Chevaliers aquatiques

poissons-52

Image d’Herald Dick

Deux chevaliers d’argent près du fond de la mer,
Baignant leur bonne humeur loin du vaste ciel clair ;
En ce jardin marin que le corail décore,
Ils récitent des vers en attendant l’aurore.

Peut-être, un peu plus tard, en oiseaux se changeant,
Ils porteront aux cieux leur armure d’argent ;
Ou même, ils marcheront, tout au long de la plage,
Pour voir qui trouvera le plus beau coquillage.

Deux chevaliers d’argent qui ne savent s’ils sont
Volatiles du ciel, promeneurs ou poissons.

Cochonfucius

Ambicygne imperceptible

otdg

image de l’auteur

À peine si mon corps réfléchit la lumière,
D’être un oiseau discret je peux bien me vanter ;
On m’a pris quelquefois pour un monstre inventé
Au-dessus d’un comptoir par un buveur de bière.

J’aime arpenter la friche et contempler le lierre,
C’est un végétal noble et que nul n’a planté ;
Lilith au temps jadis buvait à sa santé,
Elle dont un vent tiède emporta la poussière.

J’ai pris pour compagnons des animaux rustiques
Qui ne tiennent jamais de propos sarcastiques ;
Je bavarde avec eux dans le couchant vermeil.

Pas un seul d’entre nous n’est un cracheur de flammes,
Mais dans la paix du coeur et le repos de l’âme,
Nous attendons l’aurore et n’avons pas sommeil.

Cochonfucius

Griffon qui rêve

otde

image de l’auteur

Je crois qu’un autre songe en mon rêve s’imbrique,
Cet univers devient trop bizarre à mes yeux ;
Mon corps et mon esprit sont maintenant trop vieux
Pour digérer en paix ce délire onirique.

Mon âme croit entendre une étrange musique,
Un grondement plus fort que l’orage des cieux ;
Mon coeur est transporté vers de magiques lieux,
Savourant l’élixir qui le rend amnésique.

Je crois voir le plafond d’une obscure maison,
Murs dépourvus de charme, hôpital ou prison ;
D’un théâtre effrayant ce peut être la scène.

Je trouve tout cela tiré par les cheveux ;
Mais après tout, je peux m’éveiller quand je veux,
Ce qui est bien commode en cas de rêve obscène.

Cochonfucius

Grandeur du créquier

otce

image de l’auteur

Cet arbre qui charmait la princesse d’Orange,
Il en fut estimé autant qu’un souverain ;
Dans la bise glaçante ou sous le ciel serein,
Il se dresse au jardin, digne comme un archange.

Nous récoltons ses fruits à la saveur étrange,
Qu’on peut accompagner d’un vieil alcool de grain ;
La petite princesse en offre à son parrain
Qui plein de gratitude à son dessert les mange.

Platon dit qu’il provient de nos lointains confins,
De la grève sauvage où dansent les dauphins
Qui veulent divertir l’ondine inassouvie.

Heureux celui qui voit un créquier chaque jour
Et se repose auprès de cet arbre de vie
Qui de charmants oiseaux abrite les amours.

Cochonfucius

Lettres des antipodes

otbe

image de l’auteur

Cet alphabet naquit dans une grotte sombre,
Seuls trois explorateurs en ont franchi le seuil ;
Ils furent envoyés par Jean de Roquefeuil
Dont l’antique logis de vestiges s’encombre.

C’est un code qui vaut pour les mots et les nombres,
Ses quelques déchiffreurs rencontrent des écueils ;
Car plus d’une lacune est dans leur grand recueil,
Des fragments de discours qui resteront dans l’ombre.

Ce texte du passé parle d’on ne sait quoi,
Je peux y déceler comme un humour narquois :
Peut-être évoque-t-il des coutumes éteintes.

Un vicomte en orna les murs de son manoir ;
Arrangé en façon de fresque en demi-teinte
Qui prend un bel éclat dans le soleil du soir.

Cochonfucius

Planète accablante

otbc

image de l’auteur

La nef cosmique accoste une planète morne,
Car pour nous rendre ailleurs nos efforts furent vains ;
Les gens de cet endroit n’ont que du mauvais vin,
Chose qui peut conduire au désespoir sans bornes.

Un roi nous accueillit, soufflant dans une corne,
Pas vraiment élégant (bien que de droit divin) ;
Il fit délibérer sur nous quelques devins
Dont les obscurs propos de rhétorique s’ornent.

Un vieux mage a dit « Roi, ne les mets point à mort,
Ces êtres ne sont pas porteurs d’un mauvais sort. »
Là-dessus, l’échanson nous verse un coup de rouge.

Déjà, ce n’est pas mal de s’en sortir vivants,
Donc nous ne ferons point la grimace en buvant
Sous l’oeil de ce sorcier dont pas un cil ne bouge.

Cochonfucius

Jeanne

00-saint-evre_joan-of-arc-before-charles

Toile de Gilot Saint Evre

Quand Jeanne devint prophétesse,
L’homme dont elle était la nièce
Se montra quelque peu moqueur.

« Mettras-tu les Anglais en pièces ?»
Demande-t-il avec candeur.

Jeanne, à qui les voix séraphiques
Ont dit de n’avoir nulle peur,
Répond à ce contradicteur :

« Soit en guerre, soit pacifiques,
Gens de France vaincront demain,
Puisque Dieu leur prête la main. »

« Jeanne, mets-toi donc en campagne,
Si tu crois en ce Dieu sauveur ;
Mais garde-toi des traits vengeurs
Des soldats de Grande-Bretagne. »

Cochonfucius

Amphisbène de sinople

otac

image de l’auteur

Entre mes deux cerveaux règne un fort décalage,
Je suis un amphisbène, un poisson mal fichu ;
Je ne refuse point le sort qui m’est échu,
Car, j’en ai l’impression, ça se calme, avec l’âge.

Au flot de mes désirs cela fait un barrage,
Mon coeur est prisonnier entre des doigts crochus ;
Ça fait rire un démon, danseur aux pieds fourchus,
Je ne sais quel gibier l’attire en ces parages.

J’ai parlé de la chose à des oiseaux de l’air,
Sans le moindre souci parcourant le ciel clair ;
Alors, ils ont souri, mais sans me contredire.

J’ai goûté cependant les plaisirs d’ici-bas,
Avec mes compagnons j’eus d’amusants débats ;
Ce furent des leçons qui me ragaillardirent.

Cochonfucius

Grande marée de Seine

paris_-non_fluctuat

Image du blog Herald Dick Magazine

Le long du boulevard, les flots baignent les arbres,
Ça ne fait que monter depuis quarante jours ;
La Sorbonne a baigné ses durs perrons de marbre
Dans le courant liquide où flottent des corps lourds.

Les poissons, visitant la salle des banquets,
Contemplent, fort curieux, les débris des naufrages ;
Du ciel, l’inondation multiplie le reflet,
Le fleuve a découvert quelques nouvelles plages.

De nouveaux ruisselets, puis, de nouveaux étangs
Où le castor avec la grenouille s’invite ;
La grande cataracte, au lointain, je l’entends,
C’est tout près de chez moi, la Bièvre qui palpite.

Cochonfucius

Feuille de gueules

otz

image de l’auteur

La tache rouge auprès d’un mur de pierre grise
Est une feuille morte à la vive couleur ;
Nous la voyons, songeuse et calme dans la brise,
Elle qui ne pourra voir le retour des fleurs.

Nous ne comprenons point ce que les feuilles disent,
Elles dont les propos ne sont pas sans valeur ;
Et vous n’y trouverez jamais de paillardise,
Car bien peu d’âmes sont plus pures que les leurs.

La jeune feuille pousse, et ça nous émerveille,
En la voyant venir le printemps se réveille ;
Sa couleur de sinople, elle dit notre espoir.

Les feuilles par milliers sont sur cet arbre immense,
Le soleil les caresse et la vie recommence,
Dont le grand coeur battra quand le ciel sera noir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.