Manoir de Scarron

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image de l’auteur

Je me tiens à l’écart de mes frères humains,
J’aime ma maisonnette et son humble structure ;
Tous mes livres sont presque à portée de mes mains,
Je peux commodément les orner de ratures.

Révisant mon latin dans un missel romain,
Je vois que j’en conserve une faible teinture ;
Je rêve d’être un scribe avec ses parchemins
Ou encore un expert de la littérature.

Je trie mes souvenirs en partie abolis,
Car ma mémoire est comme un verre dépoli ;
Le passé lentement se perd et se dessoude.

Qui croit que la vieillesse est le temps de l’espoir ?
Mais ils sont rassurants, ce modeste manoir
Et le sobre bureau sur lequel je m’accoude.

Cochonfucius

Noblesse de l’ours polaire

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image de l’auteur

L’ours ne fait point de choses viles,
Il est pur comme un magistrat :
Jamais un ours blanc n’est servile,
Lequel honore ses contrats.

Il aimait un oiseau des îles
Sans pourtant qu’il l’idolâtrât ;
Il en fut traité de fossile,
C’est déplaisant, tu l’admettras.

Triste, il écrivit un poème
Très sobre, comme je les aime,
Mais il signa « Tricératops ».

Il le lut au pape de Rome,
Qui déclara : « Ta plume est comme
Celle du pharaon Chéops ».

Cochonfucius

Rapace ourocéphale

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image de l’auteur

Je vois planer au ciel un monstre solitaire,
Un vigoureux oiseau qui d’un roc s’élança ;
Vers un lointain rivage ensuite il avança,
Quant à son but final, cela reste un mystère.

Les bardes du village un jour l’interrogèrent,
Mais leur sollicitude envers lui l’agaça ;
D’un terrible regard quadruple il les chassa,
D’en tirer quelque chose ils se découragèrent.

Le druide en a conclu, parlant sans hésiter,
Que le rapace avait sa propre vérité ;
Avec de l’hydromel il a béni ses plumes.

Peut-être qu’un amour aveugle le conduit,
Qu’à rester sous sa coupe il se trouve réduit ;
Eros est donc aussi farceur que de coutume.

Cochonfucius

Mélancolie florale

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image de l’auteur

La fleur exhale un parfum de langueur,
Car elle trouve inutile sa vie ;
Il lui déplaît d’être au sol asservie,
Elle ressent des hivers la rigueur.

Même un beau jour qui s’étire en longueur
Peut la laisser encore inassouvie ;
Tous les oiseaux du ciel lui font envie
Quand par leur vol ils montrent leur vigueur.

Elle subsiste et vieillit doucement,
S’accoutumant quand même à ses tourments
Et se pliant aux lois de son domaine.

Puis vers la fin son esprit s’échauffait
D’avoir vécu et de n’avoir rien fait ;
J’écris ces mots pour soulager sa peine.

Cochonfucius

Trois bras et pas de tête

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image de l’auteur

Le tridextre est tenté par les choses brillantes,
Lui qui pourtant ne peut percevoir leur éclat ;
Pour le papier d’argent, celui du chocolat,
Tu le vois accomplir des danses frétillantes.

Ses doigts sont animés d’extases fourmillantes ;
À force de vibrer souvent il s’envola,
Mais pas pour très longtemps, la chose l’affola,
Il ne put maîtriser cette course vrillante.

Certains jours, il trépigne avec sauvagerie,
Son ancêtre d’ailleurs se démenait ainsi,
Qui est représenté dans notre imagerie.

Or, quant à la tendresse, il la connaît aussi,
Mais elle n’est pour lui que vaine songerie,
Comme un rêve furtif, un nuage imprécis.

Cochonfucius

Manoir des hommes verts

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image de l’auteur

Leurs noms sont inconnus, leur langue est un mystère,
Cependant, leur refuge est assez bien conçu :
Ils passent le plus clair de leur temps à se taire,
Que font-ils par ici, nul ne l’a jamais su.

Quand l’un d’entre eux voyage, il passe inaperçu,
C’est au bord de la route un marcheur solitaire ;
Il ne dit rien aux gens qui travaillent la terre,
En aucun domicile il ne sera reçu.

De ces verts inconnus que tu ne peux entendre,
Sache-le, cher lecteur, tu ne dois rien attendre ;
Rien ne t’arriverait si tu suivais leurs pas.

Mais j’entendis l’un d’eux parler à l’hirondelle
Qui des murs du manoir est un hôte fidèle ;
À ce qu’il m’a semblé, l’oiseau ne comprit pas.

Cochonfucius

Immortel ou fugace

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Toile de Magritte

Notre univers parfois nous force à l’admirer
Tant il peut nous donner l’impression d’excellence
Et l’illusion qu’un dieu y montre sa présence…
…Que le rasoir d’Occam conduit à retirer.

Je comprends que certains puissent la désirer
Car ils ne sauraient quoi répondre au grand silence
Dont vibre le cosmos sans nulle complaisance,
Tel la nef immobile avant de chavirer.

Une telle espérance, ils se la croient permise,
Sur la bonté suprême ils parient leur chemise.
Au moins ça peut en faire un tas de gens joyeux.

Moi j’aime cette vie aucunement pérenne,
Court chapelet de jours qui trop vite s’égrènent :
Et j’aimerais sourire à l’instant des adieux.

Cochonfucius

Miroir déconcertant

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Image d’Herald Dick

Miroir ne montrant pas le monde,
Mais peut-être, un sage y verrait
Un peu de vérité profonde
Et quelques fragments de secrets.

Miroir ne montrant pas la vie,
Juste des battements de coeur ;
Un tel miroir, je m’en défie,
Sans doute, il est un peu menteur.

Miroir producteur de mystère,
Peut-on s’en servir dans le noir ?
Comme un oiseau qui sait se taire,
Ou le lézard qu’on ne peut voir.

Cochonfucius

Printemps de la vestale

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image de l’auteur

La vestale entretient le magique foyer
En y perpétuant des rites immuables ;
Dorment en ses tiroirs des écrits mémorables
Que produisit sans doute un prêtre dévoyé.

En étrange liqueur sont ses chagrins noyés,
Aux effets que Platon disait indésirables ;
Nous y avons recours, puissants ou misérables,
Quand nous ne voulons pas autre chose employer.

Les murs sont recouverts d’images surannées ;
Au sol, des manuscrits, pages abandonnées
Recevant rarement la lumière du jour.

À la table jamais ne s’assoit nul convive,
Mais cette maison reste un aimable séjour ;
La vestale est cloîtrée sans se dire captive.

Cochonfucius

Visionnaire à poil laineux

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image de l’auteur

Sur la verte colline est un bélier-prophète
Qui pendant plus d’un mois au désert a vécu ;
Tu ne peux l’acquérir, même pour mille écus,
Il craint de se frotter à ton âme imparfaite.

Un homme, d’après lui, c’est une pauvre bête,
Un faible animal qui par le diable est vaincu ;
Quant aux autres vivants, ils en ont plein le cul
De ce primate humain, car il leur prend la tête.

Ce messager divin a pour disciple un porc
Qui, bien que vigoureux, ne pratique aucun sport ;
Il n’est pas très malin, mais c’est un bon apôtre.

Lorsque le ciel est sombre ou que le soleil luit,
Le prophète nous dit que tout va bien pour lui,
Et le cochon confirme : un jour comme les autres.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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