Sagesse de l’ambicerf

axyz

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Bête à double ramure, excellent combattant,
Limpide est mon esprit et vaillante est mon âme ;
Maintes biches au bois pour Seigneur me proclament,
Car j’eus sur maint rival un triomphe éclatant.

J’entends les battements de mon coeur palpitant,
Je respire la brise et le désir m’enflamme ;
Comme un fier chevalier qui convoite une Dame,
Je me livre avec fièvre aux assauts excitants.

Biche aux yeux de velours, n’en sois pas effarée,
Toi que j’ai dans mes vers aux Anges comparée ;
Car j’ai de la tendresse, autant que mes pareils.

Je deviendrai très doux, pour t’être désirable ;
Soyons deux découvreurs de ce monde admirable,
De ce vert paradis que baigne le soleil..

Cochonfucius

Minuscule nef d’or

axxy

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Ce frêle esquif n’est point un vaisseau de transport,
Tu le gouverneras comme tu le désires ;
Si tu l’abandonnais pour un autre navire,
S’en irait l’équipage aux tavernes du port.

Dans le grand vent d’hiver si tu tires des bords,
Le ciel te donnera le meilleur et le pire ;
Neptune est le gardien de ce liquide empire,
Nous dit Haddock jurant par les mille sabords.

Modeste est le vaisseau, mais sa coque est solide,
L’ondin le reconnaît, la sirène le guide ;
Le vent va s’affaiblir et la mer s’assagir.

À la nuit, tu pourras dormir sous une bâche ;
La sirène et l’ondin suffiront à la tâche,
Ils sauront empêcher les monstres de surgir.

Cochonfucius

Tour du penseur solitaire

axwy

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Ce refuge est bâti en un sinistre lieu,
Souvent l’on y perçoit l’odeur d’un marécage ;
C’est loin des champs de fleurs et c’est loin des bocages,
Un scribe l’a choisi pour y devenir vieux.

Lui qui se complaisait en un juste milieu,
Dans l’extrême ascétisme on dirait qu’il s’engage ;
En sa cellule il vit, tel l’oiseau dans sa cage,
Sans tourner ses regards vers la splendeur des cieux.

Tu ne le verras plus trinquer avec sa bande
De joyeux commensaux, c’est terminé pour lui,
Sa première vigueur n’est plus qu’une légende.

Il ne craint pourtant pas de sombrer dans l’ennui,
Car l’invisible muse en cet exil le suit ;
Toujours cette égérie est de ses mots gourmande.

Cochonfucius

Antiquité d’une maison

xavy

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Moi, je me dresse auprès d’une friche ombragée,
Au centre du terrain subsiste un arbre mort ;
Tout se met à danser quand le vent souffle fort,
Sauf lui, dont nous voyons la posture inchangée.

Dans la brume souvent cette friche est plongée,
En ces jours elle forme un irréel décor ;
Un spectre y fait glisser son absence de corps,
Nulle phrase avec lui ne peut être échangée.

En ce sombre logis vit un faible rimeur
Qui de quelques sonnets se forge un édifice ;
Il lit plus qu’il n’écrit, insensible aux rumeurs.

À Cupidon jadis offrant des sacrifices,
Il craignait de ce dieu la trop changeante humeur,
Mais lui disait merci pour quelques bons offices.

Cochonfucius

Taverne forestière

axvw

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J’entends deux clients qui dissertent,
Un troisième en silence boit ;
La taverne au milieu des bois
Baigne dans leur lumière verte.

La table est de lin blanc couverte,
D’un oiseau résonne la voix ;
Je lis des rimes d’autrefois
Tout récemment redécouvertes.

L’endroit n’est certes pas maudit,
Qui nous tient lieu de paradis
Où nos âmes sont assouvies.

C’est pour notre nef un bon port,
Qui aux vents n’est plus asservie ;
C’est la source du réconfort.

Cochonfucius

Poissons du miracle

axuw

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Le fils du charpentier, qui marchait sur les eaux,
S’aventurait aussi dans les déserts sauvages ;
Ses apôtres et lui, bien loin de tout rivage,
Au peuple ont expliqué que l’homme est un roseau.

Ils ont vanté le Dieu qui nourrit les oiseaux,
Fait les montagnes croître et verdir les herbages ;
Quand l’humain comme lui sera puissant et sage,
Sans frémir il verra la Parque et son fuseau.

Cinq pains et deux poissons furent les aliments
Offerts à cette foule à l’avarice encline ;
Bien nourris furent-ils, et surabondamment.

Nos frères poissons pris dans cette main divine
En sont reconnaissants, ton âme le devine ;
Ils ont dit grand merci à ce Sauveur clément.

Cochonfucius

Mélancolie du gardien

axtw

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Au milieu de la guerre on décide une trêve,
Le gardien de la tour en est presque navré ;
Il contemple le sol, en homme désoeuvré,
Sa vie soudainement lui semble un mauvais rêve.

Il surveille la plaine, il attend la relève,
Arborant son écu vivement coloré ;
Accablé de malheurs, il les veut déplorer,
Brandissant vers le ciel un inutile glaive.

De son entendement la lumière s’éteint,
Il ne sait plus si c’est le soir ou le matin ;
Il plonge en inframonde et croit y voir des anges.

De tout cela s’amuse un officier moqueur,
De ceux qu’aucun soldat ne porte dans son coeur ;
Ainsi passent les jours de cette guerre étrange.

Cochonfucius

Benjamin Péret Fait Pleuvoir

bouquin

On trouve dans Le Grand Jeu de Benjamin Péret, chez Gallimard, une Chanson de la sécheresse qui inspira à Cochonfucius la variante suivante :

Va-t-il pleuvoir, ciel de valet chauve ?
S’il pleut, tu auras des barquettes équivoques,
Et s’il ne pleut pas, tu sculpteras des affaires incolores.

(Si cela ne fait pas pleuvoir, il suffit de recharger cette page autant de fois que nécessaire.)

Yake Lakang entendit cela, et fit la remarque suivante : « C’est juste, car les barquettes équivoques sont bien le contraire des affaires incolores ».

Cochonfucius lui dit alors : « On reconnaît bien là, noble Maître, votre logique de valet chauve ».

Cochonfucius

Vieux guide

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Composition de Cochonfucius

C omment croire à ce vieux guide ?
O n le sent bien indécis.
C e n’est certes pas un druide ;
H omme, au statut imprécis,
O racle dont le front luit,
N ous ne savons rien de lui.
F aisons-lui pourtant confiance :
U n poète est parfois fort
C apable de fulgurance.
I l peut trouver des trésors
U ne fois qu’à son oreille
S a muse dit des merveilles.

Cochonfucius

Sagesse de l’hippotaure

axtu

image de l’auteur

Ce monstre aime les fruits qu’il se met sous la dent,
Il vit sa vie sans fièvre, et sans faire d’histoires ;
Des rires de jadis il nourrit sa mémoire,
Et d’une fleur d’Eden qu’aimait le père Adam.

D’une noble génisse il fut le seul enfant,
Il a connu des nuits et des jours sans déboire ;
Jamais il n’emprunta les sentiers de la gloire,
Il n’a point accompli d’exploits ébouriffants.

Son coeur fut diverti de folles amourettes,
Cela le fit planer au ras des pâquerettes ;
Mais il n’a pas pensé qu’un tel loisir fût vain.

N’attendons pas de lui le moindre chant du cygne,
Il ne demandera qu’un dernier coup de vin,
Lui qui probablement naquit près d’une vigne.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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