Lyre d’ermite

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La musique de Jean charme les sauterelles,
Ce sont des airs de lyre amplement modulés ;
En cadence tu vois les herbes onduler,
Éprises de ces sons vraiment nouveaux pour elles.

Ce chant vient souligner la danse naturelle :
De mille papillons qu’ici tu vois voler,
Eux qui jamais ne sont de tâches accablés,
Sinon de prendre soin de leur voilure frêle.

Au désert n’a point cours l’éloquence latine,
La langue de chacun n’a nul style imposé ;
Au désert n’a point cours la pesante routine.

Un jour tous les sept ans la pluie vient arroser
Ce lieu que la nature à l’ascèse destine ;
Tu vois le bon ermite alors se reposer.

Cochonfucius

Arbre du barde

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Au village gaulois vit un rhapsode sombre,
Son chant reste imparfait mais pourtant, nous l’aimons ;
En ses vers nul ne doit chercher un sens profond,
Il sera pour toujours un écrivain de l’ombre.

Sur les branches d’un arbre est posée sa maison,
D’oiseaux dans la ramure on peut voir un grand nombre ;
Cette demeure est vaste et de rien ne s’encombre,
Ce fier chanteur me semble un être de raison.

Notre homme rarement se met martel en tête,
Ni son arbre ni lui ne craignent les tempêtes.
Sauf peut-être le toit, de chaume recouvert.

Quand se pose un hibou sur la plus haute branche,
Le barde pour lui chante, et pour la lune blanche ;
Les mots que l’on entend forment quatorze vers.

Cochonfucius

Archevêque aux belles mains

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Je trempe tous mes doigts dans une onde limpide,
Et ça me fait du bien, l’été comme l’hiver ;
Je dis une oraison qui traverse les airs,
Quelques mots bien sentis qui les démons lapident.

Les uns sont maladroits, les autres sont stupides,
Je les vois s’agiter à tort et à travers ;
Un rhapsode insolent leur consacre des vers,
Je ne lui en dis rien, je les trouve insipides.

Faire l’homme d’Église est un pesant labeur ;
D’un succube parfois je deviens le tombeur,
Ce qui me donne alors une soif dévorante.

Une muse me berce, au soir, quand je suis las ;
Elle m’a soutenu par de bons petits plats,
Elle qui jadis fut une pauvre âme errante.

Cochonfucius

Serpent à sonnets

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Je suis l’ouroboros, un être de raison,
Je ne parle jamais quand l’ai la bouche pleine ;
Pour vite voyager, je roule dans la plaine,
Moi qui m’en vais toujours sans nulle cargaison.

Certes, je crains un peu la mauvaise saison,
Car en ce temps le sang refroidit dans mes veines ;
Mais d’allumer un feu je ne prends pas la peine,
Je lis un vieux bouquin, je reste en ma maison.

Je n’ai point le désir d’être maître du monde,
Je cultive plutôt l’oisiveté féconde ;
Je ne bouge pas plus qu’un soldat désarmé.

Il n’est plus temps pour moi de braver les orages,
Les jours ont effacé ma force et mon courage ;
Aboli bibelot, comme dit Mallarmé.

Cochonfucius

Lit de flammes

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J’allume mon bûcher dans une aube argentine,
C’est par la combustion que mon corps devient beau ;
Mes cendres, le sais-tu, n’iront pas au tombeau,
C’est à mon renouveau que le sort les destine.

L’air chauffe mon plumage et brûle ma poitrine,
Je sais à quoi m’attendre et j’accepte ces maux ;
Je ne suis pas jaloux des autres animaux,
Je vaux mieux que la faune, ou terrestre, ou marine.

Sur des charbons ardents je trouve mon repos,
Si je frémis un peu, c’est pour rester dispos ;
Tu sauras que mon coeur est plus chaud que les flammes.

Un ange de la Mort, près de moi voltigeant,
Jette sur ce grand feu des regards négligents ;
La destruction du corps, c’est le repos de l’âme.

Cochonfucius

Mange-cerfs

image de l’auteur

La biche est délectable, et tu peux bien m’en croire,
Mais celui qui la prend n’en tire aucun orgueil ;
Mieux vaut donc sur le cerf obtenir la victoire,
Et que ton estomac lui serve de cercueil.

Ce fut pour Artémis un vrai sujet de gloire
Le jour où d’Actéon les dieux ont pris le deuil ;
Un noble fabuliste en transmet la mémoire
Qui traversa le temps, malgré quelques écueils.

Je sais que de ces bois mon chant trouble le charme,
Mieux vaut t’en divertir que de verser des larmes ;
D’ailleurs, mon appétit vient de se réveiller.

Un roi fit le projet de me livrer aux flammes,
Je lui fis regretter cette démarche infâme ;
Ainsi, son successeur n’ose me surveiller.

Cochonfucius

Consolation politique

Photo de Robert Doisneau

« La période qui vient est dite électorale,
Pourtant, j’aimerais mieux un monde sans seigneurs.
Si de les désigner nous recevons l’honneur,
(Merci à eux pour la satisfaction morale),

Nous pourrions mieux servir la cause générale
En n’ayant point recours à ces dominateurs
Ni à leurs compagnons, profiteurs, exploiteurs,
Destructeurs de nature australe et boréale. »

Ainsi se lamentait un poète anarchiste
Que l’abus des pouvoirs chaque année rendait triste,
Et qui attendait peu (ou rien) des élections.

Un buveur plein d’espoir lui a dit : « Camarade,
L’élection que tu prends pour une mascarade
N’est que le premier pas vers la révolution ! »

Cochonfucius

Petit roi

Image du blog Herald Dick Magazine

Le roi des animaux profite de l’été,
Il part bûcheronner pas très loin de sa porte ;
Sans même se courber sous le bois qu’il emporte,
Il promène au sentier sa fière nudité.

Le chemin le conduit aux lieux de vérité :
Il s’y retrouve heureux, puisque son âme est forte,
Qu’il pourra se chauffer pendant la saison morte,
Auprès d’un joli feu qu’il aura mérité.

Cochonfucius

Sainte Vache

 

Image de l’auteur

Sainte Vache reçut la grâce, par destin,
C’est, du moins, ce que dit un scribe du diocèse ;
Pratiquer la vertu toujours la remplit d’aise,
Vache de bonne vie et de très bonne fin.

Les fidèles sont là pour lui offrir le thym,
Le pavot, le lilas, la myrtille et la fraise,
Et le tendre poivron qu’on grille sur la braise ;
Les fidèles sont là pour fleurir son chemin.

Les lions de l’inframonde, à la brûlante haleine,
Espèrent que demain sera leur panse pleine,
Si la vache était proie de Maître Lucifer ;

Or, elle ne craint point qu’un démon la consomme,
Car sa chair délicate est réservée aux hommes,
Qui ne jettent jamais leur pitance en enfer.

Cochonfucius

Lord Frog

image de l’auteur

Grenouille et grand seigneur, c’est ma double nature,
Quant à mon cri de guerre, il monte vers les cieux ;
Sans poil et sans plumage, à l’image de Dieu,
Je siège en ce marais dans ma noble posture.

Tu ne me verras point courir les aventures,
Car toujours j’aimerai la Dame de ces lieux ;
Les humaines beautés ne sont rien à mes yeux,
En faire des portraits, c’est gâcher la peinture.

Je veux bien saluer Maître Boeuf en passant,
Mais sans être jaloux de ce gros innocent,
Lui qui, en fin de course, est dévoré par l’Homme.

Moi, je n’irai jamais en faire mon repas,
Je ne vais pas non plus mordre dans une pomme ;
Les moucherons, vois-tu, c’est meilleur, n’est-ce pas ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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