Fleurs du roi

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Nous contemplons les fleurs royales
Dans cette douceur automnale ;
Le long blason prend les couleurs
De cette profusion de fleurs.

La reine, en solides chaussures,
Vient ramasser les pommes mûres ;
De ce verger sombre, on dirait
Que c’est un arpent de forêt.

Un petit page suit de près
La reine aux champêtres apprêts ;
Marchant sur quelques feuilles mortes,
Le sac de fruits, pour elle, il porte.

Cochonfucius

Ailes déventées

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Moulin démesuré, voilure colossale,
Mais le vent par ici ne souffle plus du tout ;
Sur le manque de blé veille un maigre matou,
Et sur la meule qui d’Eole fut vassale.

Au coin du bois le pâtre entend hurler un loup,
Mais il n’en pense rien, cette chose est normale ;
Ici chantent toujours quelques voix animales,
Le vieux moulin s’endort aux notes du hibou.

Le meunier qui jadis valait plus qu’un orfèvre
Est parti s’exiler en des terres de fièvre ;
Sa chemise est toujours imbibée de sueur.

Quand vient un calme plat, nous sommes sans défense,
L’intelligence en nous n’est plus qu’une lueur
Éclairant vainement du grand souffle l’absence.

Cochonfucius

Renard et dragon

Composition de l’auteur

Le dragon de sinople aime narguer la loi ;
Il projette en avant sa langue de vipère
Et trompe ses amis, ses compagnons, ses frères,
En déployant sa ruse et sa mauvaise foi.

Le doux renard d’argent est défenseur du droit ;
Pour servir le royaume, il a quitté son père,
Pris par son sacerdoce, il ne voit plus sa mère ;
Il combat le parjure, en adversaire adroit.

S’il avait, ce dragon, l’esprit de pénitence,
On lui pardonnerait peut-être ses offenses ;
Mais son hostilité s’aggrave nuit et jour.

Au terme d’un procès qui prendra trois journées,
Il devra s’embarquer pour de longues années,
Unique passager sur la nef sans retour.

Cochonfucius

Songe d’un vieux roi

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Un songe est survenu dans le repos royal :
Le corps du roi s’envole à travers sa couronne,
Devient chauve-souris, aux brises s’abandonne,
Mieux déguisé que par l’habit de carnaval.

Le vieux roi, transformé, se trouve si léger
Qu’il ne désire plus reprendre forme humaine ;
Il se voit bien plutôt voletant sur la plaine,
Oubliant le royaume, et cessant d’y songer.

Cochonfucius

Bouddha du Bouscat

image de l’auteur

Toujours, quand je médite, on croirait que je dors,
Saint Paul mardi dernier le disait à Saint Pierre ;
Mais en réalité, je reçois la lumière
D’un monde parallèle où le silence est d’or.

Je quitte pour un temps la terrestre poussière,
J’entends d’étranges sons qui transcendent mon corps ;
L’univers se recrée derrière mes paupières,
J’écoute du cosmos les splendides accords.

L’enivrante sagesse est tout sauf éternelle,
Mais sa chaleur emplit l’enveloppe charnelle ;
D’un voyage étonnant j’ai fait le premier pas.

(Ce Bouddha du Bouscat quelquefois se promène,
Il peut danser aussi, tel un énergumène ;
Paisibles sont ses nuits, sobres sont ses repas).

Cochonfucius

Alliance

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Toile de Remedios Varo

J’errais dans l’univers, comme font les cloportes
Quand, par la fantaisie d’un vagabond parcours,
Ils ont quitté la paix des jardins et des cours
Pour le sol d’un palais aux mille et une portes.

Mon âme s’inquiétait sous la lumière forte :
Nul plan, nul guide ici pour me porter secours.
Je visitais les lieux, songeur, le souffle court.
Meubles, tapis, rideaux, trésors de toute sorte…

Autant qu’admiratif, j’étais rongé de doute :
Au travers du décor, comment tracer ma route ?
Où trouver dans ces lieux un mentor, un allié ?

C’est là que je reçus un clin d’oeil, un message :
Vautré de tout son long, imperturbable et sage,
Un petit chat gardait le coin de l’escalier.

Cochonfucius

Aloysius aquaticus

Toile de Waterhouse

C’est la nuit que l’ondine approche des rivages ;
Encore lui faut-il un long drap de nuages
Pour ne point trop montrer son obscure beauté.
Prenez bien garde, au moins, vous par elle enchantés !

L’ondine suit les flots sans besoin de navire
Et chante sa chanson sans toucher d’une lyre.
Elle aime la chaumière, elle aime le manoir,
Elle aime le dormeur qui frémit dans le noir.

Ne lui dites jamais le nom de votre père ;
Ne lui révélez pas que vous avez un frère,
Et ne la suivez point pour nager quelques brasses.

Ou dissimulez-vous dans l’ombre d’une église,
Comme on cache un trésor dans une toile grise ;
Vrai moyen d’échapper à l’ondine vivace.

Cochonfucius

Chercheur d’or

Photographie anonyme

Chercheur d’or, essayant de rester impassible
Devant le flot de boue que t’oppose le sort,
Tu laisses ton esprit reprendre son essor
Même si l’horizon n’affiche aucune cible.

Dans ce monde onirique aux couleurs indicibles,
Les chemins sont trompeurs, car ils n’ont pas de bords.
Mais, te laissant flotter sans l’ombre d’un effort,
Tu as su parvenir aussi loin que possible.

Un trésor près d’ici, ce n’est guère plausible.
Nos travaux, cependant, sont loin d’être risibles :
Ils nous ont fait aimer la lumière du Nord.

Ils nous font distinguer plusieurs sortes de cribles,
Brandir des lumignons dans cette nuit terrible,
Et, peu avant le jour, arriver à bon port.

Cochonfucius

Griffon marin

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Monstre peu convaincant, je ne suis pas bien gras,
Je n’ai jamais été le roi des Lupercales ;
Je serais plutôt fait pour la vie monacale,
Mais je crois que l’Abbé n’a pas besoin de bras.

Une ondine jadis me vit et m’admira,
Mais cela fut contraire aux lois patriarcales ;
J’ai toujours respecté les coutumes locales,
Qu’importe le bonheur que mon coeur désira…

Mon parcours fut prudent, mais ne fut pas sans faute,
À de troubles penchants mon âme a servi d’hôte ;
Mais la plupart du temps, je ne fis rien de vil.

La pente du déclin, qu’à présent je dévale,
Me fait presque oublier l’ondine et ses rivales ;
Mon coeur est délicat, mais il n’est point subtil.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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