Le baron Crocodile

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Je flotte dans le fleuve et je suis le courant,
Puis je vais sur la plage où ne vient pas la foule ;
Mon cousin le serpent aux branchages s’enroule,
L’univers est en paix, le monde est transparent.

Mon serviteur-pluvian me dit des trucs marrants,
Il compare sa vie au fleuve qui s’écoule ;
Heureusement pour lui qu’il n’est pas une poule,
Son sort en ma présence eût été différent.

Au lieu de m’abreuver de sa douce ironie,
Il eût eu dans ma gueule une brève agonie
Et n’aurait guère pu faire entendre sa voix.

De son maître Gotlib, il apprit l’art de rire,
Mais sa tâche est plus simple, il parle au lieu d’écrire,
Et de Newton jamais ne commente les lois.

Cochonfucius

Pont du Coq de Pierre

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Des deux côtés du pont sont de belles fontaines
Qui chantent leur chanson lorsque le soir descend ;
Un vagabond qui voit le ciel couleur de sang
Ralentit quelque peu sa démarche incertaine.

Qu’importe la rumeur de la ville inhumaine,
La peine et le tracas s’en vont dans le courant ;
L’errant, comme cette eau, devient indifférent,
Cessant d’entretenir des espérances vaines.

Comme un amant comblé pardonne à ses rivaux,
Le marcheur veut aller vers un monde nouveau ;
Ici la rivière est aisément franchissable.

Une muse, sans bruit, prend le même chemin,
Sur l’épaule du gars venant poser sa main ;
Son corps, me semble-t-il, n’est plus insaisissable.

Cochonfucius

Lune en banlieue

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Toile Cindy Thornton

Piaf-Tonnerre, sous la lune,
Rêve à d’immenses tribunes ;

Des mots résonnent au loin,
Que l’on entend plus ou moins.

Un tardif autobus passe,
Traversant le noir espace.

Dans le grand clocher qui dort,
Il règne un silence d’or.

Un poète géomètre
Contemple deux cents fenêtres.

L’escargot met en péril
La plantation de persil.

Elle a blanchi, notre lune,
Chaque rue de la commune.

Piaf-Tonnerre, heureux dormeur,
Rêve qu’il parle à des fleurs

Dont la lune s’émerveille
Et n’en croit pas ses oreilles.

Cochonfucius

Grandeur d’un volatile

ezsu

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Du seigneur emplumé, subtile est la nature,
Un rouge anthroposaure orne son étendard ;
Sur son vaste domaine il jette ses regards,
Où, depuis fort longtemps, peu d’intrus s’aventurent.

Il aime saluer les boeufs dans leur pâture,
Il leur récite alors des sonnets de Ronsard
Puis, dans la grande lande où flotte le brouillard,
Il marche lentement, jusqu’à la nuit obscure.

Des oiselles jadis ont fait battre son coeur
Et versé dans son âme une douce liqueur ;
Mais il s’est éloigné de ces bonheurs extrêmes.

Voici venu le temps des modestes plaisirs,
Des sobres agréments et des humbles loisirs
Peut-être pas de quoi en faire des poèmes.

Cochonfucius

Le seigneur d’Alpha Formicae

ezru

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Cet empereur bizarre, il n’a rien dans la tête,
Les astres ont des noms qu’il ne retient jamais ;
Mais, un verre à la main, il montre dans les fêtes
Un humour débridé qui atteint des sommets.

Des ministres sont là, qui sont loin d’être bêtes,
À leur sagacité le peuple s’en remet ;
L’Empire ne connaît ni pape ni prophète,
Aucun de ses sujets à Dieu ne se soumet.

Je ne sais pas combien l’Empire a de planètes,
Sur mes vieux documents la carte n’est pas nette ;
Un pompier les sauva d’un placard enflammé.

Accueillant tour à tour l’amour et la souffrance,
Ils n’attendent, ces gens, aucune délivrance,
Buvant, pour voir venir, du vin très parfumé.

Cochonfucius

Contemplation

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Peinture chinoise

 Pour contempler les eaux,
Assis près d’un îlot je renvoie mon bateau.

Tout calmes, les canards, sur la rive, endormis ;
Pas une branche laide au vieil arbre fleuri.
Les roseaux sont très courts, et comme égalisés,
Pierre et sable si purs qu’on les croit tamisés.

Le désir persistait malgré le temps trop court,
Mais je songe au retour.

Cochonfucius

Sainte Tavernière

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La dame qui ce comptoir abreuvait
Dans un sourire, elle était douce et belle
Et consolante, et loin d’être rebelle ;
Gentille fée qui nos prénoms savait.

Plus d’un buveur de ses charmes rêvait,
Ça l’exaltait, ça lui donnait des ailes ;
Il bénissait de louange immortelle
La longue nuit qui son coeur éprouvait.

Au premier rang nul ne pouvait prétendre,
Au dernier rang nul ne voulait descendre ;
Fier comme un coq chaque homme se montrait.

En la taverne étaient prises nos âmes,
Car nous étions vassaux de cette dame
Qui sagement nos conflits arbitrait.

Cochonfucius

La mer et la falaise

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La nef a mis le cap sur un fier promontoire,
La longue galaxie rend plus claire la nuit ;
Bilitis voit la voile et sa tristesse fuit,
L’on dit sur les marins d’étonnantes histoires.

Un capitaine, c’est un séducteur notoire,
Mais les bons matelots valent autant que lui ;
Sous la lune rêveuse ou le soleil qui luit,
Toujours ils fourniront des efforts méritoires.

Aphrodite ou Kypris exhibe son corps blanc,
Le capitaine hésite, et ce signal troublant
Pourrait faire changer son cap et son allure.

L’équipage au complet se trouve sur le pont,
L’un d’eux parle à Vénus qui point ne lui répond ;
L’homme éprouve en son coeur une froide brûlure.

Cochonfucius

Ermite-lion

ezps

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J’habite un terroir ignoré des hommes,
Je peux affirmer que j’en suis heureux ;
Quant aux animaux qui Seigneur me nomment,
Je les laisse en paix, c’est tant mieux pour eux.

Jamais je ne fus très aventureux,
Je ne cours pas loin, j’aime faire un somme ;
On croit que jadis je fus amoureux,
Ce fut quand Virgile écrivait dans Rome.

Nul ne me verra prier à genoux,
Je suis mieux couché, soit dit entre nous;
Bien vivre, pour moi, c’est une évidence.

Faites votre vie, chers frères humains,
Espérez toujours de beaux lendemains ;
Mais je n’entre point dans vos folles danses.

Cochonfucius

Trinité du pâturage

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L’herbe de ce grand pré n’a guère de mémoire
Et le peu qu’elle en a provient d’on ne sait où ;
Elle sait qu’on est mieux quand on a de quoi boire
Et que le mauvais temps vaut moins que le temps doux.

Trois petits dieux de trèfle écrivent son histoire
Mais beaucoup de détails dans leurs textes sont flous ;
« Je peux même en trouver qui sont contradictoires »,
Me faisait remarquer le curé de Saint-Loup.

Or, pris globalement, cet écrit nous déride
Car il est plein de vie, étant tout sauf aride ;
Je serai donc d’avis de ne rien y changer.

J’entends un chant d’oiseau, commentaire sonore
Qui charme mon oreille et dont le pré s’honore,
Sauf les trois petits dieux qu’une vache a mangés.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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