Bannière inconnue

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L’étendard est taillé dans une étoffe rare,
Le bord en est brodé d”un fil de vieil argent ;
Le porteur est costaud, mais il n’est pas méchant,
Il arbore un sourire et dit des mots barbares.

Cette troupe est modeste et n’a nulle fanfare,
Elle va sous la lune et sous le ciel changeant ;
Elle suit une rue sans déranger les gens,
Fredonnant à mi-voix quelques chansons bizarres.

De barde, ils n’en ont point, non plus de troubadour,
Leur colonel n’est pas Marquis de Pompadour ;
Mais un brave sergent sonne d’un cor d’ivoire.

Ils n’ont pas dans l’idée de courtiser la gloire,
Leur route est incertaine et fait quelques détours ;
De pareils vagabonds, point ne sera mémoire.

Cochonfucius

Oiseau des contrejours

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Son corps me semble noir sur un fond de lumière,
Son ombre fugitive est là, devant mes yeux ;
Je ne sais pas nommer cet habitant des cieux,
Il se peut que ce soit l’aronde printanière.

D’aucun petit terroir elle n’est prisonnière,
Mais selon sa plaisance, elle change de lieu ;
Homère la disait messagère des dieux,
Son nid est apposé au mur de ma chaumière.

Elle ne débat point de l’essence et de l’être,
Elle met à profit chaque jour que Dieu fait,
Trouvant quelques trésors pour sa soif de connaître.

Sa voix parfois s’élève et dit ce qu’elle sait,
Telles sont les façons de cet oiseau sans maître ;
Sur tout ce qu’elle ignore, on voit qu’elle se tait.

Cochonfucius

Serpent Premier

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Je suis le Tentateur, monarque en cette friche
De mes prédécesseurs j’ai causé le départ ;
En leur nouveau domaine ils sont un peu moins riches,
En leur petite ville entourée de remparts.

Pour reine volontiers j’aurais choisi la biche,
Mais elle me préfère un cervidé vantard ;
Que je sois plus puissant, je crois qu’elle s’en fiche,
Tout ce qu’elle voudrait, c’est pondre, sans retard.

Cet endroit fut propice aux grandes espérances,
J’ai changé tout cela par mon discours trompeur ;
Car je me faisais fort d’engendrer la souffrance.

Le Gardien me menace, il ne me fait point peur,
Il peut se prévaloir de son intolérance,
Celui-là qui permit mon oeuvre de sapeur.

Cochonfucius

Bal des monstres

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Toile de Alfred Kubin

La nuit, dans la nature, en face d’une grille,
Un malheureux s’agite, il voudrait la franchir.
Mais les barreaux d’acier ne peuvent pas fléchir,
L’homme est au désespoir sous la lune qui brille.

Alors survient un fou, déguisé en gorille,
Qui dit: Viens par ici, nous allons t’affranchir,
Tu vas te travestir, danser, te rafraîchir,
Et passer du bon temps ainsi qu’un joyeux drille.

Or, bien longtemps après, revoyant ces images,
L’homme comprend que c’est par le pouvoir d’un mage
Qu’il a reçu, de nuit, un avertissement.

Ce monde peut sembler une salle des fêtes,
Où danse l’insensé qui se déguise en bête :
Mais combien dangereux, ce divertissement !

Cochonfucius

Tour des nonnes

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Trois recluses y sont, d’ailleurs point trop vilaines,
Composant des sonnets ou des hymnes orphiques ;
Elles n’imitent pas les auteurs prolifiques
Qui pondent chaque jour de lourdes cantilènes.

Elles nous ont narré la vie de Sainte Hélène
Et du fier Constantin, monarque magnifique ;
Aussi de Lucifer les projets maléfiques,
Et même les exploits galants du dieu Silène.

Ces trois aimables soeurs vivent en harmonie,
De leurs voix ne survient nulle cacophonie ;
Aucune de ce lieu ne se dit souveraine.

Je les entends prier dans l’aube vaporeuse,
Ce sont de beaux versets que les anges reprennent ;
Du fils du charpentier je les crois amoureuses.

Cochonfucius

L’amour et la souffrance

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Toile de Freaka Juliano

Celui qui aime une inconnue
De son absence aura chagrin,
Surtout dans ses draps, le matin,
À l’heure où rien ne se remue ;

Tous ces sentiments que l’on tue,
Tous ces frêles émois défunts !
L’âme se sent dans un pétrin,
De tristesse jamais repue.

Larmes que tu laisses couler
Ne font le monde s’écrouler ;
Juste sourire un peu le Diable.

Cet amour, que tu crois si fort,
N’est qu’une ruse de la mort,
Un reflet de pluie sur du sable.

Cochonfucius

Songeries d’un petit insecte

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Je ne sais si je pense ou bien si je délire,
Car je rêve en plein jour ainsi qu’en pleine nuit ;
Mais j’aimerais pourtant savoir ce que je suis,
C’est mon principal voeu, c’est ce que je désire.

J’ai posé la question à ces fleurs qui m’attirent,
Elles m’ont répondu que trop de savoir nuit ;
J’ai posé la question au vert rameau de buis
Qui m’a pensivement regardé, sans rien dire.

Ça m’est peut-être égal, tout bien considéré,
Que me faut-il savoir pour mon destin gérer ?
Vainement un penseur à chercher s’évertue.

Il nous faut accepter l’opacité du sort,
En rendre compte n’est pas de notre ressort ;
Je vais boire un godet avec Dame Tortue.

Cochonfucius

Fol équidé

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Mes amis, prenez garde à ce zèbre farouche,
Il dit « Pater Noster », mais ce n’est pas un saint ;
Même, il parle aux démons du désert abyssin,
Eux qui ont fréquemment le blasphème à la bouche.

Il s’attable, le soir, dans des tavernes louches,
Rivalisant d’humour avec des spadassins ;
La serveuse lui lance un regard assassin,
Sans trop le redouter, c’est une fine mouche.

Il fut par l’Empereur au palais appelé,
Mais ce mauvais coucheur ne fit que grommeler
Que d’être un courtisan lui serait impossible.

Quand j’écris sur son compte, il se moque de moi,
Pour ses vilains propos je deviens une cible ;
Donc, je n’en dirai rien, jamais, je reste coi.

Cochonfucius

Licorne immaculée

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Cette licorne habite un monde merveilleux,
Partageant sa demeure avec un noble archange ;
Sa crinière est coiffée en élégantes franges,
Le vent la fait danser sous un ciel toujours bleu.

L’archange aime narrer des contes nébuleux,
On y voit l’inframonde et ses démons étranges ;
Ce sont de vieux récits qu’à sa guise il arrange,
Quelquefois c’est un peu tiré par les cheveux.

Puis, tous les deux s’en vont achever quelques pintes
Qu’un tavernier bénit par des paroles saintes ;
Leurs corps immatériels en sont revigorés.

L’archange respectable et la licorne fière
Sont souvent applaudis par les buveurs de bière ;
Au profond de leur être ils en sont honorés.

Cochonfucius

La plante et l’hexapode

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La fleur, avec l’insecte, elle fait bon ménage,
Je les vois dans le vent tous les deux s’agiter ;
La friche verdoyante est leur bel apanage,
Havre d’indépendance et de sérénité.

Leur solidarité date des premiers âges,
Le trèfle a toujours vu l’abeille à son côté ;
Des arbres non taillés ornent le voisinage,
Ce lumineux printemps se prend pour un été.

L’été sera peut-être une fournaise ardente ;
L’insecte dormira près de sa confidente,
Ainsi qu’en sa cellule un ermite reclus.

La nature est sévère et n’est pas toujours tendre,
Quand même, elle nous parle, et nous devons l’entendre ;
Je m’inquiète pour ceux qui ne l’écoutent plus.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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