Tour d’azur grandiose

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image de l’auteur

Ici la tour d’azur magnifique se dresse,
Ses antiques vitraux s’éclairent chaque nuit ;
Un fanal de sinople au-dessus du toit luit
Et chantent en latin les nonnes et l’abbesse.

La nuit se fait profonde et la fête ne cesse,
Par des mots bien choisis plus d’un coeur est séduit ;
Au couvent grandiront de ces amours les fruits,
Apprenant le labeur, évitant la paresse.

Il n’en est plus ainsi, ces temps sont loin de nous,
Le rire est moins présent, l’air n’est plus aussi doux,
C’est ici la saison des peurs et des alarmes.

Notre âme cependant se forge en ces tourments
Car nous les endurons assez sereinement,
Toute vie a du sens, toute époque a son charme.

Cochonfucius

Pique-nique en inframonde

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Toile de Picasso

Apollinaire en plein rêve
Met sa tenue de combat ;
Mais un orage s’élève,
Ou bien, c’est son coeur qui bat.

Il descend au souterrain,
Guidé par une grenouille,
Mais son délire est sans frein,
Son esprit part en quenouille.

Reçu par la dame fine
Dans sa chambre au papier gris,
Il déguste une amandine,
Dessert dont il est épris.

Terminant par l’entrecôte,
Il dit la bénédiction
Pour ce jour de Pentecôte,
Respectant la tradition.

Toi, même en dormant, Guillaume,
Tu nous épastrouilles bien !
Je crois qu’il vaut un royaume,
Ton esprit rabelaisien.

Cochonfucius

Longue route

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image de l’auteur

Pour se rendre là-bas, ça nous fait une trotte,
Donc nous devrons rouler jusqu’au soir ténébreux ;
Nous planterons la tente au coeur d’un bois ombreux,
Sauf si nous préférons dormir dans une grotte.

D’ainsi m’accompagner, je remercie mes potes,
Eux qui (presque toujours) se montrent généreux ;
Pénible est ce trajet, s’il n’est pas dangereux,
Chacun de nous se plaint d’en avoir plein les bottes.

Je ne sais plus d’où sort ce projet saugrenu,
Je n’en ai même plus un souvenir ténu ;
Mais d’un pareil oubli je ne fais pas un drame.

En arrivant au but, nous serons indécis,
Mais vraiment, peu nous chaut, les choses sont ainsi,
On nous attend là-bas, c’est bien loin de Paname.

Cochonfucius

Les grenouilles qui demandent un Dieu

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Composition de l’auteur

Les grenouilles en eurent marre
D’habiter un monde sans Dieu.
Elles firent du tintamarre
Au voisinage d’un saint lieu ;
Le prêtre dit : Je vous baptise,
Mais ce sera par immersion.
Voyez le beau feu qu’il attise !

Ainsi eut lieu la conversion
Des batraciens en friandise
Pour régaler l’homme d’Église ;
Car nul ne prie impunément
Un Dieu dont le prêtre est gourmand.

Cochonfucius

Murmure de la ruche

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image de l’auteur

Autour de leur maison les avettes chantonnent,
Heureuses de leur vie et du labeur du jour ;
Un faux-bourdon, bercé par cet air monotone,
Développe en son coeur un sentiment d’amour.

Sachez qu’un peu plus tard, tout espoir l’abandonne,
Son âme devient grise et son vol devient lourd ;
Il pense que ses yeux ne verront pas l’automne,
Que faible fut son corps et trop bref son parcours.

Les avettes sont soeurs et forment une foule,
Un nuage de corps dont s’empare la houle ;
Quant au reproducteur, il est moins important.

Nous voulons contempler la ruche printanière,
Plus élégante à voir que nos pauvres tanières,
Mais je ne sais pourquoi, nous les aimons, pourtant.

Cochonfucius

Zèbre-loup

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image de l’auteur

Ce bel hybride, il a double vigueur,
Cela fait peur aux moutons du bocage ;
Le berger même en pourrait prendre ombrage
Ou s’angoisser pour les agneaux fugueurs.

Mais n’ayez crainte, il est plutôt charmeur,
Ce compagnon sage comme une image ;
Des passereaux il entend le ramage
Et ce babil le met de bonne humeur.

C’est le loup-zèbre, un être de lumière,
Parlez-lui donc, versez-lui de la bière ;
Il devrait bien trouver grâce à vos yeux.

Il n’est nourri que de graines menues,
Son estomac n’a qu’une faim ténue,
C’est le moyen qu’il a pour vivre vieux.

Cochonfucius

Apprentissage

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Toile de Gabriel Metsu

Tu dois le parcourir, ce monde,
Afin d’entendre ce que dit
Là-bas, la narratrice blonde,
Plus loin, le rhapsode maudit ;
Récit du fou, récit du roi,
Note tous les récits pour toi.

Et puis, retourne à ta chaumière,
L’endroit où ton passé repose ;
En regardant pousser les roses,
Tu reprendras ta vie première ;
De voyage, sans t’égarer,
T’as eu le bonheur de rentrer.

Plus d’une auditrice amusée
Viendra suivre tes contes bleus,
Plus d’une amie jadis croisée
Au hasard des chemins herbeux ;
Encore un coup te le dirai-je :
Tu n’erres plus par les grands bois,
Tu ne marches plus dans la neige,
Tu es au coin du feu, chez toi.

Cochonfucius

Trinité de corpuscules

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image de l’auteur

Du triple petit dieu qui rêve dans la nuit,
Le long discours emprunte un parcours circulaire ;
Quelques théologiens jadis le calculèrent,
Le plus sage d’entre eux parfaitement le suit.

Son collègue pourchasse un démon qui s’enfuit,
Ayant pris en pitié ce diable solitaire ;
Ce monde transcendant n’est pas égalitaire,
L’arbitraire l’anime et le sort le conduit :

La planète sans bruit tourne sur elle-même,
Ne se posant jamais ce genre de problème ;
Le vice ou la vertu, ça lui est bien égal.

Pourtant, c’est différent, le bien n’est pas le mal,
Un coeur s’en aperçoit, même un coeur d’animal ;
Et Ronsard nous le dit en ses jolis poèmes.

Cochonfucius

Obélisque sous la lune

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image de l’auteur

Mon corps est gris, mon chef n’est plus doré,
La lune bleue de son éclat m’honore ;
Un texte saint sur moi se lit encore,
Parlant aux dieux autrefois adorés.

Moi, j’ai connu leurs temples colorés
Où le Faucon son fier soleil arbore ;
J’ai vu le mur rougissant à l’aurore,
J’ai vu l’ibis au matin picorer.

J’ai vu la Reine allant cueillir des roses,
J’ai vu le scribe alignant de la prose ;
Ce furent là d’autres temps, d’autres cieux.

Ici aussi, de vastes promenades,
Les bâtisseurs ont oeuvré de leur mieux ;
Ça ne vaut pas mon ancienne esplanade.

Cochonfucius

Canard magique

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Peinture chinoise

Le canard d’Andersen s’est transformé en cygne ;
Il baigne sa blancheur au grand ciel de printemps,
Où lavandières vont leur blanc linge battant.

Trois ouvriers ont bu du nectar d’une vigne ;
La cigarette au bec, marchant au bord de l’eau,
Ils disent tour à tour des blagues de prolo.

Aucun des trois ne va se faire aristocrate :
Car c’est une magie qui vaut pour les canards,
Peut-être, à la rigueur, aussi pour les anars ;

Mais pas pour Max Jacob, ou Diogène, ou Socrate.
Les trois gars sont partis faire leur dur métier
Sans même remarquer l’oiseau fier et altier.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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