Ours mal léché

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C’est un ours négligent, la fourrure en bataille,
Ses voisins forestiers le traitent d’allumé ;
Le pluvian gotlibien, son comparse emplumé,
Le trouve bien gentil, mais sauf quand il déraille.

Il aime se vautrer sur un lit de broussailles,
Ce dont, assez souvent, son poil est élimé ;
Ne croyez surtout pas qu’il en soit déprimé,
Lui dont, par tous les temps, l’optimisme est sans failles.

De fruits mûrs en automne il se fait un festin,
Il dit que c’est parfait pour soigner l’intestin ;
Il apprécie surtout la saveur des prunelles.

De la postérité le futur jugement,
Il préfère, dit-il, l’ignorer sagement,
Le trouvant plus léger que n’est la coccinelle.

Cochonfucius

Cérémonie propitiatoire

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Le barde chante un air auprès de la falaise ;
Le vent rythme ses mots par des coups de bélier
Que, turbulent ce jour, il veut multiplier.
Le soleil déclinant semble une rouge braise.

Le barde, bien vêtu, dans ce souffle est à l’aise,
Comme un petit poisson au fleuve hospitalier ;
Il chante pour le peuple un récit familier
Sur un air qui évoque une ballade anglaise.

Il chante les conflits des nobles Immortels,
La lourde chair des boeufs posés sur les autels
Sans que soit leur querelle, à la fin, résolue ;

Le vin que boit le prêtre, attablé dans un pré,
D’une amphore au clergé saintement dévolue,
Lui faisant, quelque peu, le visage empourpré.

Cochonfucius

Obscur sanctuaire

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Tu vois ici l’autel de l’Ondine immortelle
Dont le corps à présent nous restera caché ;
Ses prêtres ont déjà péri sur le bûcher,
Vers ce temple sacré leur âme revient-elle ?

Or, l’ondine poursuit sa vie surnaturelle,
Ses amis, cependant, ne peuvent l’approcher ;
Ils ont cru voir son corps assis sur un rocher,
Le plus subtil d’entre eux en fit une aquarelle.

Sa langoureuse voix, vibration d’un cristal,
Ne nous a plus parlé depuis ce jour fatal ;
Son plus jeune amoureux fort vainement l’appelle.

Absente dans la nuit, absente dans le jour,
Nous ne l’entendrons plus dire des mots d’amour ;
Alors nous l’évoquons dans la sombre chapelle.

Cochonfucius

Fougère à sortilèges

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La fougère possède un pouvoir redoutable
Qui lui fut conféré par l’éleveur de loups ;
Ne la cueille jamais, ton coeur deviendrait flou
Et le déclin pour toi serait inéluctable.

Ce sort ne peut toucher le petit goupil roux,
Lui que la fée Morgane avait fait connétable ;
Martin Luther le dit dans ses Propos de Table,
Au chapitre traitant des moeurs du loup-garou.

La sorcière du bois, vieille dame ridée,
Sur toute cette histoire aurait quelques idées ;
Cependant, son projet pourrait tomber à l’eau.

La fougère jamais n’a provoqué de drame,
Elle qui nullement n’a le goût du mélo ;
Ton coeur restera ferme et gardera sa flamme.

Cochonfucius

Planète Satsurprandra

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Tandis que je parcours les mondes impossibles,
Un rêve à ma vision se trouve entrelacé ;
Une obscure planète aux océans glacés,
C’est là que me conduit ma chute irréversible.

Vers les côtes s’en vont des fleuves impassibles
Dont la crue peut soudain des villes effacer ;
Les rares habitants, s’ils en sont menacés,
Tirent de vilains mots de leurs coeurs irascibles.

Ceux qui naissent ici s’envolent sans regrets
Loin des lieux sur lesquels leur âme tire un trait ;
Des textes fort anciens narrent leurs aventures.

Repartirai-je un jour, je ne peux le savoir,
Par plusieurs faux passeurs je me suis fait avoir ;
Je trouve, en attendant, refuge en l’écriture.

Cochonfucius

Maître Coq à la fleur de l’âge

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Le noble Maître Coq est plutôt vigoureux,
Sa lourde charge est loin d’être une sinécure ;
Mais il dort calmement, dans les heures obscures,
Lui qui n’est nullement un nocturne amoureux.

Son appel matinal montre qu’il est heureux,
Son âme est affermie, mais elle n’est point dure ;
Sa poule préférée dit « Pourvu que ça dure »,
Couvant de son regard cet oiseau valeureux.

C’est un maître indulgent, ce n’est pas un barbare ;
Tel un navigateur qui sait tenir sa barre,
Il trace son chemin dans la sérénité.

Il va droit devant lui, toutes peurs abolies,
Méditant des propos de sagesse et folie ;
Il comprend que son temps n’est pas l’éternité.

Cochonfucius

Clé d’un petit roi prudent

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Dans cet obscur placard est mon sceptre doré,
Puis quand je vais dormir j’y pose ma couronne ;
J’y range par ailleurs les rubans qu’on me donne,
Même ceux que jamais je ne veux arborer.

En bas, c’est un tiroir pour mon glaive acéré
Que je sors du fourreau quand le destin l’ordonne ;
Aussi l’anneau divin, qui point ne m’abandonne,
Et la chape de bure et le bâton ferré.

Ça ferme avec ma clé, protectrice fidèle,
Faite de bon métal, noble en est le modèle ;
Vainement l’on viendrait mon placard assaillir.

Ce n’est pas un réduit, c’est une forteresse
Bien digne d’abriter Artémis chasseresse ;
Je suis un roi prudent, je ne saurais faillir.

Cochonfucius

André Chénier

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Création de Scott Schwab

André, que penses-tu, au dernier de tes jours ?
Une étrange machine arrêtera son cours.

Parmi les spectateurs, certains, avec délices,
Disent qu’il s’agit là d’un juste sacrifice,
Que la Révolution se nourrit de combats
Et tue des citoyens qu’on ne regrette pas.

Tu vois dans la hauteur une lame luisante.
La Terreur, qui voudrait se montrer séduisante,
La Terreur, produisant tant de tristes soupirs,
Va te rendre immortel au moment de mourir.

Cochonfucius

Horloge décennale

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Composition de l’auteur

Aragnes du cadran, vous tissez sans nul bruit,
Vous marquez tour à tour une décennie lourde
Dont vous signez la fin, de votre énergie sourde,
Puis ce sera le soir, et surgira la nuit.

Le silence contient le flot du temps qui fuit,
Flot qu’on ne peut capter pour emplir une gourde ;
Une aragne en tissant ne commet point de bourdes,
Témoin l’éclat du fil qui au clair matin luit.

En rêve, quelquefois, se montre la pâleur
D’un visage perdu, qui fut cher à mon coeur ;
Un regard de jadis, que ne rend point la tombe.

Ces fragments du passé, que l’on ne peut revoir,
Vainement je les cherche au profond du miroir :
Autant chercher dans l’air la trace des colombes.

Cochonfucius

Jardin des sortilèges

othi

image de l’auteur

Au jardin des lutins sont quelques fleurs d’amour,
Ça ne leur sert à rien, vu qu’ils sont zérogames ;
Aux ondines du lac ils ne font point la cour,
Ils n’auraient pas de mots pour déclarer leur flamme.

J’admire ce jardin dans la douceur du jour,
Le mutisme des fleurs réconforte mon âme ;
Le temps des floraisons est, je le sais, bien court,
Mais plus courte est parfois la faveur d’une dame.

D’un jour, même un peu bref, savourons la clarté,
Admirons longuement d’une fleur la beauté,
Laquelle est périssable, et non pas mortifère.

Eros de Thanatos ne sera pas vainqueur ;
Un seul des deux reçoit l’hommage de mon coeur,
Quant à savoir lequel, cela vous indiffère.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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