Manoir des bouquinistes

image de l’auteur

Nos étagères sont d’assez robuste bois,
Ici, nous aimons tous cette noble matière;
De livres s’est emplie notre demeure entière,
Qui valent, à nos yeux, les richesse d’un Roi.

Des auteurs de tout poil dorment sous notre toit,
Des poètes, des fous, des chercheurs de lumière ;
Plus vivront leurs écrits qu’un monument de pierre,
Ils sont nos éclaireurs, en eux nous avons foi.

Dans leurs rêves subtils les rimeurs nous embarquent,
Nul besoin, pour cela, du bâton de Plutarque ;
Mais nous les révisons, le soir, entre les draps.

Les livres empilés sont une architecture,
Un jardin foisonnant, un parcours d’aventure ;
Viens t’y perdre, lecteur, et tu le comprendras.

Cochonfucius

Licornithor

Une licorne s’introduisit dans un terrier que des ornithorynques avaient creusé dans la berge d’un cours d’eau qui traversait le jardin de Cochonfucius de part en part.

Premier Ornithorynque : Aujourd’hui nous recevons la Grande Licorne qui semble avoir été attirée par nos provisions de camembert, ce bon fromage que nous avions, pourtant, traité pour qu’il soit invisible.

Qu’est-ce que cela représente pour vous, un morceau de camembert invisible ?

La Licorne :
Oui. Quelles sont les nouvelles perceptions de notre corps en respirant cette odeur alléchante.
Spécifiquement, ce que j’ai cherché à développer en suivant cette piste odorante, c’est la relation avec le fromage pour qu’il ait une conscience différente de son rôle dans la chaîne alimentaire. Par exemple au moment même où il commence à couler sur sa planche, on travaille ensemble de façon à ce qu’il pense vraiment à l’image qu’il déclenche, afin de développer une gestuelle “étendue”, dans cette conscience-là, et qu’il fasse corps avec le mouvement des fragrances déclenchées.
J’ai découvert là une relation unique qui implique que je sois très liée avec les morceaux de camembert invisible dans mes perceptions olfactives pour que l’odeur devienne comme le prolongement du concept.

Premier Ornithorynque : Oui, et tu as été un camembert normand, dans une vie antérieure ?

La Licorne : J’ai fait carrière dans une honorable fromagerie du centre ville, à Rouen.

Deuxième Ornithorynque : Est-ce que tu peux expliquer ton parcours personnel ?

La Licorne : Je viens de la savane. Au départ, j’ai commencé par manger des feuilles d’arbres. Et donc tout cela ça m’a ouvert des portes si je puis dire, de nouvelles possibilités avec en plus l’arrivée du marchand de fromage et j’ai continué plus tard et jusqu’à ce jour.

Premier Ornithorynque : D’accord, jusqu’à ce jour.

La Licorne : C’est vrai, il y a plusieurs notions là qui interviennent. Quand l’image est extérieure sur un camembert c’est plus la notion de substance là.

Premier Ornithorynque : Ce sont des images que tu as créées toi-même ?

La Licorne : Oui, j’ai créé la plupart des images et j’ai fait également intervenir à un moment donné, un troisième catoblépas.

Premier Ornithorynque : Donc quelque part tout se fait à l’intérieur c’est à dire que même l’image en elle-même c’est une force autant que le camembert à l’intérieur.

La Licorne : Effectivement, puisque la notion du camembert tel que l’on l’a connu jusqu’à maintenant va progressivement disparaître.

Deuxième Ornithorynque : Si, à travers toutes les installations d’un certain nombre de personnes qui travaillent dans le virtuel (on ne va pas citer des noms) se pose le problème du statut du nouveau camembert compte tenu de cette interaction avec le pinard et cet environnement virtuel, et si remettre en cause l’image traditionnelle du camembert comme constante gastronomique, est-ce que cette constante se retrouve davantage dans ce qui serait de l’ordre de nouveaux signes, d’un nouveau langage et d’une nouvelle intériorité ?

La Licorne : Oui, c’est bien la question

Troisième Ornithorynque : On a dit plein de choses,

La Licorne : Oui, bien sûr parce que c’est quelque chose qui est là.

Troisième Ornithorynque : Quand tu parles du Cantal, je crois que tu parles de fromage du Cantal…

La Licorne : C’est tout de même un regard qu’a le consommateur…

Deuxième Ornithorynque : Grande licorne, je te remercie beaucoup de venir parfois manger notre camembert.

Cochonfucius

Ouroboros de novembre

image de l’auteur

Je ne regrette point la splendeur de l’été,
La fine pluie me semble un bienfaisant liquide ;
La grisaille des jours a la couleur du vide
Pour moi qui la préfère à de fortes clartés.

L’automne est à mes yeux le temps de la beauté,
Les feuillages sont roux, le monde est translucide ;
Aux celliers s’élabore un breuvage limpide,
Les ondins du marais nagent en liberté.

Un bel oiseau picore une pomme arrondie,
L’ours commence à gaver sa panse rebondie ;
Le vent sur ton chemin rit de tes maux, passant.

Un parfum de sous-bois chatouille mes narines,
Le sang de la dryade échauffe sa poitrine ;
Le ciel est assombri, mais n’est point menaçant.

Cochonfucius

Navigation imprécise

image de l’auteur

Voiles gonflées par le vent qui se lève,
Je prends pour cap le soleil qui s’éteint ;
Quelques oiseaux planent dans le lointain,
Depuis longtemps je ne vois nulle grève.

Je n’ai pas su choisir la route brève,
Car mon savoir est un peu trop restreint ;
Je vais pourtant sans perdre mon entrain
Au long du flot qui dérive sans trêve.

D’autres voudront vaincre les grands sommets ;
Un tel projet ne m’effleure jamais,
Plus qu’un torrent me plaît une rivière.

L’ondine danse et se moque de moi,
Je ne dis rien, car c’est de bon aloi,
Puisqu’elle et moi, nous cherchons la lumière.

Cochonfucius

Un peu sage et presque fou

image de l’auteur

Ce vieillissant cochon, le monde est, à ses yeux,
Comme un grand réservoir de sagesse immortelle ;
Ses paroles jamais ne font dans la dentelle,
Même, il peut se moquer de l’enfer et des cieux

Nous lui disons souvent que se taire vaut mieux
Que tenir des propos dignes d’un infidèle ;
Il nous répond qu’il prend Diogène pour modèle,
Celui qui méprisait les nobles et les dieux.

Certains traitent ce porc de faiseur de poèmes,
Lui qui ne fut jamais auteur d’un théorème ;
De sa plume il nous sort des mots d’un autre temps.

Ses amours de jadis, il les passe en revue,
Mais de toute rancoeur son âme est dépourvue ;
Car Cupidon le laisse en paix depuis longtemps.

Cochonfucius

Bal de la licorne

Image du blog Herald Dick Magazine

Es-tu licorne, es-tu jolie belette ?
Au long du jour le demande mon chant ;
Je m’interroge, et, doucement marchant,
J’atteins la plaine où mon âme est seulette.

Un arbre mort valse comme un squelette ;
Le vent fredonne un air en le touchant,
Il fait bien chaud, même au soleil couchant,
Même dessous la lune rondelette.

Licorne pure, au jour que je te vis,
Mon coeur en fut totalement ravi,
Saisi fut-il par ta sublime danse ;

Mais, vivra-t-il pour apprendre à danser,
Lui qui n’a plus cet art de s’élancer ?
Il est toujours plus tard que l’on ne pense.

Cochonfucius

Prince du désert

image de l’auteur

Dans chaque grain de sable est un peu de mémoire,
Archives dont le vent peut faire sa pâture ;
Le désert se souvient d’un seigneur immature,
Mais peu d’explorateurs déchiffrent ce grimoire.

Un rhapsode se fit l’écho de cette histoire
En un texte illustré de ses propres peintures ;
Une fable qui tient du récit d’aventure,
Tour à tour nostalgique, ou bien, prémonitoire.

Les lecteurs ont suivi ce prince randonneur
Qui fit bien du chemin pour trouver le bonheur ;
Nous l’entendons parler au pilote, un brave homme.

La rose et le serpent prirent grand soin de lui ;
Une étoile du ciel lui parla dans la nuit,
Ses yeux la voyaient mieux que ceux des astronomes.

Cochonfucius

Gustave Doré voit un caudicéphale

image de l’auteur

C’est le caudicéphale en sa ménagerie,
Qui, scrutant un blason de sa figure orné,
Ne sait guère s’il doit se dire contourné ;
Mais sa question confine à la chinoiserie.

Caudicéphale, viens nous voir en Héraldie,
Et nous te transmettrons notre art de blasonner ;
Des écus que chez nous tu verras foisonner,
Ta personne en sera bientôt ragaillardie.

Or, ce monstre, il est vrai, n’aime point la magie,
Ni celle des drapeaux, ni celle des blasons,
Alors, il est parti dormir sur le gazon,
Abruti qu’il était par sa polyphagie.

Cochonfucius

Brouette

Composition de l’auteur

Cette intervention parle d’une indécence nocturne.

Le grand analyste sermonna le modeste auteur de ces pages.
«Le chef des gardes impériaux m’a déclaré qu’il vous a vu dans la grande avenue
de votre village, beuglant des hymnes et poussant une vieille brouette.
Ne s’agirait-il pas des effets de votre fréquente intempérance?»

Ayant gardé le silence pendant un instant, le fauteur de troubles prit humblement la parole.
«Puis-je fournir une précision?»

«Une précision ? Et laquelle?»
«Vous vous trouviez dans cette brouette au moment des faits.»

Cochonfucius

Doctorat du lapin

image de l’auteur

J’eus pour ma soutenance un élégant costume,
Ceux du jury s’étaient contentés d’oripeaux ;
Un copain de promo fit passer le chapeau,
Ce qui des musiciens est aussi la coutume.

Le premier rapporteur eut un cerveau d’enclume,
Le deuxième s’était pinté dans un tripot ;
Mais je fus applaudi par trois nobles crapauds
Qui surent savourer la verve de ma plume.

Ce jury m’adressa des reproches mineurs
Auxquels je répondis en sauvant mon honneur,
Défendant le succès qui mes efforts couronne.

Le savoir, dirent-ils, est en de bonnes mains ;
Ne ratons surtout pas l’heure du pot, qui sonne ;
On va se régaler, autant qu’il est humain.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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