Mélancolie de la licorne

otxy

image de l’auteur

La licorne parlait à son ami le chêne,
Je voyais alentour l’univers s’endormir.
Rien dans cette forêt jamais ne se déchaîne,
Monde de peu de peine et de peu de plaisir.

Un nuage survient, dans sa splendeur hautaine,
Occultant le soleil déjà près de mourir ;
Une atmosphère obscure enveloppe la plaine,
Les lièvres au lointain ne veulent plus courir.

De chêne et de licorne est longue l’existence,
Ils savent l’accepter sans craindre la souffrance ;
Un vieux barde jadis en fit une chanson.

De l’arbre je compris la parole inspirée
Qui par les animaux toujours fut admirée ;
Ce langage étonnant ne produit aucun son.

Cochonfucius

Taureau qui rit

otwy

image de l’auteur

Je danse au grand jardin pour amuser les roses,
Puis je leur chante aussi quelques chansons de mer ;
Ça fait rire un oiseau qui n’a rien de morose,
Ce jour d’avril est gris, mais il n’est point amer.

En ce lieu verdoyant la muse se repose,
Elle qui oublia les noirceurs de l’hiver ;
Sa lecture du jour de fables se compose,
Dont les joyeux décors lui sont un univers.

Je ne danse pas bien, mais elle n’en a cure,
Elle esquisse un sourire et peigne ses cheveux ;
Elle rumine ensuite une pensée obscure.

Je ne pourrai jamais savoir ce qu’elle veut,
Mais je sais bien ce qui pour elle est une fête,
Moi qui peux m’efforcer d’être une brave bête.

Cochonfucius

Planète invraisemblable

otvy

image de l’auteur

Les maîtres de ces lieux ont d’innombrables mains,
C’est pour cueillir des fruits, mais les arbres sont rares ;
De la récolte ils font divers alcools barbares,
Ensuite, ils ont du mal à suivre leur chemin.

Ces monstres, me dit-on, ne sont pas inhumains,
Ils composent des vers, ils sont loin d’être avares ;
De leurs petites nefs ils tiennent bon la barre,
Ils ont enluminé cent mille parchemins.

De l’immense univers ils dressent le cadastre,
Sans oublier, surtout, leur planète et son astre ;
Une de leurs années dure quarante jours.

Ils voient mille couleurs au sein de la lumière ;
Sinople, disent-ils, compte pour la première,
La teinte du printemps, saison de leurs amours.

Cochonfucius

Antique taverne

antique-taverne

Composition de l’auteur

Saveur des brèves de comptoir,
Clarté du trottoir où l’on fume :
Il y fait bon vivre le soir,
Quand la joie commune s’allume.

La tavernière est rayonnante,
Le cuisinier, un brin moqueur,
Raconte des choses charmantes
Que, d’ailleurs, nous savons par coeur.

La terrasse est auréolée,
Non pas de lys ou de jasmin,
Mais d’un nuage de fumée.

La muse rit et prend du vin
(Pas beaucoup, deux ou trois gorgées) ;
Les soucis ? On verra, demain…

Cochonfucius

Acropole métallique

escudo_de_estepona

Image du blog Herald Dick Magazine

Sur la tour d’or s’agite une étoffe d’argent :
Une salutation pour la nef d’or qui passe.
Le roc est découvert par une marée basse,
Un ciel d’azur bénit les bêtes et les gens.

Sur le mont de sinople, un moine va songeant
Aux marins qui d’aller sur les mers ont l’audace,
Et jamais ne voudrait se trouver à leur place,
Préférant de l’abbé le régime indulgent.

Sur un long parchemin, il s’efforce d’écrire
La beauté de ces lieux, tout ce qu’il peut en dire,
Préférant une image à de beaux arguments.

Moine, charge de vers les pages de ton livre,
Dis-nous ce qu’en ton temps tu as pu voir et vivre,
Sans craindre de bâtir un vaste monument.

Cochonfucius

Une révélation matinale

ernt

Collage de Max Ernst

Rêvant d’une interprète en savoureux costume,
Je la vois s’étourdir aux vapeurs de l’encens,
Puis, dans l’obscur du temple à lents gestes dansant,
Flotter dans l’infini comme vole une plume.

Le sens de l’univers dans mon esprit s’allume,
J’entends battre le coeur de ce cosmos pensant,
Je l’entends prononcer des mots évanescents
Qui font sourire un peu les démons dans la brume.

Trois anges vont chanter, pour me faire plaisir,
La touchante saga des ailes du désir,
Gravant dans ma mémoire un air impérissable.

Serais-je devenu un pareil découvreur ?
Regardant de plus près, je perçois mon erreur :
Quelquefois, le matin, ma cervelle est de sable.

Cochonfucius

Autre monde nocturne

sleeping-woman

Toile de Picasso

Le conte ne dit pas quelle première phrase
Murmure à son éveil la belle au bois dormant,
Ni ce que lui répond son cher prince charmant.
Pas grand­-chose sans doute, un propos sans emphase.

Le sommeil prolongé qui procure la base
De ce curieux récit, presque un petit roman,
A la vie de la belle apporte un ornement,
Car il suspend le temps comme fait une extase.

Quels rêves faisais-­tu au château endormi,
Voyais-­tu, dans le noir, les yeux de ton promis,
Ou la mauvaise fée que son ire envenime ?

Ainsi le quotidien fait de nous des dormeurs
Dont l’esprit engourdi, comme du feu qui meurt,
Rêve, confusément, qu’un prince le ranime.

Cochonfucius

Au coeur du jardin

adam-et-eve1

Image d’Héraldie, d’après Cochonfucius

Adam marche au jardin sans admirer les roses,
Car Ève en est jalouse, et ça le gêne un peu.
Non loin du plus bel arbre, ils se tiennent, tous deux ;
Pris, comme chaque jour, dans la beauté des choses.

Car cet endroit, jamais, ne les laisse moroses ;
Tantôt c’est la chanson d’un petit oiseau bleu,
Tantôt c’est un insecte ayant l’éclat du feu,
Parfois même, un serpent composant de la prose.

Les lunes de sinople (une étrange couleur)
Disent que, de ce lieu, Dieu bannit la douleur,
Pourvu que les humains respectent ses consignes.

J’y vois, dit le reptile, une provocation :
Le véritable sens de cette indication,
C’est que, sur cette branche, un beau fruit vous fait signe.

Cochonfucius

Une légende

max-ernst-birds-mp-1024x862

Toile de Max Ernst

Le lièvre, un beau matin, s’unit à la girafe.
La presse a commenté ce cas particulier.
Le serpent et la taupe à l’église ont prié,
Et l’on a convoqué les meilleurs photographes.

L’ibis et le crotale offrent une carafe
Pleine de bon vin rouge au prix de cent deniers
Que généreusement avance un usurier ;
Le cochon, un voyage à bord d’un bathyscaphe.

La reine fit cadeau d’une partie du monde,
Le hibou d’une chambre en la forêt profonde,
Moi, poète, d’un chant que dit la voix du loup.

La girafe et le lièvre à la sortie du temple
Ont repris ce doux chant et leurs voix furent amples.
Cependant ma chanson ne valait pas un clou.

Cochonfucius

Ronce-Rose

ronce-rose

image de l’auteur

En quoi peut consister l’emploi de Mâchefer ?
Fait-il, tel Chevillard, des grimaces au monde,
Ou se promène-t-il sur la terre et sur l’onde
Comme les chevaliers, parfois croisant le fer ?

Sa demeure n’étant ni l’Eden ni l’Enfer,
Il y laisse souvent la demoiselle blonde ;
S’il tarde trop longtemps, vient l’angoisse profonde
Que décrit un carnet, à tout lecteur offert.

L’aventure est risquée, puisque les nuits sont fraîches,
La route est balisée par d’innombrables flèches,
Et ce coeur ne craint point les périls effarants.

Que dois-je retenir de la belle odyssée
Par Maître Chevillard subtilement tissée ?
Est-ce une tragédie, est-ce un bouquin marrant ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.