Monstre nocturne

otl

image de l’auteur

Chaque étoile m’angoisse et la lune m’enivre,
Je brûle d’un désir qui devient dévorant ;
J’entends mille démons qui s’en vont implorant
L’improbable pitié d’une idole de cuivre.

Tel est mon cauchemar, et rien ne m’en délivre,
Mon corps traîne sa peine et devient transparent ;
Mon esprit se complaît en songes effarants
Que vous ne verrez point dans les pages d’un livre.

Lilith, m’aideras-tu, toi qui fus la première
À goûter du jardin la sereine lumière ?
En mon coeur pourras-tu le calme ramener ?

Anges, vous me parliez sans nulle réticence,
Mais je ne sais pas qui vous en donna licence,
Vous qui venez du ciel, et le droit maintenez.

Cochonfucius

Spacetrip

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Art Huichol

Dans un petit album au dos de percaline,
Des photos d’univers multidimensionnels,
Un vrai poème optique et gravitationnel :
Si c’est d’un architecte, il est sous mescaline.

Assis dans mon grenier qui sent la naphtaline,
Je parcours, d’un regard omnidirectionnel,
Ce recueil de clichés vraiment exceptionnels :
Et bientôt, je franchis le mur de cornaline

Qui tient lieu de frontière aux mondes transcendants.
Et, dès lors, entouré des fiers astres chantants,
Je me baigne au cristal qui vibre et me transporte.

Soudain, ces clairs sentiers redeviennent obscurs :
Me voici à nouveau de ce côté du mur,
Car il faut que je signe un papier qu’on m’apporte

Cochonfucius

Oiseau rédempteur

otj

image de l’auteur

Voici le bel oiseau qui l’inframonde apaise,
Car il sait pardonner aux ennemis des dieux ;
Les démons, pleins d’espoir, sur lui posent les yeux,
Leur coeur égaré croit revivre la Genèse.

Un souffle bienfaisant vient tiédir les fournaises,
Une sainte oraison retentit en ces lieux ;
Je vois se présenter les habitants des cieux
Ainsi que le Golem, héros de terre glaise.

C’est un affrontement sans vaincu ni vainqueur,
C’est la douceur dans l’âme et l’éveil dans le coeur ;
C’est le commencement d’une belle aventure.

Mais il n’existe point, ce volatile saint,
Sinon dans le folklore ou la littérature ;
Aussi, sur un tableau de Nicolas Poussin.

Cochonfucius

Taureau monochrome

oth

image de l’auteur

Ce taureau fantastique est plus musclé que vous,
Lui qui d’une magie redoutable dispose ;
Mais avec une vache il sait se montrer doux.
Le sentiment d’amour est une étrange chose.

Cet animal délire, il n’est pourtant pas fou,
Il peut aussi produire une amusante prose ;
En matière de fleurs il a beaucoup de goût,
Car il aime la forme et le parfum des roses.

Il peut improviser sur plusieurs instruments,
C’est pour faire danser son amie la jument ;
Elle s’immobilise et reste sous le charme.

Il parcourt l’univers, mais sans témérité,
Toujours aventureux, rarement irrité ;
Il n’est pas agressif, mais il n’est pas sans armes.

Cochonfucius

La machine à voyager dans le temps

ma-vt

image de l’auteur

Les siècles traversés en un temps pas très long
S’ouvrent sur un verger où les fruits sont pléthore ;
C’est plus original qu’un voyage en ballon :
La machine est, de plus, tout à fait insonore.

Notre grand inventeur use son pantalon
Sur le banc de la nef traversant les aurores,
Il reviendra parler aux gens dans son salon,
Mais dans quarante jours, il doit partir encore.

Cet univers changeant défile comme un mur,
De millions de pommiers choient des milliards de pommes,
À l’arrivée, notre homme est d’un âge plus mûr.

Or, que deviendra-t-il, cet aimable jeune homme,
Sera-t-il simplement noyé dans un ruisseau,
Ou bien reviendra-t-il, guidé par les oiseaux ?

Cochonfucius

Quelques machines de Cochonfucius

Alchimique
Appareil Photo
Athanor
Automobile
Avion
Brouette
Cadran Lunaire
Chronoscaphe
du CNRS
des Constructeurs
Cyclomoteur
à Écrire
Engrenage
Fantacoptère
à Fabriquer des Interdits
Horloge d’Adam
Horloge Décennale
Horloge Exoplanétaire
Horloge Mal Foutue
Horloge de la Mort
Instrument qui Parle
Instruments en Débat
d’Invisibilité
de Leibniz
de Lem
à Lire
Locomotive
Mécanoptère
Moteur d’Avion
Moulin Fatidique
Moulin à Prières
Nefs
Onirique
Outils
Pantodromes
à Planer
Pluvian
Pompe
Préhistorique
Radiateur
Roue à Crépuscules
Roue de la Loi de Murphy
Sombre
à Tuer
de Turing
Ubuesque
Vélo de Course
Vélo du Mange-Merle
Vélo qui Plane
de Yake Lakang

Roi d’antipourpre

otph

image de l’auteur

J’allais en promenade avec une danseuse,
Je n’avais point de quoi lui offrir des joyaux ;
Elle, qui n’avait soif que de mes mots loyaux,
Me répondait de même, en phrases savoureuses.

Était-ce une égérie, était-ce une amoureuse,
Éros nous avait-il brûlés de son flambeau ?
De ces amours d’antan me restent des lambeaux,
Puis une mince plaie, qui n’est pas douloureuse.

J’aime ce souvenir et ce que j’ai vécu ;
Le temps éparpillé ne se retrouve plus,
Bien vainement sera ma mémoire fidèle.

Elle qui fut si sage, et qui fut jeune et belle,
Comment aurais-je pu ne pas en être ému ?
Tu restes dans mon coeur, ma danseuse-hirondelle.

Cochonfucius

The Lake Isle Of Innisfree

island-of-innisfree
I will arise and go now, and go to Innisfree,
And a small cabin build there, of clay and wattles made:
Nine bean-rows will I have there, a hive for the honeybee,
And live alone in the bee-loud glade.

And I shall have some peace there, for peace comes dropping slow,
Dropping from the veils of the morning to where the cricket sings;
There midnight’s all a glimmer, and noon a purple glow,
And evening full of the linnet’s wings.

I will arise and go now, for always night and day
I hear lake water lapping with low sounds by the shore;
While I stand on the roadway, or on the pavements grey,
I hear it in the deep heart’s core.

WB Yeats

Irai-je en Innisfree ? J’y vais sans plus tarder,
Pour m’y faire un abri de glaise et de planchettes,
Neuf rangs de haricots, une ruche à garder,
Ermitage qu’emplit la rumeur des avettes.

J’y trouverai la paix dont les vagues surviennent
Des voiles du matin chez le grillon chantant ;
Scintillement nocturne et pourpre méridienne,
Puis dans le soir s’ébat la linotte d’antan.

J’y vais sans plus tarder. La nuit comme le jour
Clapote l’eau du lac, à bas bruit, sur la grève ;
Je me tiens sur le bord des voies que je parcours
C’est de cela que mon coeur rêve.

Traduction par Cochonfucius

Jardin d’or

jdn-or

Image de l’auteur

Ce jardin dort dans un calme absolu,
Je n’y entends mésange ni fauvette ;
En sa cité se repose l’avette,
À peine ronfle un vieux troll chevelu.

Deux noirs goupils jettent leur dévolu
Sur une cage, où loge une poulette ;
Aux flaques d’eau, leur habit se reflète,
Obscur, comme est leur esprit dissolu.

Jusqu’au matin, nul arbre ne s’agite,
Le jardin dort, et tous ceux qui l’habitent,
Sauf la volaille, emportée dans les bois.

Sires goupils, quand leur pâture abonde,
Disent ce lieu le plus noble du monde ;
Point ne leur faut de nos festins bourgeois.

Cochonfucius

Impératrice des salamandres

im-d-sl

image de l’auteur

Salamandre aux jardins de joie,
Apportant ses soins diligents
Aux avettes, aux vers à soie,
Et même à des poissons d’argent,

Offre un banquet aux libellules,
Et quitte rarement des yeux
Le grand potager où pullulent
Mille carottes, sous les cieux.

La salamandre rajeunie
Savoure des raisins vermeils ;
Et redécouvre l’harmonie
De ses jardins, sous le soleil.

Cochonfucius

Saint Polygraphe

otd

image de l’auteur

Je suis un plumitif, ma muse est pourvue d’ailes,
Je travaille beaucoup, car je suis bien portant ;
Mon âme est enthousiaste, et modeste pourtant,
À mes instituteurs je suis resté fidèle.

Aphrodite, jadis, me tenait proche d’elle,
Moi qui pour la servir étais toujours partant ;
Déesse à qui je dois ces plaisirs exaltants,
Tu m’offres le printemps, comme fait l’hirondelle.

J’écoute aussi la voix de l’évêque romain
Qui de la droite vie nous montre le chemin ;
J’aime bien ce qu’il dit, sa parole est sensée.

Mais pour mieux m’inspirer j’écoute d’autres voix,
Celles de la dryade et du faune des bois
Dont les chants immortels nourrissent ma pensée.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.