Sagesse d’un anoure

ezjm

image de l’auteur

Il te faut écouter les mots de la grenouille,
Elle connaît la mort, puis la vie, puis l’amour ;
Elle en clame le sens à tous les carrefours,
Pour les honnêtes gens comme pour les fripouilles.

Elle sait le secret de la Grande Citrouille,
Ainsi que la chanson de la plus haute tour ;
La Fontaine autrefois venait suivre ses cours,
Lui qui dans les secrets des animaux farfouille.

La grenouille fréquente un moine régulier
Qui lui offre souvent des livres singuliers ;
Ensemble ils ont écrit une pantalonnade.

Elle vit au grand air, le monde est sa maison,
Mais elle y fait surtout de courtes promenades,
Ne bougeant nullement dans la froide saison.

Cochonfucius

Bottes royales

ezjk

image de l’auteur

Le roi pour chevaucher quitte ses chaussons verts,
Il fait un grand sourire à la jument clémente ;
Il a glissé ses pieds dans des bottes charmantes,
Paisible est ce terroir, nul conflit n’est ouvert.

Les sujets, que jamais ce bon roi ne tourmente,
L’aiment pour sa candeur et pour son regard clair ;
Ils tirent leur chapeau quand il va prendre l’air
Escorté par la reine ou bien par son amante.

Les vassaux sont présents, sous leurs nobles drapeaux,
Ainsi que les patrons des plus sombres tripots ;
Un barde solitaire à chanter s’évertue.

Les flics du patelin n’ont pas trop de boulot,
Nous les voyons flâner dans un bois de bouleaux ;
On est loin des endroits où les gens s’entretuent.

Cochonfucius

Le seigneur d’Alpha Leonis

ezik

image de l’auteur

Ce prince rarement à son peuple s’adresse,
Il n’aime pas non plus les fastes de la cour ;
Il ne se répand point en amoureux discours,
Sur son trône il voudrait cultiver la sagesse.

Il s’est longtemps passé de reine ou de maîtresse,
Mais il s’y résigna, pourtant, sur ses vieux jours ;
Il ne fut pas déçu par ses tendres amours,
Même si, certains jours, son coeur fut en détresse.

À ses dons généreux les bardes ont recours,
Il aime ceux qui font rimer des textes courts ;
Il n’aime point les mots des universitaires.

Il ne redoute point l’approche du trépas,
D’aucune éternité n’étant dépositaire ;
Il aura du bon vin pour son dernier repas.

Cochonfucius

L’arbre du désert

ezhk

image de l’auteur

Quatre siècles de vie sans le moindre nuage,
Le dieu des cumulus en perdit son latin ;
Du matin jusqu’au soir et du soir au matin,
Cette plaine est livrée au vent sec et sauvage.

J’ai consulté le ciel, j’ai consulté les sages,
J’ai même interrogé un moine célestin ;
Tous, ils ont invoqué l’insondable destin,
Je ne suis qu’à moitié content de leur message.

Dans mon propre terroir je me sens étranger,
Comment donc a-t-il pu en désert se changer ?
Quand reverrai-je, hélas, pousser une herbe tendre ?

Dieu sait quel monstre a dit « Que l’aridité soit »,
J’ignore également si mes mots il reçoit ;
Mais je lance ma plainte et vous pouvez l’entendre.

Cochonfucius

Chapelle de l’impermanence

ezhi

image de l’auteur

Tout ce qui est de pierre un jour va s’écroulant,
Aux jardins d’alentour tombent les feuilles jaunes ;
Chaque empire décline, et vacillent les trônes,
La Parque tire un fil avec des gestes lents.

Sur la chapelle veille un démon somnolent,
Le quartier d’alentour est une immonde zone ;
Aux parcs abandonnés prolifère la faune,
La Belle au bois dormant n’aura point de galant.

Un vieillard cependant fréquente la chapelle,
Qui va dans tous les coins ou la Muse l’appelle ;
Même dans les sous-sols où s’amusent les rats.

Lui aussi croulera sous l’effet des années
Cet homme qui nous parle en phrases surannées ;
Lui qui ne sait pas trop qui le regrettera.

Cochonfucius

Ermitage de la licorne

ezgi

image de l’auteur

Un animal cornu se plonge dans l’ascèse,
Mais conserve pourtant du vin dans son cellier ;
C’est ce que font aussi les moines réguliers,
Cette province étant de Bacchus le diocèse.

Cela lui sert à mettre un visiteur à l’aise,
Lequel savourera ce geste hospitalier ;
Puis cela fait venir un barde familier
Dont les chansons, parfois, ne sont pas trop mauvaises.

Même si le bon vin ne rend pas immortel,
Il est un réconfort pour un prêtre à l’autel ;
Même, il peut rassurer une âme irrésolue.

La licorne s’en va par les champs et les prés,
Brassant des souvenirs d’époques révolues ;
Elle marche sous l’oeil du soleil empourpré.

Cochonfucius

Évangile reptilien

ezfi

image de l’auteur

Le serpent sur la croix nous donne des leçons,
Lui qui fut condamné à ramper sur la terre ;
De l’humain libre arbitre évoquant le mystère,
Il dit à ce propos des vers à sa façon.

Un ange qui l’écoute en éprouve un frisson,
Lui qui n’a pas accès à la mort volontaire ;
Il envie quelque peu cet être réfractaire
Mais ne peut avec lui chanter à l’unisson.

Cet animal poursuit, glosant sur le calice,
Rappelant au public la beauté des supplices ;
Il retrouve des mots de l’Ancien Testament.

Accomplir faut, dit-il, les Saintes Écritures,
Le fils du charpentier nous le dit clairement ;
Et chacun répondra de sa propre lecture.

Cochonfucius

Une trinité entre deux eaux

ezfg

image de l’auteur

Trois magiques poissons de ce lac sont les maîtres ;
Lesquels ne font sonner trompettes ni tambours ;
Tu ne les entends point, mais ils ne sont pas sourds,
L’un des trois reconnaît ton visage, peut-être.

Ils règnent sur leurs gens sans les vouloir soumettre,
N’ayant la main de fer ni le gant de velours ;
Ils gouvernent un monde où personne n’est lourd,
J’observe tout un peuple heureux de les connaître.

Ces poissons sagement s’abstiennent de penser,
Ils laissent les noyés aux profondeurs descendre,
L’ondin se divertir et l’ondine danser.

Lorsque nos bâtiments ne seront plus que cendres,
Ils n’auront nul regret du primate insensé ;
Je ne dis pas cela pour faire ma Cassandre.

Cochonfucius

Assemblages maladroits

ezeg

image de l’auteur

J’écris, mais c’est surtout pour apprendre à écrire,
C’est astreignant, sans être un travail de Romain ;
Je soigne mon langage, autant qu’il est humain,
Je souris quand j’entends une lectrice rire.

Chaque jour de l’année, je prends le temps de lire,
Regrettant quelquefois le temps des parchemins ;
Entre divers auteurs je me trace un chemin,
Dont au-delà du temps j’entends vibrer la lyre.

C’est un amusement, ce n’est pas un métier,
Même si, quelquefois, j’y plonge tout entier ;
Assez souvent, j’en viens à ne plus savoir l’heure.

Je ne fais pas cela pour m’immortaliser,
Car c’est une intention qui jamais ne m’effleure ;
Puis, je vous dis merci, vous tous qui me lisez.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.