Oraison de l’ours

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Je dirai le Pater dans une langue pure,
Qui est du Créateur le texte favori :
C’est un bénédictin qui me l’avait appris,
Je parle en d’autres lieux de sa noble figure.

Il rendait lumineux le sens des Écritures,
Lui qui fut de savoir et de sagesse épris ;
D’une certaine ascèse il connaissait le prix,
Un rouge coeur battait sous sa robe de bure.

Il disait la grandeur d’une âme qui pardonne,
Mais aussi son repos quand elle s’abandonne ;
Sans crainte il vit venir son ultime sommeil.

Intense fut sa vie, sans être aventureuse,
Lui qui, sans hésiter, la disait savoureuse
Comme le pain bien tendre ou le nectar vermeil.

Cochonfucius

Taureau modeste

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Sur les grands combattants je ne prends point modèle,
Mais sur l’agneau des prés, de ses soeurs escorté ;
Aux vaches je voudrais le bonheur apporter,
Donc tu ne me verras jamais me plaindre d’elles.

J’accueille chaque année les génisses nouvelles,
Elles qui de ma part n’ont rien à redouter ;
Ensemble nous allons les oiseaux écouter,
Qui de notre univers les mystères révèlent.

Je ne néglige point mes premières amours
(Du temps où Cupidon me joua quelques tours) ;
Dans le fond de mon coeur la flamme n’est pas morte.

Les veaux, par politesse, écoutent mes discours
Dont le contenu n’est pour eux d’aucun secours ;
L’un d’eux, parfois, sourit, et ça me réconforte.

Cochonfucius

Ange félin

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C’est un individu disant peu de paroles
Qui pour méditer va dans le jardin s’asseoir ;
Sur ses ailes planant, vers les forêts il vole,
Il dort l’après-midi, puis s’éveille le soir.

De sagesse, en Egypte, il était un symbole,
Tout spécialement si son pelage était noir;
Un prêtre lui donnait des souris pour obole,
Un scribe l’abritait en son noble manoir.

Il connaît la valeur et les pouvoirs du rêve,
Lui qui reste assoupi quand le soleil se lève ;
Un mandarin, dit-on, voit l’heure dans ses yeux.

Il va jusqu’au Tibet quand un lama l’invite,
Je l’entends ronronner quand ce moine lévite ;
Il sait que ce n’est pas un miracle de Dieu.

Cochonfucius

Ambibaron

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Du vieil ambibaron l’origine est obscure,
Issu d’aïeux vaillants ou de brigands pervers ;
Sinistre est son manoir, l’été comme l’hiver,
En sa chapelle on voit des idoles impures.

Il est armé d’un sabre aux fines ciselures
Qui d’un fourreau de bronze est toujours recouvert ;
Jamais il n’entrera dans un conflit ouvert,
Chose qu’il percevrait comme une salissure.

Jamais il n’a rêvé d’un exploit fabuleux,
Jamais il ne se rend aux endroits populeux,
Lui qui n’a nul besoin d’être en pleine lumière.

Un jour, il s’en ira comme il était venu ;
Sera-t-il regretté, ce seigneur inconnu ?
À sa mémoire on va juste boire une bière.

Cochonfucius

Noblesse d’un ermite

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Son regard est tourné vers le ciel qui blanchit,
Cela lui semble bon, l’aube n’est point traîtresse ;
Ce solitaire, ayant l’insomnie pour maîtresse,
Ne craint pas la fatigue, il s’en est affranchi.

Dans un ruisseau glacé son vin se rafraîchit,
Son immobilité semble de la paresse ;
Mais son esprit travaille, et, sans qu’il n’y paraisse,
Résoudra le problème auquel il réfléchit.

Une souple dryade, invisible à ses yeux,
Voudrait bien aborder ce gentil petit vieux ;
Mais il ne l’entend point, c’est ce qu’elle déplore.

Nulle amoureuse ardeur n’échauffera son sang ;
Il n’est point de ceux qui, entre leurs bras puissants,
Savent aimablement une compagne enclore.

Cochonfucius

Litanie barbare

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Étanchez notre soif, brave et noble Saint Serge,
Préservez notre tête, excellent Saint Denis ;
Parlez-nous en latin, saints Apôtres bénis,
Apaisez nos enfants, mignonne Sainte Vierge.

Protégez nos poireaux, vaillante Sainte Asperge,
Venez chez nous le soir, tendre Sainte Fanny ;
Montrez-nous les Védas, docte Sainte Rani,
Parlez de nos voisins, aimable Saint Concierge.

Dansez dans nos jardins, joyeux Saint Papillon,
Consacrez nos cercueils, sage Saint Goupillon,
Gardez-nous de l’ennui, vieux Saint Impondérable.

Chantez-nous des chansons, grand Saint Éloi pas mort,
Donnez-nous de l’espoir, heureux Saint Libérable,
Épargnez-nous la peur, saint Prince de Timor.

Cochonfucius

Démon berger

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C’est un démon à face de crapaud
Qui, l’autre jour, voulant changer de tête ;
Se fit agneau, qui est charmante bête,
Puis fut élu berger de son troupeau.

L’ancien gardien repose en un tombeau,
En qui vibrait une âme de prophète ;
Le faux agneau se prend pour un poète,
Il s’aventure en quelques jeux verbaux.

Le grand bélier s’approche d’un pas lourd,
Lui adressant un menaçant discours ;
— Quitte ces lieux, descends parmi les ombres !

Voici l’agneau qui change de couleur ;
Intimidé par ces paroles sombres,
Il se transforme en innocente fleur.

Cochonfucius

Fleur de sable

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J’aime la nuit, qui me sert de manteau,
Je m’y blottis en attendant l’aurore ;
Quand cette friche au grand soleil se dore,
Je me rendors pour des rêves nouveaux.

Avec l’iris j’échange quelques mots,
Avec la rose, avec la mandragore ;
Nous commentons la vie de Pythagore
Qui nous aimait mieux que les animaux.

Nous délassons nos âmes nonchalantes
Et nos esprits, dont la démarche est lente,
En observant les nuages sereins.

Nous t’aimons bien, je veux que tu le saches ;
Les jolies fleurs dans une peau de vache,
Ce n’est pas nous, ce sont les romarins.

Cochonfucius

Sérénité d’un buisson

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D’automnes successifs j’ai connu la saveur,
Où le vent composait des rimes insensées ;
Je ne parvins jamais à capter ses pensées,
Mais ce détail est loin d’être en sa défaveur.

Les insectes des bois chantaient avec ferveur,
Reprenant mille fois la strophe commencée ;
La dryade d’ici n’en fut pas offensée,
Ni l’ondin délirant, ni le faune rêveur,

Le vent, depuis toujours, suit ses propres chemins,
Il n’en changera point du jour au lendemain ;
Il s’accommode bien d’une absence de route.

Un souvenir s’endort dans mon coeur de buisson,
Celui d’une lumière ou celui d’un frisson ;
Rien ne réparera ma mémoire en déroute.

Cochonfucius

Forteresse pyramidale

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Grise sur mes quatre côtés,
Je fus bénie par un prophète ;
Les architectes qui m’ont faite
N’en tirent point de vanité.

Gardant ma fraîcheur en été,
J’offre une plaisante retraite ;
Le froid, de même, je l’arrête,
D’ailleurs on te l’a raconté.

En mes murs réside une Dame,
Laquelle est pure et noble d’âme ;
Elle ne fit jamais le mal.

Elle a quatre fleurs qu’elle arrose
En un rituel baptismal,
La plus belle est appelée Rose.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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