Heptaville

heptaville

image de l’auteur

Sur ses trottoirs, je m’exténue,
Admirant ses façades nues
Que polit, à loisir, le temps
Pour les touristes méditants.

Ici, c’est une ville sûre.
Des rongeurs, ne crains la morsure,
Fais-y venir ton bel amant
Qui t’escortera galamment ;

Mais les boulevards d’Heptaville
Seront durs à tes pieds fragiles,
Ce quatrain te le dit, ma soeur :
Là, sont des trottoirs sans douceur.

Cochonfucius

Un chef pensif

image de l’auteur

Ce chef, dans son jardin, rumine une pensée
Qui, du moins le croit-il, jadis lui fut lancée ;
Il l’a presque perdue, la retrouve pourtant,
Toute neuve, soudain, comme un fruit de l’instant.

Quelle est donc sa valeur, une page au hasard,
Un texte un peu obscur, peu digne d’un regard,
Mais il n’y pourra rien, il se tient sous le charme
D’un mot qui fait briller dans son oeil une larme.

Cochonfucius

Propos printaniers

Composition de l’auteur

— Quel trait veux-tu, licorne vénérable ?
Quelle grosseur ? Quel bois ? Quelle couleur ?
Choisis la flèche, animal de valeur,
Par où viendra ton amour incurable.

— Quel trait, dis-tu ? Nul ne m’est convenable !
Je sais qu’amour est source de douleur,
Je sais qu’on peut échapper au malheur
En n’ayant point de compagnon d’étable.

— C’est une erreur, licorne, assurément,
Contre l’amour de porter jugement :
Il appartient aux lois de la Nature.

— Si j’existais, sans doute ce désir
S’imposerait, ne me laissant choisir ;
Il n’en est rien ! Je suis illusion pure.

Cochonfucius

Tétracéros de sinople

image de l’auteur

Maître Tétracéros se tient à sa fenêtre ;
Dans la rue, c’est la fête, on entend les tambours,
Ira-t-il dans la foule en quête de l’Amour ?
Ce soir, il n’y tient pas, un jour prochain, peut-être.

Il n’a jamais laissé Cupidon le soumettre,
Il n’a jamais goûté sa flèche de velours,
Et puis, il avait peur qu’on pût le trouver lourd ;
De son coeur de sinople, il veut être le maître.

Son âme cependant ne cesse d’y penser :
Si d’un homme très sage il devenait le gendre,
Vers la Grande Lumière, il pourrait avancer.

Car, n’ayant pas en lui de sapience à revendre.
Il sait que son esprit n’est pas bien agencé.
Mais changer maintenant de vie… mieux vaut attendre.

Cochonfucius

Eros et Bacchus

Toile de Pieter Moninckx

Cupidon, freluquet, un litre te suffit
Pour te tromper de cible en décochant ta flèche ;
Et vraiment, chaque fois qu’un tavernier t’allèche,
Tes tirs à la raison sont autant de défis.

Cupidon, qui d’orgueil est quelque peu bouffi,
Ne reconnaît jamais qu’il est battu en brèche ;
Les coeurs mal assortis sous ses yeux se dessèchent,
Et le dieu leur sourit, de vanité confit.

Moraliser sur ça, je n’en ai point envie ;
Je dirai seulement : c’est ainsi ; c’est la vie,
On n’y comprend parfois plus rien, conclut Arvers.

Ça fait pourtant partie de l’honneur des poètes
De dire à Cupidon : n’offre point de conquêtes
Quant ton arc est tenu à tort et à travers.

Cochonfucius

Paisible vieillesse

Représentation de Dame Murasaki  紫式部

Cochonfucius a dit : un chien vivant vaut mieux
Que deux grands guerriers morts qui ne peuvent plus boire.
Quand il a dit cela, il était un peu vieux,
Et la mort le guettait du fond d’une urne noire.

Il a creusé sa tombe, à la face des cieux,
Dans un jardin alpin au bout d’un promontoire.
Dans Leconte de Lisle il lit des mots radieux,
Ouvrant les pages d’un coupe-­papier d’ivoire.

Parviendra­-t-­il un jour à versifier ainsi
Pour chanter ses amours et ses regrets aussi,
Le prince et le serpent, la rose et l’hirondelle ?

Envers Cochonfucius, la vie n’est pas cruelle,
Et chaque jour il rit, tout en buvant son thé,
Disant des mots subtils ou des insanités.

Cochonfucius

Bataille de verts daims

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image de l’auteur

On dit que les verts daims sont favoris des dieux ;
Ils gagnent les combats sans un seul coup de feu,
Partant se reposer avant le crépuscule
Même si l’adversaire est plus vaillant qu’Hercule,

Étant venus de l’Est, les verts daims sont subtils,
Aussi, Pline l’Ancien, jadis, en convint-il ;
Il vante leur courage, aussi leur brame grave,
Il dit : « Cet animal ne saurait être esclave ».

Ces terribles guerriers, de leur forêt venus,
À se faire un grand nom, déjà, sont parvenus ;
Et j’ai vu l’un d’entre eux, dans sa joie triomphante,
Qui semblait recueillir un baiser de l’Infante.

Cochonfucius

Trois taureaux justiciers

image de l’auteur

Le taureau de pourpre s’enflamme
Dans le plus redoutable feu,
Cela lui importe assez peu :
Il n’a pas bien chaud, quand il crame.

Le taureau d’argent aux yeux clairs,
Règne sur la terre embrumée ;
Il a trois vaches bien-aimées
Qu’il honore, été comme hiver.

Mais le taureau d’or, sous son charme
Tient le ciel en toutes saisons ;
Il ne permet ni trahison,
Ni les combats, même sans armes.

Cochonfucius

Le goût de la cervoise

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Je suis un aliment fait des meilleures plantes,
Je t’ai désaltéré, moine vêtu de blanc ;
Cela ne te valut aucun effet troublant,
Tout au plus ta prière en devint nonchalante.

Ne va point m’adoucir par du sirop de menthe,
Car cela ne convient qu’aux rêveurs indolents ;
Pas besoin d’essuyer le comptoir ruisselant,
Continue à verser, tavernière charmante.

Ici nous cultivons la sagesse profonde,
Ici nous répandons la parole féconde ;
Un ange du Seigneur ne pourrait faire mieux.

Quand la muse sera par la bière assouvie,
Quand nous l’écouterons nous raconter sa vie,
Nous aurons une idée de la grandeur de Dieu.

Cochonfucius

Cheval qui plane

Toile de Josephine Wall

Pégase, toujours jeune, aime encore voler
Et plonger vers le sol près des volcans qui fument.
La brise boréale ébouriffe ses plumes ;
Il contemple d’en haut les jardins bariolés.

Il traverse les mers tout droit, sans s’affoler ;
Il conserve son cap au milieu de la brume.
Tout au long d’une nuit son ardeur se consume ,
Puis un nouveau soleil s’en vient l’auréoler.

Pégase, emporte-nous vers la lointaine étoile
Que les gens de Bayeux ont brodée sur leur toile
En un trait aussi fin que celui d’un pinceau !

Nous danserons au ciel (ou ce seront nos ombres)
Comme, dans un jardin, d’aimables jouvenceaux ;
Plus rien dans notre coeur ne se montrera sombre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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