Sur le plaisir

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Toile de Bertrand Neuman

Le plaisir se nourrit de l’imagination
Et l’imagination se nourrit de jouissance.
Chaque extase est au corps comme une renaissance,
Un lever de soleil, une illumination.

Tel un prêtre au matin de son ordination,
Tel l’alchimiste ayant trouvé la quinte essence,
Tel l’écrivain rempli de sa réminiscence,
L’amant comblé se meurt dans la jubilation.

A ce plaisir, bien peu se montrent comparables,
Car même d’un gourmet l’ivresse mémorable
N’est point à la hauteur, et je le reconnais.

Or, si j’ose chercher, dans l’ordre du sublime,
Ce qui peut approcher de ce triomphe ultime,
Je trouve le bonheur d’avoir fait un sonnet.

Cochonfucius

Bouteille à l’amer

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image de l’auteur

Perdue en ce courant, tu ne la peux trouver,
Elle qui ne contient nul message néfaste ;
Le courant n’est pas vif, les océans sont vastes,
Cet objet fait le tour des récifs délavés.

Cette course sans fin, rien ne vient l’entraver,
Non pas même un regard de la sirène chaste ;
Le verre est à l’abri du crabe iconoclaste,
Cette épave n’est point lassée de dériver.

Ce flacon ne contient nul élixir d’amour,
Et ne transporte pas les mots d’un troubadour ;
Tu n’y trouveras point de poudre de licorne.

Or, j’aime cet esquif qui danse sous mes yeux,
Peut-être bien aussi qu’il fait rire les dieux ;
Aussi, je lui envie son errance sans bornes.

Cochonfucius

Monstre d’indifférence

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image de l’auteur

Je n’ai jamais aimé aucun de mes pareils,
Je n’ai jamais voulu séduire une inconnue ;
Cela semble une vie nulle et non avenue,
Mais je ne me plains pas, j’ai ma place au soleil.

Les souvenirs sont lourds, l’espérance est ténue,
Mais dans ce faible corps circule un sang vermeil ;
Un rêve surprenant s’invite en mon sommeil,
Un ange se prend pour une danseuse nue.

Le songe, cependant, s’arrête au point du jour,
Ne laissant en mon âme aucune meurtrissure ;
Elle en garderait presque un petit goût d’amour.

Des oniriques mots la langue n’est point sûre,
Des absents, des morts même ils imitent la voix ;
Je me les remémore, et puis je reste coi.

Cochonfucius

Lion d’avril

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image de l’auteur

Le Roi des animaux, je crois qu’il se fait vieux,
Son corps bien fatigué ne séduit nulle dame ;
Mais toujours Cupidon s’amuse avec son âme,
Cet ange plaisantin, farceur parmi les dieux.

L’aronde et son amant qui traversent les cieux
Brûlent d’un même souffle et d’une même flamme ;
Mais du fauve le coeur n’est plus au mélodrame,
Dont trop froide est la cendre et disparu le feu.

D’un lourd humus sera la cendre recouverte,
Sur lequel, je le crois, l’herbe sera plus verte ;
Le cycle de la vie ne veut point s’achever.

L’âme n’est qu’un frisson, le corps est une écume,
Le feu consumera ce que noircit la plume ;
Ainsi parle un poète en allant s’abreuver.

Cochonfucius

Saint Jacques Prévert

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image de l’auteur

Ce qui est astreignant, Jacques, tu le déclines,
Loin de l’austérité d’un Père du Désert ;
Tu n’as point demandé d’être d’honneurs couvert,
Tu grattes ton papier sans trop de discipline.

Auprès de ta maison, c’est la fraîche colline
Où de braves oiseaux te donnent un concert ;
En l’honneur de ton nom, le pâturage est vert
Sous un ardent soleil ou sous une pluie fine.

Tu pourrais enseigner, car tu n’es pas un bleu,
Transmettant ton savoir en des cours fabuleux ;
Tu préfères la prose en taverne échangée.

Un modeste caveau t’attend sous un cyprès,
Pour cette sombre fin ton coeur toujours fut prêt ;
Tes livres sont classés, ta chambre est bien rangée.

Cochonfucius

Subtilité d’un rongeur

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image de l’auteur

Aristote admirait la sagesse du rat
Qui sait improviser quand des tuiles surgissent ;
Les forces de l’esprit en sa faveur agissent,
Elles aident aussi son cousin le verrat.

Cet être qui la Foi jamais ne recevra,
Il se peut cependant qu’un ange le bénisse ;
Mais il ne sera point l’époux de la génisse
Dont le grand coeur pour lui jamais ne s’enivra.

Il lui fit un blason, l’héraldiste notoire,
Pour de sa dynastie accompagner l’histoire ;
C’est son corps vigoureux qu’il a représenté.

Il quitte moins souvent sa retraite profonde,
Il ne fréquente plus les jardins enchantés ;
Il s’apprête à sentir le goût de l’inframonde.

Cochonfucius

Fleur de la grande impermanence

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image de l’auteur

J’ai promis au jardin de fleurir chaque année,
Cet éveil se produit toujours au même endroit ;
Qu’importe la grisaille et qu’importe le froid,
Qu’importe que je sois par le vent inclinée.

Sachez que j’ai toujours béni ma destinée,
Puisque ma vie est tout sauf un chemin de croix ;
Mes yeux s’ouvrent la nuit, lorsque la lune croît,
Je plonge dans un rêve avant d’être fanée.

Je reçois aujourd’hui ma rosée de ce jour,
Je sais que reviendra la saison de l’amour ;
Ne me reprochez point cette vie paresseuse.

Je ne vous parlerai ni du mal, ni du bien,
J’écouterai du soir l’inaudible berceuse
Sans songer, je m’en garde, à l’extinction qui vient.

Cochonfucius

Alpha Sciuri

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image de l’auteur

C’est un astre lointain, ce n’est pas un flambeau,
C’est une étoile avec son troupeau de planètes ;
Le maître Galilée la vit dans sa lunette,
Notant sur son carnet qu’il trouvait cela beau.

D’un modeste astronome inspirant les travaux,
Ton bel éclat le fit persister dans sa quête ;
Sans vouloir du Cosmos préparer la conquête,
Son coeur le parcourut par des chemins nouveaux.

Un article savant fut par lui composé,
Qu’il nous a présenté dans un clair exposé ;
Il recruta plusieurs doctorants, ce me semble.

Tous ces jeunes regards se tournant vers les cieux
Reprendront son labeur quand il sera bien vieux ;
Ensuite on les verra boire une bière ensemble.

Cochonfucius

Incomparable lépidoptère

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image de l’auteur

Moi qui suis un insecte à nul autre semblable,
Je suis aimé du ciel et de la rose aussi,
Même de la pensée, tout autant du souci ;
Ces plantes m’ont offert des festins mémorables.

Les oiseaux que je vois n’ont rien de redoutable,
J’aime leurs jolis chants et leurs plaisants récits ;
Eux-mêmes n’ont point peur du goupil sans merci,
Se moquant avec lui du corbeau de la fable.

En l’herbage voisin viennent brouter les veaux
Pour qui le goût du trèfle est un plaisir nouveau ;
À leur tendre regard, qui serait insensible ?

D’argent au ciel d’azur passe un oiseau de mer,
Son esprit est pensif, mais il n’est pas amer ;
L’herbage et le jardin, ça le laisse impassible.

Cochonfucius

Primate indépendant

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image de l’auteur

Très peu d’interactions dans ma vie quotidienne,
Presque aucune rencontre et jamais de discours ;
Il ne m’arrive point de changer de parcours
Quand j’accomplis mon temps d’errance méridienne.

J’ai vécu de la sorte, autant qu’il m’en souvienne,
Ce fut sur cette terre un aimable séjour ;
Je sais que le plaisir ne peut durer toujours,
Qui jadis fut si vif (des bribes m’en reviennent).

Et d’autres vous diront « le plaisir c’est du vent »
Mais ce souffle enchanteur me fit planer souvent,
De mes quelques écrits c’est le plus noble thème.

Sur le fleuve du temps nos coeurs vont dérivant ;
Eros est parfois dur, mais jamais décevant,
Ce dieu qui non sans rire entend les mots « Je t’aime ».

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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