Arbres impériaux

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Ces arbres ont grandi sur la vaste terrasse,
Adoucissant l’ardeur des étés assoiffants ;
Sous leur ombre un penseur s’en va philosophant
À propos des rapports du temps et de l’espace.

Ceux-là ne craignent point la neige ni la glace
Sous lesquelles je vois leurs sommets triomphants ;
Ils savent consoler le vieillard et l’enfant,
De tendres amoureux près d’un d’entre eux s’enlacent.

Ces lieux sont fréquentés par un petit ours brun
Qui de l’air forestier savoure les parfums ;
Nous le voyons aussi danser dans l’aube claire.

Quoi de plus apaisant qu’un grand arbre qui dort ?
La dryade en rêvant peigne ses cheveux d’or,
Songeant sans désespoir aux ans qui s’en allèrent.

Cochonfucius

Ambipalefroi modeste

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Je suis un bon cheval, mais je suis un peu lourd,
Je devrais prendre garde à ce que je dévore ;
Mais la sobriété ne me vient pas encore,
Je savoure aujourd’hui mon festin de ce jour.

De l’ambidestrier j’entends les longs discours,
Il en sait plus que moi sur la faune et la flore ;
Il peut même chanter de vieux airs du folklore,
Au grand amusement du Roi et de sa cour.

J’évite, pour ma part, ce qui est trop ardu,
Face aux difficultés je suis un peu perdu ;
J’aime l’oisiveté, comme une brave bête.

Aux uns va le labeur, aux autres le pouvoir,
Dans sa sphère chacun se doit de se mouvoir,
Sauf quelques égarés qui n’en font qu’à leur tête.

Cochonfucius

Dauphin du Port de la Lune

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Profonde est la Garonne, il n’en faut pas douter,
De mystère est empli cet insondable espace ;
S’y promène un dauphin, ne laissant nulle trace,
Qui du menu fretin est vraiment redouté.

Il a beaucoup appris, car il sait écouter,
Lui qui n’aura jamais le coeur à marée basse ;
L’ondin le congratule et l’ondine l’embrasse,
Sous le vieux Pont de Pierre ils prennent leur goûter.

Quand la muse survient dans sa modeste barque,
Le dauphin lui sourit, comme le fit Pétrarque ;
Du moyen de séduire, il n’est pas dépourvu.

Ira-t-il visiter d’autres fleuves de France ?
C’est le nôtre, je crois, qui a sa préférence ;
Pourtant, dans la Dordogne, un poète l’a vu.

Cochonfucius

Le complexe d’Icare

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Voler au loin, telle est mon espérance,
Mais le Soleil me met au désespoir ;
La cire fond sous cet ardent chauffoir,
Je suis perdu, selon toute apparence.

Mon père m’a conseillé la prudence,
Par mon échec, je le vais décevoir ;
En inframonde ils vont me recevoir,
Les noirs démons, dans leur outrecuidance.

J’affronterai la mort sans être amer,
Dans la montagne ou dans le fond des mers,
Où tant d’humains l’ont déjà rencontrée.

Ainsi devra mon récit s’achever,
D’un qui voulut noblement s’élever
Pour découvrir d’accueillantes contrées.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre débonnaire

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Composition de l’auteur

Dimanche, en son quartier, circule Piaf-Tonnerre ;
Il avale un café, plus un petit croissant,
Il admire un nuage, au firmament glissant,
Il rejoint le canal aux carpes centenaires.

Plaisir dominical, un parcours sans obstacle,
Les passants satisfaits d’aller et de venir ;
Et puis, pour indiquer ce qui peut advenir,
Une mouette arrivant de loin, comme un oracle.

Que le soleil est beau, juste avant les ténèbres !
Qu’ils sont beaux, les jardins, de son éclat couverts !
Il est heureux d’avoir sa place en l’univers,
Ce vieillard, nullement important, ni célèbre.

Cochonfucius

Moulin démesuré

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Ce grand moulin se prend pour une cathédrale,
Il se voudrait aussi défenseur de la foi ;
Mais j’y entends, la nuit, des chansons sépulcrales
Capables d’effrayer les défunts d’autrefois.

Le meunier dit des vers d’une voix magistrale,
Ainsi que des dictons en langue des Gaulois ;
Ça fait fuir les démons jusqu’à la voûte astrale
Dont inutilement ils contestent les lois.

Jusqu’au petit matin j’écoute leurs insultes,
Mais je n’y comprends rien, c’est un langage occulte,
J’en viens à préférer leurs ignobles chansons.

Quand vient le grand soleil, ils ferment leurs paupières,
Ils restent sans bouger sous le vieux Pont de Pierre ;
Avec moi le meunier partage une boisson.

Cochonfucius

Temple de la liberté

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Ici, nul dieu redoutable,
Nul impressionnant décor ;
Foin du riche et du notable,
Foin des messagers de mort.

La liberté véritable
N’a pas besoin de trésors ;
C’est un arbre impérissable
Dont les fruits nous rendent forts.

Sous le soleil, sous la lune,
Dans la hutte ou le manoir,
L’Espoir monte à la tribune.

Au lendemain du Grand Soir
Flottera le drapeau noir ;
Finiront nos infortunes.

Cochonfucius

Noble philosophe

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Ce cheval autrefois fut de Platon l’élève,
Dont il redit les mots, la nuit comme le jour ;
De Socrate il connaît aussi bien les discours,
Il peut les présenter sous une forme brève.

Il passe désormais un aimable séjour
En un couvent tenu par quelques filles d’Ève ;
Il est le confident de Sainte Geneviève,
Dont la chambre est perchée au sommet d’une tour.

Ce cheval a vécu le meilleur et le pire,
Lui qui vit s’écrouler plus d’un puissant empire,
Ce qui d’un grand orgueil fut la juste rançon.

Il marche doucement de la cour à l’herbage ;
Un grand détachement, tel est son apanage,
Et, certains jours, l’écho d’une antique chanson.

Cochonfucius

Manoir biscornu

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Le seigneur de ce lieu porte un blason de moire,
Il en a parsemé son sobre mobilier ;
Au milieu de la salle, un immense pilier
S’orne de trois sonnets qu’il garde en sa mémoire.

Ces textes merveilleux sont extraits d’un grimoire
Où de pareils morceaux se comptent par milliers ;
Au maître de maison certains sont familiers,
Le gros livre est tiré bien souvent de l’armoire.

Ici viennent dîner le prêtre et le bailli,
Qui à ce rituel ont rarement failli ;
De critiquer cette oeuvre ils font le simulacre.

Quel scribe a disposé ces mots sur ce vélin ?
Peut-être Saint Rémi, celui qui les rois sacre,
La préface l’évoque en des mots sibyllins.

Cochonfucius

Lion féru d’élégance

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Il possède un miroir (consulté fréquemment),
Il aime le portrait qu’il voit dans cette glace ;
Modeste est son logis, ce n’est pas un palace,
Mais je crois qu’il s’y trouve à l’abri des tourments.

Il goûta de la vie le sucre et le piment,
Le chant du rossignol et le cri du rapace ;
Il ne voyage plus par les libres espaces,
Il ne s’enflamme plus au nom d’un sentiment.

Son corps est amoindri par le poids des années,
Mais il n’est point privé d’extases spontanées,
Il lui est arrivé d’en parler devant moi.

De le voir si coquet parfois des gens s’étonnent,
Il n’y voit nul motif de se mettre en émoi ;
Serein fut son printemps, paisible est son automne.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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