Les compagnons

compagnon

Toile de Foujita Tsuguharu

Ici je ne dis pas la passion exclusive
Mais le plaisir d’avoir des compagnons marrants
Des compagnes aussi embellissant les rangs
D’un groupe rassemblé pour les heures oisives .

L’un produit une idée amusante incisive
L’autre la continue par un mot hilarant
Un troisième lui donne un éclat différent
L’écriture en effet peut être collective .

Un forum certains jours est ainsi qu’une auberge
Ou d’un frais ruisselet la séduisante berge
Qui voit plein de copains venir et s’en aller.

Mettre mes propres mots entre les mots d’une autre
Voir émerger le son d’un poème le nôtre
Combien de fois mon âme à ce jeu a brûlé.

Cochonfucius

Extase du hérisson

otgi

image de l’auteur

Petit être amoureux d’une déesse vierge,
Il se trouve auprès d’elle un humble vermisseau ;
Il lui offre un poisson qu’il tira du ruisseau,
Lequel imprudemment passa près de la berge.

La déesse préfère un gigot de l’auberge,
Elle qui se nourrit surtout de fins morceaux ;
Pour un astral Poisson, pour son voisin Verseau,
Elle n’exige point qu’on allume des cierges.

L’âme du Hérisson jamais ne devient sombre,
Lui qui n’est pas surpris de se trouver dans l’ombre ;
Tu ne le verras point courir en aboyant.

Il sait se contenter des insectes qu’il ronge,
Puisque, finalement, son amour n’est qu’un songe.;
Il en garde pourtant le reflet flamboyant.

Cochonfucius

Chanson du Pinard

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Toile de Gerrit Dow

C’est le le pinard qui fait, dans sa bonté profonde,
Qu’on n’a pas froid l’hiver.

C’est lui qui rend toujours la parole féconde
Et flamboyants les vers.

C’est lui qui rend soudain ma royauté flottante
Et mon calme animé.

Et c’est le lapin gris qui murmure à l’amante :
Voici le bien-aimé.

C’est lui qui fait courir au gré des oriflammes
Les criquets belliqueux,

Et qui fait voltiger sur le cou blanc des femmes
Les algues des cheveux.

Et par lui, les criquets sont en lourdes nuées
Noyés dans la boisson.

Les phrases aux criquets parviennent, remuées,
Comme autant de frissons.

Il peut t’accompagner sur les noires collines
Ou sur la vaste mer.

C’est le breuvage épais de la dinde divine,
L’esprit de l’univers.

Il va, toujours joyeux, dans son immense empire,
En tous lieux à la fois,

Renouveler le boire à tout ce qui respire,
Et à tout ce qui boit.

Et dans le froid concert des forces éternelles,
Seul, il chante joyeux,

Errant comme un voleur, libre comme les ailes,
Et beau comme les yeux !

Cochonfucius

Enfant d’ondine et de griffon

otfi

image de l’auteur

Je suis l’ondin-griffon, monstre des temps anciens,
Ma mère avait les traits d’une charmante fille ;
On en trouve un reflet dans mon regard qui brille,
Mon corps, tu peux le voir, est plus lourd que le sien.

Mon père voltigeait dans le ciel alsacien,
Sans vouloir à tout prix fonder une famille ;
Mais comment résister à l’ondine gentille ?
Impossible, m’ont dit les meilleurs logiciens.

Aujourd’hui, donc, je plane et puis je nage aussi,
Dans l’onde ou dans les airs n’éprouvant nul souci ;
Je vois s’évaporer les défuntes années.

L’ondine qui jadis sur son coeur m’a serré,
Son souvenir jamais ne doit être enterré ;
De sa frêle douceur la fleur n’est pas fanée.

Cochonfucius

Troisième art poétique

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Toile de Giorgio de Chirico

Heureux qui peut reprendre une oeuvre très ancienne
Et lui faire porter un contenu nouveau,
Cherchant à faire mieux que ses nombreux rivaux
Ou bien laisser chanter la voix qui est la sienne…

La forme nous inspire et les contenus viennent
(Et c’est surtout par eux que le poème vaut).
On peut passer des nuits à ces plaisants travaux
Qui nous font découvrir à quoi nos pensées tiennent.

Un coup de nostalgie, la sagesse d’une huître,
Le bonheur sans argent, l’escargot sur la vitre…
Innombrables pour nous foisonnent les motifs.

Le sujet est présent, prenons garde à la forme,
Mais cela ne va pas être un effort énorme :
Quand le plaisir l’excite, un esprit est actif.

Cochonfucius

Un horloger aveugle

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Photographie anonyme

Horloge aux mouvements altiers,
Tu n’inscris pas un nombre entier
De jours dans un an de la Terre.
Horloger faiseur de mystères,

Toi que le fils du charpentier
(Maître d’amour et de pitié)
Prétendait être son vrai Père,
Quelle horloge as-tu voulu faire?

Est-ce pour nous donner conscience
Du besoin de calcul, de science,
De mesure et d’observation ?

Mais une fois sur cette route,
Forcément nous avons des doutes :
Es-tu la bonne explication ?

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre explorateur

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image de l’auteur

Piaf-Tonnerre, en chemin du matin jusqu’au soir,
Traverse au fil du jour une étrange savane ;
Il n’a point de porteurs et point de caravane,
Il n’a point pour boisson le nectar du pressoir.

Il n’est pas missionnaire, il n’a pas d’ostensoir,
Tu n’entendras de lui que des discours profanes ;
Mais il porte un espoir qui jamais ne se fane,
Consacré par le ciel, et non par l’encensoir.

Son oeil plein de malice observe ce qui bouge,
Y compris des lézards qui, dans le couchant rouge,
S’affrontent noblement en combat singulier.

À l’heure où le décor de brume s’enveloppe,
Il partage son gîte avec une antilope ;
Cet être par moments se montre hospitalier.

Cochonfucius

Aigle-thon serein

oteg

image de l’auteur

La lourde créature atterrit en douceur,
Du fait que sa portance est sagement dosée ;
C’est l’aigle-thon des monts, le buveur de rosée
Qui point n’est prédateur, mais juste un peu farceur.

Du profond inframonde il connaît la noirceur
Qui parfois en splendeur est métamorphosée ;
Son âme en de tels lieux n’est pas décomposée,
Il y entre et en sort comme un subtil passeur.

Il va dans l’antimonde où les miroirs débouchent ;
Tu ne l’y verras pas faire la fine bouche,
Dès qu’il lit « mangez-moi » il en est bien content.

En hiver le dragon le chauffe de sa flamme,
Ça lui ravit le coeur, ça lui conforte l’âme,
Ça l’emplit d’un bonheur qui peut durer longtemps.

Cochonfucius

Cécile voit un square

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Image anonyme

Marcher, entouré d’un horizon de collines,
Parcourir les sentiers envahis de racines ;
Voir le martin-pêcheur emporter un poisson,
De mille sensations engranger la moisson…

Une telle existence est purement divine,
Mais je ne la vis point, non ; je me l’imagine
Quand je traîne, rêveur, alors que les bois sont
Loin de la ville où j’ai mon débit de boissons.

C’est vrai qu’elle sont loin, les obscures forêts ;
Qu’elle n’est point ici, l’eau verte des marais ;
Il me suffit pourtant de voir tomber la feuille

Au square parisien, d’entendre un cri d’oiseau
Sur la Seine qui va, le soir, gonflant ses eaux,
Pour me croire au jardin où mon coeur se recueille.

Cochonfucius

Argent et sable de rivière

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Image d’Herald Dick

Cette rivière est sans histoire,
Pas de quoi s’en effaroucher ;
Elle franchit, sans y toucher,
De fort paisibles territoires.

Suivant son cours aléatoire,
Elle se tient loin du péché ;
Elle joue le jeu, sans tricher,
De la douceur c’est la victoire.

Près d’elle, des oiseaux joyeux
Vêtus d’un plumage soyeux
Se manifestent et s’ébrouent ;

En elle, des poissons épars
Nagent dans les règles de l’art ;
Jamais la surface ils ne trouent.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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