Oiseau des temps très anciens

uvxy

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Je charme en son jardin l’impératrice Hélène,
Quand elle y reste assise en buvant du vin blanc ;
Je chante de beaux vers, non des choses vilaines,
Je ne me permets point d’user de faux-semblants.

Je connais, un par un, les arbres du domaine
Et j’admire l’érable au feuillage sanglant ;
J’accompagne souvent la servante romaine
Qui garde les cochons lorsqu’ils mangent des glands.

Hélène jadis fut d’un fier barde amoureuse,
Qui pour une autre fit des rimes savoureuses
Dont il ne sut tirer jamais aucun profit.

Le rhapsode et l’oiseau ensemble font la fête,
L’impératrice dit : Ce sont de braves bêtes.
Ils en sont très heureux, ce verdict leur suffit.

Cochonfucius

Oiseau perpétuellement insatisfait

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Quand il est sur sa branche, il se languit des cieux,
Il voudrait partir loin, comme fait l’hirondelle ;
Et, comme elle, sans doute, on le verrait fidèle
À son nid qui occupe un agréable lieu.

Il rêve de planer à la droite de Dieu,
Tel un ange baignant dans la Grâce éternelle ;
Ou bien de l’inframonde être la sentinelle
Auprès d’une démone aux ineffables yeux.

Jamais il ne connut une terre étrangère,
Puis en fait de diablesse il n’a qu’une bergère ;
Mais ses ardents désirs le tracassent toujours.

Il pose son regard sur la voûte céleste
Indéchiffrable comme un vaste palimpseste ;
Il lui faut accepter son modeste séjour.

Cochonfucius

Divertissements des courtisans

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Des jeux étranges sont à la Cour en usage,
Qui sont contre l’ennui le principal recours ;
Le temps ne se perd point en amoureux discours,
Le désir ne saurait empourprer les visages.

Ce sont des jeux d’adresse ou des jeux de langage,
Sa Majesté le Roi ne gagne pas toujours ;
Quand un noble étranger chez nous est en séjour,
À faire une partie les marquises l’engagent.

Personne ne s’amuse à faire des sonnets,
Tout au plus, on redit tous ceux que l’on connaît,
Ce sont des mots d’amour ou de plaisanterie.

Ces divers passe-temps ne sont point onéreux,
Sauf lorsque l’on rencontre un sort peu généreux ;
Un grand seigneur parfois vend son argenterie.

Cochonfucius

Quadruple bière évangélique

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Mathieu, Marc, Luc et Jean, au troquet rassemblés,
Confrontent ce matin leurs pages d’écriture ;
À leurs yeux, ce n’est pas de la littérature,
Mais la célébration de la vigne et du blé.

Ici, la bière est faite avec de l’eau très pure,
Les clients de passage en sont émerveillés ;
Puis elle ne nous fait nullement sommeiller,
Les prophètes jadis en burent tant qu’ils purent.

Bien suivre leur exemple est pour nous un devoir,
Car la boisson fait l’homme, autant que le savoir ;
Gambrinus est aussi le dieu de la Pensée.

On peut devenir sobre une fois qu’on est vieux,
Quand toute l’énergie se trouve dépensée ;
Alors il sera temps de boire dans les Cieux !

Cochonfucius

Navigation vraiment précaire

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Cette nef n’est, vois-tu, qu’une faible nacelle,
Aucun des passagers n’est sûr de son retour ;
Il leur reste d’espoir à peine une parcelle,
La barque cependant se perd en vains détours.

Au-dessus de la nef passe un vol d’hirondelles
Rapidement filant vers un nouveau séjour ;
Elles savent leur route et la suivent toujours,
Puisque leur trajectoire est aux astres fidèle.

Il faut border la voile, il faut parfois ramer,
Il ne faut surtout pas craindre d’être affamé ;
Veuille un ange du ciel nous prendre sous son aile !

Quand nous débarquerons, nous aurons un repas
Arrosé d’un bon vin qu’on ne refuse pas ;
Nous prendrons le café sous la fraîche tonnelle.

Cochonfucius

Manoir d’une enchanteresse

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La Dame qui buvait les paroles d’Orphée
Lui fait don d’une lyre, il n’en est point déçu ;
Puis, pour qu’aux yeux du monde il passe inaperçu,
L’installe dans sa chambre, or elle est bien chauffée.

Ça ne lui faisait rien d’être un peu décoiffée,
Toujours un invité doit être bien reçu,
Sans déranger les dieux, ce fut à leur insu ;
Zeus n’a pas entendu les soupirs de la fée.

Au lever du soleil ont chanté les oiseaux,
Ainsi qu’une grenouille au milieu des roseaux ;
Un doux parfum de fleurs a plané dans la brise.

Ce manoir valut bien le plus noble palais,
Au vaillant musicien c’est cela qu’il fallait ;
Car la plus grande Reine est une femme éprise.

Cochonfucius

Axel Kahn

boubou

Nous avons trois blessures vives,

L’une est la vie,
L’autre est la mort,
La plus vive est notre douleur.

Cochonfucius

(merci à Miguel  Hernandez).

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son poème :

Llegó con tres heridas:
la del amor,
la de la muerte,
la de la vida.

Con tres heridas viene:
la de la vida,
la del amor,
la de la muerte.

Con tres heridas yo:
la de la vida,
la de la muerte,
la del amor.

Méditation mélancolique === 12-5-21 pour A. K.

uvtu

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Face à la mort, la lutte est continue,
Opposons-lui des arguments de poids ;
Ce n’est pas tout d’accepter cette loi,
Car nul ne peut la dire bienvenue.

Face à la mort, l’espérance est ténue,
Mais ce n’est pas non plus chacun pour soi ;
Merci à ceux qui ont pris soin de moi
Pour protéger ma vieillesse chenue.

Je la connais, j’y songe, au quotidien,
De vieux auteurs en ont parlé si bien ;
J’écris aussi ce texte en leur mémoire.

Soyons sereins, la nuit comme le jour,
Ayons en nous la sagesse et l’amour ;
Que notre vie soit une belle histoire.

Cochonfucius

Solivore

solivore

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Au matin, je descends des arbres,
J’observe les fleurs du printemps ;
Mon bec est dur comme du marbre,
Terreur des morts et des vivants.

Je ne vis pas de pourriture,
Ni des insectes du sous-sol ;
Mais, bien souvent, je m’aventure
À dévorer des tournesols.

Puis, je vais boire, à la fontaine,
Le vin qui procure l’oubli :
La source n’est pas si lointaine,
Son charme point n’est aboli.

Cochonfucius

Lion retraité

uvsu

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Je perds le souvenir des ivresses passées,
Me voici devenu sobre comme un chameau ;
J’évite de parler, ne trouvant point mes mots,
Ma langue est un peu moins sûre de mes pensées.

Compagnes de jadis, autrefois caressées,
Vous irez donc choisir des chevaliers nouveaux ;
Je laisserai dormir mes honnêtes rivaux
Dont la flamme, elle aussi, est quelque peu lassée.

Ai-je été trop ardent, ai-je été trop jaloux ?
Sur ce passé lointain vainement je me penche,
J’ouvre mes vieux carnets, je vois des pages blanches.

Je n’irai point jusqu’à tomber sur les genoux,
Facilement sera ma tristesse apaisée ;
Je vais suivre une voie qui n’est point malaisée.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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