Monstre ravissant

Composition de l’auteur

Comètes vont le ciel de gueules allumant,
Suivant un long trajet qui presque s’éternise ;
D’un monstre du cosmos elles se trouvent prises,
Comme on en imagine, au Jour du Jugement.

L’abeille du destin voit ça sereinement,
Elle apprécie ce monstre et bien le favorise ;
Heureuse du succès de sa grande entreprise,
Elle note en son coeur ce grand événement.

Tout rempli, à présent, d’une énergie nouvelle,
L’animal fabuleux va rencontrer sa belle ;
Quels rejetons seront issus de leurs amours ?

Or, moi, qui ne suis pas un mangeur de comètes,
Je demeure en repos sur mon humble planète,
Me nourrissant de plats qui sont beaucoup moins lourds.

Cochonfucius

Familiarités

Composition de l’auteur

Robert nargue un peu ses potes,
Cultivateurs de carottes :
Il dit qu’ils sont près du sol
Où fleurit le trèfle fol.

Par le trèfle et les abeilles,
Quel miel ! une vraie merveille ;
C’est pour mettre sur du pain,
À la pause, entre copains.

Robert nargue un peu Gribouille,
Disant que c’est une andouille ;
Mais c’est un lion, par ailleurs,
Le plus fort et le meilleur.

Cochonfucius

Dernier jardin

Image de Stéphane Cattaneo

Vous respirez la paix, tombeaux de pierre grise ;
Depuis déjà longtemps, j’aime cette couleur.
J’aime aussi la chanson des arbres dans la brise
Et l’ombre des chemins où surgissent des fleurs.

Les morts n’entendent plus ce que les oiseaux disent,
Ou pensif rossignol, ou moineau querelleur ;
Ils n’entendent pas plus le prêtre en son église,
Cet espace et ce temps, ce ne sont plus les leurs.

Le vivant se console en la boisson vermeille,
Contemplant au jardin la course des abeilles
Qui semble, à ce moment, figure de l’espoir.

Le cimetière, un point dans l’univers immense,
Groupe vivants et morts dans un même silence
Sous le ciel printanier, qui bientôt sera noir.

Cochonfucius

Petit hexapode

ab-or

image de l’auteur

L’abeille explore la nature,
Une boussole la conduit
Par les jardins, quelle aventure !
Il faut rentrer avant la nuit.

Ah ! son moral jamais ne sombre.
Cet hexapode est fort petit,
Mais ne craint le soleil, ni l’ombre,
Ni par l’oiseau d’être englouti.

Tu peux survoler un abîme,
Tu peux monter au firmament ;
Ta vie pourrait être sublime,
On te prend ton miel, seulement.

Cochonfucius

Sainte Tortue

image de l’auteur

J’accomplis mon lent et calme trajet
Sous la protection de Saint Jean-Baptiste ;
Je pose avec lui pour son portraitiste,
Lequel fut heureux d’un pareil sujet.

D’annoncer un Maître il eut le projet,
Peut-être formé chez les talmudistes ;
Je sais qu’il en parle à des héraldistes,
D’un petit sonnet cela fait l’objet.

J’en discute avec mon amie la Chèvre
Sous l’autorité du professeur Lièvre ;
Un peu de laitue, c’est notre repas.

Ce que nous disons, nul ne va l’écrire,
Ça vous aurait fait peut-être un peu rire ;
Mais tracer des mots, nous ne savons pas.

Cochonfucius

Oiseaux gardiens du Royaume

image de l’auteur

Nous gardons notre Roi de toute forfaiture,
Notre charmante cage a des barreaux d’or fin ;
Notre chant divertit Monseigneur le Dauphin,
Déjà bon connaisseur, mais encore immature.

Un artiste de cour fit de nous des peintures,
Nous posâmes pour lui, ensemble, à cette fin.
Il nous a donné l’air de deux beaux séraphins,
Il fut récompensé d’un pot de confiture.

Nous fûmes admirés par un vieux Duc normand,
Lequel nous amusa d’un miroir déformant ;
Un noble théâtreux nous fit monter sur scène.

Notre vie (jusqu’ici), c’est un enchantement,
Qui peut-être pourra durer pareillement
Si notre nourriture est abondante et saine.

Cochonfucius

Rose éléphantine, rose baleinière et rose volante

Image du blog Herald Dick Magazine

La rose éléphantine en la plaine est en marche,
Sa fleur est gigantesque et s’ouvre comme une arche ;
Jamais elle ne craint la licorne-bélier,
Sa tige monte au ciel, comme un vivant pilier.

La rose baleinière, en l’immensité bleue,
Au long des froids courants traîne sa belle queue ;
Elle garde son cap, comme une nef d’airain,
Complice de l’orage et des monstres marins.

Mais ma fleur préférée, c’est la rose volante
Qui plane dans le ciel des oasis brûlantes ;
Elle rit, peu lui chaut que le sol soit de roc,
Pour elle, une charrue n’usera pas son soc.

Cochonfucius

Dévoreur de taureaux

image de l’auteur

— Viendrez-vous savourer quelques taureaux, Madame ?
Nous pourrions grignoter quelques béliers aussi ;
De pâtre ni berger, nous n’aurons point souci,
Car je sais insuffler la terreur dans leurs âmes.

— Ce serait malaisé, lui répondit la femme,
Je n’en mangerai point ; mais je vous dis merci.
Le pâtre et le berger qui là-bas sont assis
Sont mon père et mon frère, et je craindrais leur blâme.

En entendant cela, le monstre s’est enfui ,
Faisant quelques arrêts pour boire l’eau des puits ;
Car la belle inconnue décevait son attente.

— Flûte ! On ne sait jamais si ces humains plaisantent,
Je m’en vais avaler la prochaine passante ;
Je vois rire un taureau, ma foi, tant mieux pour lui.

Cochonfucius

Petit esquif de sinople

image de l’auteur

La déesse voulut des sirènes la voix
Écouter une fois, par simple jalousie ;
Or, minuscule fut la nef qu’elle a choisie,
Dont mince fut la toile et frêle fut le bois.

Le nautonier savait des quatre vents les lois,
Aucun sort ne pouvait le frapper d’amnésie ;
Le voyage se fit sans nulle fantaisie,
Car Neptune en ces jours était digne de foi.

Ils ont vogué trois nuits sous les pâles étoiles,
La brise du ponant toujours enflait leur voile ;
Mais la déesse a vu se transformer son corps.

Tes jambes que remplace une queue sinueuse,
Ta voix qui maintenant lance de purs accords ;
Tu es reine et poisson, hybride et monstrueuse !

Cochonfucius

Tour métastable

image de l’auteur

Précaire est mon appui sur la terre embuée,
Mon ossature craint la colère des cieux ;
J’appelle à mon secours un tas de petits dieux,
Mais il en vient fort peu, ce n’est pas la ruée.

Mes salles l’autre jour furent évacuées,
Mes maîtres sont partis pour je ne sais quel lieu ;
Pour moi, j’ose espérer qu’ils s’y trouveront mieux
Et qu’ainsi leur sera la paix restituée.

Vais-je donc m’écrouler par un triste matin ?
Un prêtre viendra-t-il me bénir en latin ?
Un barde écrira-t-il sur ma chute une fable ?

Je suis la franche tour, la pierre qui ne ment,
Un modeste vestige et pas un monument ;
Avec moi se perdra ma sagesse ineffable.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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