Forteresse magique

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Le sorcier ne veut point du secours d’une armée,
De sa propre défense il se porte garant,
Par des enchantements sont les portes fermées
Et par de gros lézards, d’invisibles varans.

Des prêtres invoquant la Déesse Innommée
Combattent les démons, sans effort apparent ;
Ces ennemis s’en vont (sous forme de fumée),
Ne laissant derrière eux qu’une odeur de safran.

Jamais rien de cela dans nos livres d’histoire,
Lesquels ne disent rien des magiques victoires ;
Le modeste enchanteur trouve que c’est tant mieux.

Ce bâtiment se dresse au Pays des Mystères
Où sont de braves gens, sobres mais pas austères,
Eux qui ont pour monarque un brave petit vieux.

Cochonfucius

Rêve de lion

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Le roi des animaux n’en croyait pas ses yeux :
D’invisibles goupils rôdaient dans les parages,
La nuit dissimulant l’azur de leur pelage,
À l’heure où les démons investissent les cieux.

Le monarque est tenté de fuir vers d’autres lieux,
Mais les chemins ouverts lui semblent des mirages ;
Il s’avance pourtant, rassemblant son courage,
Puis il trace sa route, à la grâce de Dieu.

Ce qu’il voit, cependant, ne le rassure guère,
— Il semble que le monde ait perdu ses repères,
Lui dit une banane, en riant franchement.

— Je ne suis qu’un rêveur au jugement fragile,
Tel un fol naviguant sur une nef d’argile,
Tel un roi qui voudrait gouverner en dormant.

Cochonfucius

Démon des reliques

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Dans l’inframonde obscur, des trésors il apporte,
Y compris des chiffons de diverses couleurs ;
Un linge que porta la Dame des Douleurs,
Le bonnet d’un ermite ou la clé de sa porte.

Ces reliques, dit-il, rendent son âme forte,
Ainsi que le fumage améliore les fleurs,
Un martyr, s’éloignant de sa vallée de pleurs,
Laisse au monde un fatras d’objets de toute sorte.

Un éléphant défunt, la vermine le ronge
Et les démons non plus ne s’en priveront pas ;
Maître Vautour en lui sa chauve tête plonge.

Notre héros, pourtant, n’en fait point son repas,
Il conserve leur trace au-delà du trépas ;
Quelques âmes de saints le viennent voir en songe.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre et l’inframonde

Toile de Kubin

J’avance, tout pensif, en ces lieux de pénombre
Creusés par les anciens sous un désert brûlant.
Au hasard des couloirs, mon pas se fait plus lent,
Car je prête attention aux embûches sans nombre.

Bien plus haut, en surface, est une forêt sombre
Où se taisent, le soir, des oiseaux somnolents
Que nul n’a de longtemps vus chantant ni volant,
Trop occupés qu’ils sont à contempler des ombres.

La forêt, le tunnel, quelle place est plus noire ?
Le noir ne va pas mal à cette triste histoire
Qu’un scribe défaillant grave sur un vieux mur.

Cette noirceur, princesse, il faut la fuir, sans doute,
L’inframonde et le ciel sont traversés de routes ;
Et je sais qu’à présent, tu marches d’un pas sûr.

Cochonfucius

Ange d’un jeu de cartes

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Sur la joueuse il pose un regard apaisant;
Sa couleur est toujours choisie comme atout maître ;
Il se croit supérieur, sans le laisser paraître,
Aux rois qui contre lui se vont coalisant.

Même, il est envers eux quelquefois complaisant,
Lui qui ne veut jamais les attaquer en traître ;
Les valets ne sont point ravis de le connaître,
Surtout celui de coeur, un être malfaisant.

Les as, remplis d’orgueil, jamais ne le regardent,
Disant qu’on l’a placé dans ce jeu par mégarde ;
Ils eussent préféré qu’on y mît un vizir.

Tard dans la nuit les gens jouèrent et causèrent,
Puis au fond d’un tiroir les cartes ils posèrent ;
L’ange dormit, rêvant aux Ailes du Désir.

Cochonfucius

Apôtre qui plane

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Ce messager qui traverse les cieux
Porte en son coeur la Vierge Souveraine ;
Son clair discours donne à l’espèce humaine
Le vrai chemin pour s’approcher de Dieu.

Il vagabonde, il est sans feu ni lieu,
Mais il n’est point de ceux qui se promènent ;
Avec méthode il parcourt les domaines
De mille rois pour qu’ils se guident mieux.

Quand tous les morts quitteront leurs tombeaux,
De la sagesse il tiendra le flambeau ;
Rien ne pourront les diablesses cornues.

S’il vient te voir et te dit quelques mots
Tels qu’il en dit à tous les animaux,
Que la leçon soit par toi retenue.

Cochonfucius

Trois dieux ichtyomorphes

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Au Père sont les profondeurs brûlantes,
Cet inframonde où périt la raison ;
Des fiers démons les sombres oraisons
Quand il est là se font moins virulentes.

Le Fils entend les vestales qui chantent,
Chacune sur le seuil de sa maison ;
Leurs douces voix sont une floraison
Apprivoisant les puissances méchantes.

L’Esprit-Poisson régit d’autres plaisirs,
Avec les trolls il plaisante à loisir ;
Cela fit rire un Empereur de Chine.

Les poissonniers, hommes de peu de foi,
Pour les piéger firent une machine ;
Mais ce ne fut qu’un système à la noix.

Cochonfucius

L’oiseau de la taverne

image de l’auteur

Ce volatile aisé mène la belle vie,
Il est heureux, sans doute, en attendant la mort ;
Il n’eut jamais besoin de faire trop d’efforts,
C’est une créature aisément assouvie.

Un brave commensal à boire le convie,
On leur verse du vin, pas plus haut que le bord ;
Les clients de ce bar ne roulent pas sur l’or,
Jamais ne fut aux gains leur personne asservie.

Cet oiseau paresseux ne vole pas très loin,
Car il se laisse vivre, et reste dans son coin ;
Ses deux refuges sont le comptoir et la table.

Le reste du cosmos ne le regarde pas,
Vers des lieux familiers il marche à petits pas ;
Toute banalité lui semble délectable.

Cochonfucius

Nuage égaré

image de l’auteur

En ayant cru planer vers un beau ciel d’été,
J’ai franchi le miroir, comme le fit Alice ;
Dans un air refroidi, péniblement, je glisse,
J’ai presque l’impression que je suis arrêté.

Je me demande en quoi ma vie va consister
Dans ce fol univers imprégné de malice ;
Si c’est Dieu qui le veut, je boirai ce calice
En lui offrant les pleurs de mon coeur attristé.

Moi, j’aimerais revoir le pays des cigales
Dont je regrette bien la douceur sans égale ;
Je m’en suis éloigné, mais sans l’avoir voulu.

Merci à vous d’avoir écouté mon histoire,
Le candide récit d’un bonheur révolu ;
Je commence à présent mon temps de purgatoire.

Cochonfucius

Monstre vénérable

image de l’auteur

Très bizarre d’aspect mais pas vraiment sauvage,
Il semble accommodant, mais ce n’est pas certain ;
Il arpente le fond des océans lointains,
Sans pourtant se lancer vraiment dans un voyage.

Il raconte sa vie en un obscur langage
À chaque fois qu’il peut rencontrer des humains ;
Car il aime avec eux faire un bout de chemin
Sans jamais se charger d’inutiles bagages.

Il affirme qu’il est satisfait de son sort,
Rien ne lui a jamais demandé trop d’efforts ;
Nul ne lui imposa de charge ni d’astreinte.

Aimant des fonds marins la subtile clarté,
Il pense qu’il ne va jamais les déserter,
Car en ces profondeurs il peut vivre sans crainte.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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