Trois jeunes arbres

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Nous avons partagé les printemps, les automnes
Et les autres saisons avec tous les vivants ;
Nous avons écouté la romance du vent
Et celle du clocher qui au village sonne.

Nous accompagnons ceux que la vie abandonne
Et ceux qui ont des nuits et des jours éprouvants ;
Nous écoutons aussi leurs récits émouvants
Ou les refrains légers que leur âme fredonne.

Ici croît un bouleau à l’écorce d’argent
Qui à mille sujets tout le jour va songeant,
Laissant vagabonder sa pensée incertaine.

Au long d’un vert sentier passe un petit ours brun ;
Sans doute il ira voir sa promise lointaine
Dont son coeur croit déjà respirer le parfum.

Cochonfucius

Chaumière gallo-romaine

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Nous ne suivrons pas César ni ses pareils,
En libre terroir nous sommes établis ;
Nous ne pensons rien de ceux qu’il anoblit,
Ils ne pourront pas nous ôter le soleil.

De l’esprit gaulois attendons le réveil
Car il nous anime et jamais ne faiblit ;
Nous n’allons donc pas nous vautrer sur des lits,
Assis nous buvons notre nectar vermeil.

Foin du fantassin avec son casque lourd,
Lui que nous voyons le jeter quand il court ;
Puis nos forgerons en font de la dentelle.

Que vivent la chasse et les plaisirs de bouche,
La sombre forêt aux animaux farouches
Et Bélisama, la déesse immortelle.

Cochonfucius

Tour des alchimistes

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Ici nous absorbons des breuvages limpides,
Peut-être un peu corsés, nous avons ce travers ;
Meilleure serait l’eau, mais elle est trop humide,
Nous ne la ferons point figurer dans nos vers.

Quelquefois nous rejoint la vestale timide,
Alors nous savourons l’éclat de ses yeux verts ;
Les propos qu’elle tient ne sont pas insipides,
Son discours nous instruit sur des sujets divers.

Nous sommes les vassaux de cette demoiselle,
Allégeance bénie qui nous donne des ailes ;
Ses regards sont hardis, son rire est ravissant.

Aussi nous acceptons même son ironie,
Nos modestes esprits n’y sont pas réticents ;
Alchimiste et vestale, une belle harmonie.

Cochonfucius

Cat Eli qui chante

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John Lund

La flûte sonne claire et la guitare aussi,
La voix de la chanteuse arrive à l’excellence  ;
Il s’élève un vent frais, le temps se radoucit,
En l’honneur du trio, les mangeurs font silence.

Le son est éclatant, le programme est précis,
Quand la chanteuse marche on dirait qu’elle danse ;
Pour ces trois la musique est comme une évidence,
Ils ont reçu le don de s’exprimer ainsi.

Nous écoutons ces mots sans douleur et sans peine,
Comme à la Cour royale on écoute une reine ;
La salle longtemps vibre et chacun s’abandonne.

J’entends après la fête un rire surgissant,
Puis je rentre chez moi, ces rimes mûrissant,
En ce monde l’on a le bonheur qu’on se donne.

Cochonfucius

Bénédictions porcines

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Quant aux mots du cochon, les scribes les omirent,
Sauf le bon La Fontaine et ses jeux innocents ;
J’admire ses écrits, je le dis en passant,
Ce Maître fait partie des auteurs qui m’inspirent.

Par mon Frère le Porc je fais bénir ma lyre,
Lui que j’aime bien mieux qu’un fauve rugissant ;
Il connaît les soucis de mon coeur frémissant,
Que je n’ai point besoin de longtemps lui décrire.

Il peut lui arriver de bénir l’univers,
Aussi la canicule et le froid de l’hiver ;
L’amour et la souffrance et la honte et la joie.

De livres surannés il aime se munir
Où le sage discours du passé se déploie ;
De mille choses lues il a le souvenir.

Cochonfucius

Dragon herpétologiste

axdg

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C’est un spécialiste pointu,
Expert en couleuvres bataves ;
L’université Saint-Gustave
D’un doctorat l’a revêtu.

Ses résultats sont débattus
Par des érudits en conclave,
Traduits en plusieurs langues slaves
Et glosés par des impromptus.

Des plus grands campus il fut l’hôte,
Lui dont le parcours est sans faute,
À bien faire il s’est employé ;

Mais il advient qu’on le surprenne
À lourdement se fourvoyer
Quand il nous parle des sirènes.

Cochonfucius

 

Méditation d’un oiseau

axde

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Je contemple la ville et la nature en fête,
Je tourne mon regard vers le ciel azuré ;
Mais ces jours finiront, je le peux augurer,
Point n’est besoin pour ça d’être un hibou-prophète.

Je me dis que la mort n’est pas une défaite,
Tous ceux qui sont en vie ont leur temps mesuré ;
Survivre à l’un, à l’autre, il nous faut l’endurer,
Pourtant, notre vaillance est encore imparfaite.

Ce monde impermanent qu’on découvre en naissant,
Il faut l’abandonner, à d’autres le laissant
Qui sauront à leur tour prendre leur envolée.

Tel était le propos de l’oiseau méditant,
Dont fut modérément son âme consolée ;
Certes, de tels sujets n’ont rien de palpitant.

Cochonfucius

Les quatre vents du ciel

axce

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C’est par notre pouvoir que ce nuage roule,
Même si, tu le vois, nous n’avons pas de mains ;
Tout le jour il suivra d’invisibles chemins,
Lui qui n’a nul regard sur le temps qui s’écoule.

Sous notre assaut, parfois, un vaste mur s’écroule,
Car nous respectons peu le labeur des humains ;
Nous sommes durs un jour, tendres le lendemain,
Sans jamais nous soumettre aux désirs de la foule.

Dieu nous fit tous les quatre, et trouva cela bon ;
Grâce à nous les objets deviennent vagabonds,
Notre puissante voix résonne dans la plaine.

Témoins de notre entente et de nos désaccords,
Les démons nous saluent avec leur voix vilaine ;
Nous ne répondons point à ces porteurs de mort.

Cochonfucius

Dernières paroles d’Abélard

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Composition de Cochonfucius

J’avais cru voir que nous aimions nos tête-à-tête
Lorsque chacun de nous le coeur de l’autre avait ;
En ce temps sur nous deux la tristesse pleuvait,
Ce qui donne parfois le ton juste à la fête.

Telle mainte merveille, ainsi, tu es surfaite,
Or, tu es ce grand bien dont tout mon sang rêvait ;
Le pareil au banal et l’ignoble au mauvais,
Le réel au réel, le faux au faux se prête.

Est-ce à toi que j’écris ? Bon, tu me l’apprendras ;
Bientôt nous soufflerons ton feu d’anniversaire
Quand, venant ton automne, un jour tu fleuriras.

Tu es ma vraie morale et ma leçon dernière,
Chacun de mes propos (que tu réfuteras)
Sera contre un silex un éclat de lumière.

Cochonfucius

Lion plumitif

axbe

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Rarement je parcours la ville ;
Mes écrits dévorent mes jours,
Que quelques lecteurs, tour à tour,
Commentent de façon civile.

J’écris sans être fort habile,
Mes poèmes sont un peu courts ;
J’use de mots qui n’ont plus cours,
Je ne suis guère volubile.

Textes composés lentement
Qui me sont un amusement,
Je ne sais point quel est le vôtre.

J’écris sur ce que j’ai rêvé,
Songes parfois inachevés ;
Un mot s’en vient derrière l’autre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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