use évite les outrances,
Ses désirs abusifs se trouvent limités.

Au rhapsode elle dit des mots surnaturels,
Au prêtre elle décrit des faits intemporels ;
Ils laissent de côté ce monde transitoire.

L’Empereur, cependant, la range en un placard,
Disant que la magie c’est fait pour les tocards
Et que lui ne veut plus de ces vieilles histoires.

Cochonfucius

Monstre griffu

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Cet obscur prédateur dévore des prophètes,
C’est à peine, parfois, s’il en laisse aux vautours ;
Il bouscule souvent les hyènes stupéfaites,
Il peut même effrayer les gardiens dans leur tour.

Face à lui, les chasseurs craignent une défaite,
Les plus vaillants d’entre eux le diront sans détour ;
Même les braconniers ne sont pas à la fête,
Dont plusieurs sont partis sans espoir de retour.

Ce monstre n’aime point se donner en spectacle,
Il ne demande pas qu’on le porte au pinacle ;
Jamais il ne voulut rencontrer ses pareils.

Or, si tu veux le vaincre, il faut que tu l’enivres
En célébrant Bacchus qui de lui te délivre ;
Le vin le plongera dans son dernier sommeil.

Cochonfucius

Porte d’une ville morte

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Admirable fut la cité,
Mais je n’y trouve plus personne ;
D’observer cela, je m’étonne,
Ce sort ne fut pas mérité.

C’étaient des gens sans vanité,
Eux qui respectaient la Couronne ;
Ce qui leurs ruines environne,
C’est le désert, en vérité.

Nous n’en ferons pas un roman,
Car notre plume maladroite
Ne suit que des pistes étroites.

Il reste quelques monuments
Dont une porte, belle et bonne,
Toute en pierre de Carcassonne

Cochonfucius

Un oiseau se désaltère

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Tranquille je picore et tranquille je bois,
Ou bien je réconforte une oiselle égarée ;
Je lui dis : Chère amie, ne sois pas effarée,
Car aucun prédateur ne rôde au fond des bois.

Par mon ramage expert, et sobre toutefois,
La douce créature est bientôt rassurée ;
Tu verras qu’elle peut se montrer délurée,
Ce spectacle est charmant, j’en suis heureux, ma foi.

Combien ai-je connu de ces rencontres brèves ?
L’âme s’y abandonne ainsi que dans un rêve,
De notre corps l’esprit ne ressent plus les maux.

Chacune a son secret, chacune est sans égale ;
Je leur rends un hommage en assemblant des mots,
À défaut de chanter comme fait la cigale.

Cochonfucius

Rêverie ferroviaire

image de l’auteur

Au bord de l’océan plusieurs veulent se rendre,
Je les vois envahir la gare, par milliers ;
Certains vont vers des lieux qui leur sont familiers,
D’autres par l’inconnu se laisseront surprendre.

Au milieu du ballast grandit une herbe tendre,
Cet aride terrain lui semble hospitalier ;
Nous passons sous un pont aux immenses piliers,
Les urbaines rumeurs se font à peine entendre.

Le parcours nous conduit par les prés et les champs
Entre lesquels on voit des randonneurs marchant,
Eux qui furent ravis de quitter leur demeure.

Bien peu de temps dura ce trajet merveilleux,
Fort rapide en effet, sans être périlleux,
L’arrivée fut paisible et le train fut à l’heure.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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