Planète Pasternacandra

image de l’auteur

Ce lointain corps céleste est une étrange Terre
Avec des continents aux contours imprécis ;
Tout leur savoir se trouve en de fumeux récits,
Pas bien dignes de foi, d’ailleurs, ils n’y croient guère.

Tu n’y trouveras point de caste militaire,
Ni de durs argousins, ni de flics sans merci ;
Eux, qui de s’enrichir n’ont jamais le souci,
Sont sobrement nourris de sagesse précaire.

Ils portent leur manteau dans les grandes chaleurs,
Montrent dans leurs musées des objets sans valeur ;
Quand ils deviennent vieux, leur main jamais ne tremble.

La planète a des jours qui durent plusieurs mois ;
Au soir de chacun d’eux surgissent des chamois
Qui montent sur les toits pour y chanter ensemble.

Cochonfucius

Nef du garonnosaure

image de l’auteur

Ce modeste vaisseau n’est pas une trirème,
Mais un léger esquif, manoeuvré sans effort ;
C’est plutôt reposant pour mon robuste corps,
La minuscule voile est bordée sans problème.

D’avancer sur les flots, mon plaisir est extrême,
Mais aussi de passer d’un bord à l’autre bord ;
Je m’amuse à jurer par les mille sabords
Ou bien par le trépas du vieil Être Suprême.

Le fleuve semble issu du monde originel
Et sa source le lieu d’un retour éternel ;
L’ondine de Garonne ignore la souffrance.

Des rêves par milliers, tel sera mon butin,
Qui pourront transcender les vaines apparences ;
Des songes lumineux dans le petit matin.

Cochonfucius

Dame raisonnable

image de l’auteur

Au coin du feu se tient la dame assise,
Par un doux rêve est son esprit bercé ;
Des souvenirs en ordre dispersé
Forment en elle une trame imprécise.

Le bois sec brûle et les flammes lui disent
Un mot qui vient son esprit traverser ;
Quant à prétendre un tel secret percer,
Je ne le fais, ce serait vantardise.

Près de la dame est un sage reclus
Qui avec elle un accord a conclu,
Ce lien résiste au flot du temps qui passe.

Ils ont parlé sur de nombreux sujets,
Ils ont aussi partagé leurs projets ;
Ils sont heureux dans ce petit espace.

Cochonfucius

Hippocéros introuvable

image de l’auteur

Moi qui n’existe pas, je n’ai donc pas de père,
Je ne sais si je fus dans un rêve d’Adam ;
Mais on va me créer, tout au moins, je l’espère,
Avec une âme forte et des désirs ardents.

Je suis l’hippocéros, entouré de mystère,
J’ai plus ou moins l’aspect d’un étalon fringant ;
Je n’ai pas le projet d’être célibataire,
Je veux tirer parti de mon corps élégant.

Je peux d’une licorne enrichir le lignage,
Et que ma descendance en soit le témoignage,
Eux qui de ma valeur reprendront le flambeau.

Veux-tu prier pour moi, grande licorne blanche ?
Tourneras-tu vers moi tes yeux couleur pervenche ?
Je suis sur le point d’être, il n’est rien de plus beau.

Cochonfucius

Les sept disques

image de l’auteur

Tu vois sur ce blason sept reflets planétaires,
Ceux de ces corps guidés par une juste loi ;
Au tourteau mercurien le goût d’un fruit des bois,
Son frère vénusien semble une orange amère.

Pour le tourteau terrien, la fragrance éphémère,
La saveur du martien évoque on ne sait quoi ;
Le lourd disque jovien étonne par son poids,
Le tourteau saturnien est comme une chimère.

Nul ne contestera la grâce de Neptune,
Astre fort éloigné, rarement entrevu,
Que poursuit dans le ciel un cortège de lunes.

D’un fier besant d’argent notre monde est pourvu ;
La Lune de chez nous, qui n’est pas trop lointaine,
Vient se baigner le soir dans l’eau de nos fontaines.

Cochonfucius

Seigneur chaussé de magenta

image de l’auteur

Ce comte aime arborer des souliers fantaisistes
Qui lui furent offerts par le baron de Crac,
Lequel en son bagage en avait tout un sac ;
Plus d’un contemporain le prend pour un fumiste.

D’autres l’ont regardé comme un surréaliste,
C’est notamment le cas de ses copains de fac ;
Il pourrait figurer dans la Rubrique-à-Brac,
Lui dont la silhouette inspire les artistes.

Nous admirons aussi sa chemise fripée,
Son cheval fatigué par maintes équipées
Et son vaste chapeau, rose et faramineux.

Tu l’entends au comptoir parler en hyperboles,
Avec lui, tout sujet se change en sac de noeuds ;
La grammaire est noyée, les mots se carambolent.

Cochonfucius

 

Doigt qui montre un astre

image de l’auteur

Le Sage a désigné la Lune ensommeillée,
De regarder son doigt le disciple aurait tort ;
Tous deux sont revêtus de robes mal taillées,
Leur établissement ne roule pas sur l’or.

Leur porte grince un peu, la serrure est rouillée,
Une fenêtre laisse entrer le vent du Nord ;
Leur petite maison n’est jamais verrouillée,
Sauf, assez rarement, quand tout le monde sort.

Pour un tonneau de vin, le Maître vend ses bottes,
Même si son breuvage est surtout de la flotte ;
Deux verres devant lui toujours sont disposés.

Qu’a-t-il donc découvert, ce vieil homme qui pense ?
D’une belle trouvaille il n’a point remembrance,
Mais un petit sonnet suffit à l’apaiser.

Cochonfucius

Oiseau dément

image de l’auteur

Je vois sur une branche un volatile fou,
Car jamais il ne chante, il papote, il délire ;
Intarissablement, lui qui n’a rien à dire,
Et non pas presque rien, mais vraiment rien du tout.

Les grands arbres eux-mêmes en sont poussés à bout,
Ils voudraient qu’un félin croquât ce triste sire ;
J’entends, tout près de moi, le chêne qui soupire,
Dénonçant ce discours qui ne tient pas debout.

Ulysse redoutait le chant de la sirène,
Mais plus loin sur sa route il oublia sa peine ;
Or, ici, nous avons un fléau permanent.

Cet oiseau me répond « Ce n’est rien de tragique,
Plusieurs autres que moi vont ainsi cancanant,
Donnant même à la chose un sens pédagogique ».

Cochonfucius

Les deux mains du Créateur

image de l’auteur

Entre les mains de Dieu, qui donc peut se tenir ?
Plus rien n’est à saisir quand l’âme s’évapore ;
Du posthume sermon que le prêtre élabore
Tu ne verras jamais un miracle advenir.

Que penser d’un vieillard qui voudrait rajeunir ?
Oublie-t-il que nos vies n’ont qu’une seule aurore ?
L’éternelle survie n’est qu’une métaphore,
Au tombeau va le corps, ce n’est pas pour dormir.

Entre ses mains, dis-tu, je remettrai mon âme ;
Mais d’un feu bien éteint nul ne garde la flamme,
Plus ne peut un défunt son latin réciter.

Cet « In manus tuas », ce fragment de poème,
Je ne me lasse point d’admirer sa beauté
Quand je viens méditer parmi les chrysanthèmes.

Cochonfucius

Forteresse interdite

image de l’auteur

Cette tour n’est point là pour les simples mortels,
Un fier démon réside entre ses murs de pierre,
Un être qui jamais ne ferme ses paupières ;
Ce monstre communie à de sombres autels.

De son bras droit, il lève un sinistre martel
Dont un seul coup pourrait te mettre au cimetière ;
Serais-tu donc pressé de dormir sous le lierre ?
Je sais que, pour ma part, je ne veux rien de tel.

Il rit de ton épée, de ton arc, de ta lance,
Mais nul ne le saura, car il rit en silence ;
C’est vraiment l’ennemi des hommes et des dieux.

Un scribe s’informa sur lui dans un grimoire,
Ce fut un exercice éprouvant pour ses yeux ;
Le texte, sitôt lu, sortit de sa mémoire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.