Complainte du pommier

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Je suis, après la Chute, un arbre solitaire,
Je ne suis point de ceux qu’on trouve dans les bois ;
De la Dame au jardin je n’entends plus la voix,
Elle qui n’avait point coutume de se taire.

Les anges parlent moins, pauvres célibataires,
Répétant gauchement leur louange à la noix ;
Quant au seigneur Serpent, rarement je le vois,
Il vient en visiteur, il n’est plus locataire.

D’Eve nous regrettons la grâce et la beauté,
Puis le rire d’Adam qui fut à son côté ;
Je crois que ces deux-là sont devenus sauvages.

Ils ont eu de la peine à quitter ce séjour,
Car ils avaient rêvé d’y rester pour toujours,
Avec les meilleurs fruits concoctant leurs breuvages.

Cochonfucius

Hibou prophète

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Ce rapace a choisi la voie spirituelle,
Car la lueur divine éclaira son esprit ;
Il ne consulte point les antiques écrits,
Mais la jeune dryade habile et sensuelle.

Il ne propage point les valeurs éternelles,
La volonté des dieux ne lui sert pas d’abri ;
Il cite, à la rigueur, un fier Bouddha qui rit,
Il nous dit seulement que la nature est belle.

Il connaît les travaux de son ami le porc ;
Parfois, d’un commentaire il propose l’apport,
S’exprimant comme un sage en sa Montagne Froide.

Ce modeste penseur ne rompt ni ne fléchit,
Mais il se tait parfois, c’est quand il réfléchit ;
De même, il se taira quand son corps sera roide.

Cochonfucius

Poisson de Roncevaux

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Le neveu n’est plus là, mais l’olifant demeure,
Sur lequel l’archevêque a dit une oraison ;
Tu peux le contempler, gisant sur le gazon,
Sans que, dans un tel lieu, nulle main ne l’effleure.

Un fier poisson surgit au bout de quelques heures,
Digne de figurer sur un royal blason ;
Il n’est point l’héritier d’une riche maison,
Mais quant à sa noblesse, elle n’est pas mineure.

Du paladin Roland il déplore le sort,
Admirant par ailleurs son héroïque mort ;
Il le sait plus vaillant et plus grand dans la tombe.

Il soulève le cor sur l’herbage posé,
Que protège un esprit en forme de colombe ;
Muni d’un tel emblème, il pourra tout oser.

Cochonfucius

Quark onirique

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Je suis le cryptoquark, nul ne m’observera,
Aucun pauvre rimeur ne me saurait décrire ;
Depuis assez longtemps leurs efforts me font rire,
Et la soif de savoir qui tous les dévora

Sachez donc que ce monde est un vaste fatras,
Car tout semble indiquer qu’il provient d’un délire ;
Dans quelques bons auteurs j’ai d’ailleurs pu le lire,
Et même, un héraldiste un jour le démontra.

Je suis l’Inexistant qui rôde et se prélasse,
Je ne suis d’aucun temps, je ne suis d’aucun lieu ;
En vain vous explorez votre terre et vos cieux.

Aucune théorie ne m’accorde une place,
Et, si vous m’en croyez, je dis que c’est tant mieux ;
Dans l’accélérateur nul ne verra ma trace.

Cochonfucius

Le fond de l’air est frais

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Le gyrovague porte un vêtement de laine,
Il tient solidement son bâton dans sa main ;
Il ne désire point s’amuser en chemin,
Éole en ce printemps souffle une fraîche haleine.

Sans partir explorer des provinces lointaines,
Il voudrait changer d’air, voir d’autres patelins ;
Loin d’être cénobite, il n’est qu’un orphelin
Buvant du vin d’auberge ou de l’eau de fontaine.

Il sourit quand il voit les petits ânes gris
Ou les sombres corbeaux dont il aime le cri ;
Il est plein d’allégresse, ou s’efforce de l’être.

Aux feux des voyageurs il sait se réchauffer,
Qui fraternellement lui versent un café,
Eux pour qui tout le monde a les mêmes ancêtres.

Cochonfucius

Demeure insignifiante

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C’est un petit manoir plein de mélancolie
Dont les murs furent peints d’étonnantes couleurs ;
Dans les pièces, je vois des meubles sans valeur,
La plus grande armoire est à moitié démolie.

La lumière décline avant d’être abolie,
S’endorment au jardin les oiseaux et les fleurs ;
La nuit nous offrira ses joies et ses douleurs,
Mêlant notre sagesse avec notre folie.

Sur la route un errant s’avance prudemment,
Il marche près des murs comme un discret amant
Qui voudrait se soustraire au regard des concierges.

Il fut un habitant du manoir, autrefois,
Avec un jeune corps, une âme presque vierge,
Il ne sait que penser de ce lieu qu’il revoit.

Cochonfucius

L’oiselle et son oiseau

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J’entendis bavarder l’amant et la maîtresse,
Un éclat nostalgique a tremblé dans leurs yeux ;
Ils ne souffrent pas trop d’être devenus vieux,
Ajoutant des années à leur vie de paresse.

Ronsard a courtisé plusieurs enchanteresses,
Célébrant leurs attraits au nom de tous les dieux ;
Les mots de cet auteur furent lus en tous lieux,
Qui furent éclatants et chargés de tendresse.

L’amour est un flambeau dans ce sombre univers ;
Même si, quelquefois, je le tiens de travers,
C’est la seule clarté dont mon âme dispose.

Les galants de jadis, qui tant furent hardis,
Je sais qu’au cimetière ils gisent et reposent ;
Reste-t-il de l’amour en ces coeurs engourdis ?

Cochonfucius

Agneau de Lilith

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image de l’auteur

À ma douce maîtresse il semble que je plaise,
Qui vante les talents de son petit bélier ;
Souvent elle m’offrit des pommes du cellier,
Tendres sous une peau rouge comme la braise.

Dans son nouveau jardin je peux brouter à l’aise,
Les ombrages y sont assez hospitaliers ;
Nous écoutons la voix d’un serpent familier
Qui vient au potager pour grignoter des fraises.

Aucun animal n’a rêvé d’être immortel,
Ni d’être offert à Dieu sur un barbare autel ;
À tous nous épargner Lilith est résolue.

Je suis presque assuré de vieillir dans mon pré
Sans que ma laine soit à d’autres dévolue ;
Nul couteau par mon sang ne doit être empourpré.

Cochonfucius

Fleur étonnante

uvmo

image de l’auteur

Elle m’offre un parfum que je trouve incertain,
Je ne déteste point cette odeur adoucie ;
À son pied sont tombées quelques feuilles roussies,
En ce lieu vient danser l’invisible lutin.

Sa blancheur ne craint point la fraîcheur du matin,
Ni le souffle du vent, ni les intempéries ;
Le fier savant Linné la prit pour égérie,
Lui donnant au passage un joli nom latin.

La cloche fait ouïr sa voix dominicale ;
Une abeille survient, en visite amicale,
Aussitôt lui sera le clair nectar offert.

L’avette en s’abreuvant dit une histoire leste ;
C’est un conte à propos de bergères modestes
Par lesquelles un prince a quelque peu souffert.

Cochonfucius

Mallarmé voit un tombeau

clovis-trouilleToile de Clovis Trouille

Aux abords de la tombe, en rimeur je me change ;
Grâce à quelques sonnets, mon coeur se montre nu
Devant mes compagnons, devant des inconnus,
Devant tout un chacun, quelle démarche étrange !

Le but n’est certes point de devenir un ange,
Ni d’affranchir d’un sens les gens de la tribu,
Ni d’avertir du sort de ceux qui ont trop bu
(Ou qui ont un problème en termes de mélange) ;

Pas question, d’autre part, d’exhiber des griefs
Ni de mettre en ces vers une idée en relief ;
Gratuitement la Toile avec tous ces mots s’orne

Sans lesquels nous irions vers le côté obscur,
Et leur voix en ces lieux à résonner se borne
Un peu dans l’autrefois, un peu dans le futur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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