Ouroboros de novembre

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Je ne regrette point la splendeur de l’été,
La fine pluie me semble un bienfaisant liquide ;
La grisaille des jours a la couleur du vide
Pour moi qui la préfère à de fortes clartés.

L’automne est à mes yeux le temps de la beauté,
Les feuillages sont roux, le monde est translucide ;
Aux celliers s’élabore un breuvage limpide,
Les ondins du marais nagent en liberté.

Un bel oiseau picore une pomme arrondie,
L’ours commence à gaver sa panse rebondie ;
Le vent sur ton chemin rit de tes maux, passant.

Un parfum de sous-bois chatouille mes narines,
Le sang de la dryade échauffe sa poitrine ;
Le ciel est assombri, mais n’est point menaçant.

Cochonfucius

Navigation imprécise

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Voiles gonflées par le vent qui se lève,
Je prends pour cap le soleil qui s’éteint ;
Quelques oiseaux planent dans le lointain,
Depuis longtemps je ne vois nulle grève.

Je n’ai pas su choisir la route brève,
Car mon savoir est un peu trop restreint ;
Je vais pourtant sans perdre mon entrain
Au long du flot qui dérive sans trêve.

D’autres voudront vaincre les grands sommets ;
Un tel projet ne m’effleure jamais,
Plus qu’un torrent me plaît une rivière.

L’ondine danse et se moque de moi,
Je ne dis rien, car c’est de bon aloi,
Puisqu’elle et moi, nous cherchons la lumière.

Cochonfucius

Un peu sage et presque fou

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Ce vieillissant cochon, le monde est, à ses yeux,
Comme un grand réservoir de sagesse immortelle ;
Ses paroles jamais ne font dans la dentelle,
Même, il peut se moquer de l’enfer et des cieux

Nous lui disons souvent que se taire vaut mieux
Que tenir des propos dignes d’un infidèle ;
Il nous répond qu’il prend Diogène pour modèle,
Celui qui méprisait les nobles et les dieux.

Certains traitent ce porc de faiseur de poèmes,
Lui qui ne fut jamais auteur d’un théorème ;
De sa plume il nous sort des mots d’un autre temps.

Ses amours de jadis, il les passe en revue,
Mais de toute rancoeur son âme est dépourvue ;
Car Cupidon le laisse en paix depuis longtemps.

Cochonfucius

Bal de la licorne

Image du blog Herald Dick Magazine

Es-tu licorne, es-tu jolie belette ?
Au long du jour le demande mon chant ;
Je m’interroge, et, doucement marchant,
J’atteins la plaine où mon âme est seulette.

Un arbre mort valse comme un squelette ;
Le vent fredonne un air en le touchant,
Il fait bien chaud, même au soleil couchant,
Même dessous la lune rondelette.

Licorne pure, au jour que je te vis,
Mon coeur en fut totalement ravi,
Saisi fut-il par ta sublime danse ;

Mais, vivra-t-il pour apprendre à danser,
Lui qui n’a plus cet art de s’élancer ?
Il est toujours plus tard que l’on ne pense.

Cochonfucius

Prince du désert

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Dans chaque grain de sable est un peu de mémoire,
Archives dont le vent peut faire sa pâture ;
Le désert se souvient d’un seigneur immature,
Mais peu d’explorateurs déchiffrent ce grimoire.

Un rhapsode se fit l’écho de cette histoire
En un texte illustré de ses propres peintures ;
Une fable qui tient du récit d’aventure,
Tour à tour nostalgique, ou bien, prémonitoire.

Les lecteurs ont suivi ce prince randonneur
Qui fit bien du chemin pour trouver le bonheur ;
Nous l’entendons parler au pilote, un brave homme.

La rose et le serpent prirent grand soin de lui ;
Une étoile du ciel lui parla dans la nuit,
Ses yeux la voyaient mieux que ceux des astronomes.

Cochonfucius

Gustave Doré voit un caudicéphale

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C’est le caudicéphale en sa ménagerie,
Qui, scrutant un blason de sa figure orné,
Ne sait guère s’il doit se dire contourné ;
Mais sa question confine à la chinoiserie.

Caudicéphale, viens nous voir en Héraldie,
Et nous te transmettrons notre art de blasonner ;
Des écus que chez nous tu verras foisonner,
Ta personne en sera bientôt ragaillardie.

Or, ce monstre, il est vrai, n’aime point la magie,
Ni celle des drapeaux, ni celle des blasons,
Alors, il est parti dormir sur le gazon,
Abruti qu’il était par sa polyphagie.

Cochonfucius

Brouette

Composition de l’auteur

Cette intervention parle d’une indécence nocturne.

Le grand analyste sermonna le modeste auteur de ces pages.
«Le chef des gardes impériaux m’a déclaré qu’il vous a vu dans la grande avenue
de votre village, beuglant des hymnes et poussant une vieille brouette.
Ne s’agirait-il pas des effets de votre fréquente intempérance?»

Ayant gardé le silence pendant un instant, le fauteur de troubles prit humblement la parole.
«Puis-je fournir une précision?»

«Une précision ? Et laquelle?»
«Vous vous trouviez dans cette brouette au moment des faits.»

Cochonfucius

Doctorat du lapin

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J’eus pour ma soutenance un élégant costume,
Ceux du jury s’étaient contentés d’oripeaux ;
Un copain de promo fit passer le chapeau,
Ce qui des musiciens est aussi la coutume.

Le premier rapporteur eut un cerveau d’enclume,
Le deuxième s’était pinté dans un tripot ;
Mais je fus applaudi par trois nobles crapauds
Qui surent savourer la verve de ma plume.

Ce jury m’adressa des reproches mineurs
Auxquels je répondis en sauvant mon honneur,
Défendant le succès qui mes efforts couronne.

Le savoir, dirent-ils, est en de bonnes mains ;
Ne ratons surtout pas l’heure du pot, qui sonne ;
On va se régaler, autant qu’il est humain.

Cochonfucius

Dame des jours de paix

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Faute de combattants, la guerre s’arrêta,
Cette Dame de Paix se trouva seule au monde ;
Chevauchant longuement près de la mer profonde,
Elle atteignit, au soir, les rives d’un delta.

Un ascète paisible à dormir l’invita,
Partageant avec elle un peu de vin burgonde,
Puis ils ont grignoté quelques galettes rondes ;
Elle aima l’ermitage et plus ne le quitta.

En la fosse ne sont ni vaincus ni vainqueurs ;
Près des tombes se perche un vieux corbeau moqueur
Dont les ricanements se perdent dans la brise.

La Dame de la Paix ne craint plus les périls
Des grands champs de carnage où les destins se brisent ;
Elle a quelque regret des combattants virils.

Cochonfucius

Vin du sacrificateur

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Ce nectar passera de l’amphore au calice,
Nous verserons le sang d’un bouc au bord de l’eau ;
Dans la nuit, nous serons éclairés de falots,
Et, pour nous assister, des spectres sans malice.

Plus tard, nous parlerons à la lune complice,
Puis nous éveillerons la dame au jardin clos ;
Ensemble nous prendrons le frais sur un îlot,
Ou bien nous passerons par le miroir d’Alice.

L’amphore est un cadeau des gnomes du Ponant,
Ceux de qui nous tenons des savoirs étonnants ;
Ici, leur marchandise est grandement prisée.

Nous avons notre vigne au-delà des remparts,
Au sein d’une étendue clairement balisée ;
Raisins dont les oiseaux prennent souvent leur part.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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