Lumière de Hastings

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Sur le champ de bataille un étrange astre luit,
Inspirant aux soldats de l’espoir ou des craintes ;
Comme des malheureux perdus au labyrinthe,
Leurs esprits désarmés sentent venir la nuit.

Le duc nous dit que c’est un présage pour lui,
Porté par une fée ou bien par une sainte
Qui est sans doute Iris, de son écharpe ceinte,
Venant nous annoncer la fin de nos ennuis.

Arrivés par la mer, déployés en la plaine,
Comme les guerriers grecs venus reprendre Hélène,
Du roi nous pillerons la chambre et le cellier.

Des témoins de la chose éclairons l’ignorance :
La Normandie n’est point vassale de la France,
Pas plus que des agneaux n’est vassal le bélier.

Cochonfucius

Amphore impériale

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Celui qui boit mon vin, c’est un empereur fou,
Lequel garde toujours sa coupe sur la table ;
Il dit que la boisson peut le rendre imbattable,
Mais j’ai peine à le croire, il en devient trop mou.

Esope sur mon compte écrivit une fable,
Ce vaillant plumitif aime aussi boire un coup ;
Goûtons de son humour la saveur ineffable,
Aux auteurs du futur il apporte beaucoup.

De l’Empire, dit-on, la chute est attendue,
Même la capitale est bien mal défendue ;
Mais toujours survivront les oeuvres de l’esprit.

Le vin sait déchiffrer les cerveaux et les âmes,
Dont, précise Aristote, il détient le sésame ;
De tout ça l’empereur n’a jamais rien compris.

Cochonfucius

Renne dextre et renne senestre

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Image du blog Herald Dick Magazine

Chez eux, l’axe du monde un petit peu s’incline,
Faisant que le soleil à minuit brûle bien,
Ou que, pendant des mois, il n’éclaire plus rien ;
D’un bel oiseau nocturne, alors, il s’hallucine.

Le ciel s’illuminant d’une aurore divine
Reçoit une clarté de tous les méridiens ;
Les gens vont en traîneau que font mouvoir les chiens,
Jamais ne règne ici la douceur angevine.

Il faut marcher fort loin pour rencontrer quelqu’un ;
Mais aussi, quel plaisir, ces repas en commun,
Ces blagues qu’on reprend avec un bel ensemble !

Rennes dextre et senestre entendent un oiseau
Qui, venu de la mer, leur chante un chant nouveau ;
Et même, la montagne écoute, à ce qu’il semble.

Cochonfucius

Folie de la cornegidouille

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De ce monstre innocent la tête évaporée
Renferme des notions bien trop élaborées ;
Au plus ardent délire est donné le feu vert,
Qui dès lors se raconte à tort et à travers.

Des armes, nous dit-on, sont par elle arborées
Dont est sa résidence amplement décorée ;
Ces écus bien souvent nous montrent leur revers
Sur lequel est tracé le beau sonnet d’Arvers.

De la cornegidouille est étrange la vie,
Qui ses meilleurs amis à trop boire convie ;
Elle leur sert aussi des bols de café froid.

Elle dit que jadis lui parlait un grand roi
Qui lui fit découvrir le jardin et la croix
Ainsi que les tourments d’une âme inassouvie.

Cochonfucius

Déclin de Newton

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Dessin de Gotlib et Taillet

Newton est allongé à l’ombre d’un pommier,
Il ne dort point, il pense, il y passe des heures.
Sous ce pommier, il fit l’observation majeure
Par laquelle il devint, en sciences, le premier.

Mais ça, c’est du passé. Newton est déjà vieux ;
L’inspiration fait place aux jeux de la mémoire.
S’il regarde tomber une pomme, une poire,
Une feuille qui vole, il en est moins curieux.

Un merle s’égosille, un grand coq l’interrompt,
De ses griffes, le chat égratigne le tronc,
Le vent fait murmurer dans les airs le feuillage ;

Newton ne cherchera pas de loi pour ces sons,
Il se contentera d’en faire une chanson :
Il devient moins sérieux, ces temps-ci, avec l’âge.

Cochonfucius

Cellier paradisiaque

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Pierre achète du vin pour abreuver les anges,
Du moins ceux dont le culte est celui du pinard ;
Le tonneau fut béni par le moine Bernard
Qui dans Clairvaux arrose un peu tout ce qu’il mange.

Administrer la cave, en fait, c’est tout un art,
Mais le maître des lieux divinement l’arrange ;
Tous les murs sont ornés de gravures étranges
Et d’un tableau qu’offrit le maître Léonard.

Déguster ce bon vin, c’est une renaissance,
C’est le double plaisir de l’être et de l’essence ;
Ici tu n’entends point de rires indécents.

Le Portier se recueille, il garde le silence,
Ici nul contretemps, aucune turbulence,
La douce griserie sur l’Apôtre descend.

Cochonfucius

Poisson presque intrépide

uvd

image de l’auteur

Ce beau petit poisson ne manque point d’audace,
Depuis la nuit des temps vivant en liberté ;
Il visite les lieux par d’autres désertés,
Lui qui dans l’océan sait se faire une place.

S’il voit un prédateur, il le regarde en face,
Il est, en ces instants, plein de sérénité ;
Il se montre vaillant sans nulle vanité,
Car, si vous le flattez, ça le laisse de glace.

C’est un bon compagnon, ce petit poisson blanc,
D’une armure vêtu, qui brille sur ses flancs ;
Ce n’est point de sitôt que nous le ferons frire.

Agréable est sa veille et plaisant son sommeil,
Dans lequel il nous dit rêver de fruits vermeils ;
Je suis presque certain qu’il dit cela pour rire.

Cochonfucius

Un érudit

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Toile d’Armand Goupil

Un érudit cherchait le lieu natal d’Homère ;
Il interrogeait donc des gens dignes de foi ;
Avec Alphonse Allais un peu de bière il boit,
Parlant de ce grand barde et de sa digne mère.

« L’état civil fut-il établi par un maire ? »
Alphonse, le subtil, doute que cela soit ;
Nulle cité, jadis, n’avait de telles lois,
Beaucoup de papyrus ne furent qu’éphémères.

Or, puisque nous savons que ce n’est pas Athènes,
Nous pourrons bien choisir Allaure, c’est tout vu.
Foi d’Alphonse, je dis que la chose est certaine.

Ne soyez pas surpris par ce nom imprévu,
« Homèr’ d’Allaure » est dit par un grand capitaine
Quand il se voit perplexe, ou pris au dépourvu.

Cochonfucius

Adversaire du serpent

uvbet

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Contre le Tentateur ne pourrai-je me battre,
Qui des premiers humains veut altérer l’honneur ?
Pourrait-il échapper à mon bec harponneur,
Ne pourrai-je le tordre et le plier en quatre ?

Lui qui fit tant souffrir sa mère et sa marâtre,
Lui qui depuis l’enfance est inapte au bonheur,
J’aimerais le trancher comme le moissonneur
Tranche la mauvaise herbe aux racines noirâtres.

Notre vieux Créateur dit d”épargner son corps,
Pour qu’avec les Écrits nous soyons en accord ;
Il aime la rigueur et non la fantaisie.

Le fruit ne devra point sur son arbre pourrir,
Mais sa chair sera par la main d’Eve saisie
Et ces premiers vivants apprendront à mourir.

Cochonfucius

Arbre lucide

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Ce jardin jadis fut celui du maître Euclide,
Lequel me révéla de vastes horizons ;
Je sais que l’Univers n’est pas une prison,
Mais un Cosmos qui suit des lois toujours valides.

Une harmonie régit la forme des solides,
Une horloge préside au cycle des saisons ;
Tous les animaux sont des êtres de raison,
Au ciel la balistique encadre les bolides.

Pour être au diapason, l’homme fait ce qu’il peut,
Même si par moments son cap dévie un peu ;
Il tire des leçons de ses erreurs passées.

La sagesse réside en mon grand corps de bois,
Aussi pure que l’est la rosée que je bois ;
Jamais nul arbre n’eut de mauvaises pensées.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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