Chien de Hastings

isno

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J’ai vu des combattants partir vers l’au-delà
Et perdre leur épée à la tranchante lame ;
Ils iront se chauffer aux infernales flammes,
Les Normands que voici, les soldats que voilà.

Cette guerre, vois-tu, n’est même pas un drame,
C’est un affrontement sans gloire et sans éclat ;
Les chevaux qui sont morts, nul ne les détela,
Les Parques de leur vie ont déchiré la trame.

Je suis le Seigneur Chien, le Bâtard invaincu,
Tu frémis au récit de ce que j’ai vécu,
Quand j’ai passé la mer tu craignis le naufrage.

Je ne te lâche pas, maître de peu de foi,
Je peux même t’offrir un peu de mon courage :
Cette fidélité, c’est mon unique loi.

Cochonfucius

Ramure d’un dieu

ismo

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Ce grand dieu séduisit la vestale Adeline,
Ils ont bu tous les deux dans un calice d’or ;
Ensemble ils ont vécu dans un parfait accord,
Ayant bon voisinage et demeure divine.

Puis un monstre est venu des profondeurs marines,
Par le dieu recruté comme garde du corps ;
La vestale a trouvé qu’il était vraiment fort,
Ayant pu constater sa puissance taurine.

Il était plutôt jeune, il était beau parleur,
Et nul n’avait jamais douté de sa valeur ;
La suite de l’histoire, elle est bien ordinaire.

La ramure du dieu se dresse dans le vent,
Il n’en fait pas un drame, il reste bon vivant ;
Comme on dit par chez nous, les dieux sont débonnaires.

Cochonfucius

Chevalier sans avoir

islo

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Du pauvre chevalier l’armure est primitive,
Mais son père avant lui fièrement la portait ;
La victoire au combat fort souvent l’escortait,
Lui qui presque toujours libérait ses captives.

Il aime sa monture, une jument rétive
Qui d’autres cavaliers sur le carreau jetait ;
Il eut pour écuyer un fin buveur nantais,
Fils d’une tavernière à la parole vive.

Il a de l’indulgence envers les maraudeurs,
Eux qui font des efforts et rament pour survivre,
Plus nobles, selon lui, que des marquis glandeurs.

L’écuyer chante bien, quand la boisson l’enivre
Et donne à son esprit des rêves de grandeur ;
Le docte Rabelais nous le dit en un livre.

Cochonfucius

L’ange Phélabète

islm

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D’Adam j’aurais voulu partager la douleur,
Ou des malheureux qui en inframonde habitent,
Comprendre de Caïn la colère subite,
Éprouver le regret, la peine et le malheur…

Mais je ne suis qu’un ange, un être sans chaleur,
En ma dure poitrine aucun coeur ne palpite ;
Jamais vers une aimée je ne me précipite,
Je ne sais pas vibrer au miracle des fleurs.

Personne n’entendra cette plainte étouffée ;
Je n’ai jamais étreint la muse ni la fée,
Jamais un grand amour ne m’a rendu plus beau.

Je suis un figurant, un bout de paysage,
Nulle fille en secret ne songe à mon visage,
Je n’aurai même pas les honneurs d’un tombeau.

Cochonfucius

Trinité rampante

iskm

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Nous aimons ce jardin qui de prodiges s’orne,
Nous qui fûmes instruits par Lilith, notre soeur ;
Nos coeurs ont retenu ses leçons de noirceur,
Nos yeux ont contemplé l’inframonde sans bornes.

Le soir, nous écoutons les chants de la licorne,
Adam n’a point appris le métier de chasseur ;
Ce primate tout nu voudrait être un penseur,
Un érudit austère, un moraliste morne.

L’un de nous trois va dire à notre princesse Ève
Qu’il faut manger le fruit nourri de bonne sève,
Que la sagesse alors sera dans son esprit.

Adam, qui avec elle un tel désir partage,
Par la même occasion deviendra notre otage,
Et vous l’êtes aussi, n’en soyez pas surpris.

Cochonfucius

Herbe trinitaire

isjm

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L’air est humide et la terre est bien grasse,
Tout le jour brille un soleil sans éclat ;
Un peu plus tôt la brume m’encercla,
Un petit vent d’hiver m’en débarrasse.

Je suis le Trèfle, un seigneur des espaces,
Dans ce grand pré j’ai le rang de prélat ;
Mon triple corps qu’un ange modela
Semble ce Dieu qui jamais ne trépasse.

Je dis à l’herbe où se trouve le bien,
Je le lui dis, mais elle n’entend rien,
Je lui pardonne, et tous ses voeux j’exauce.

J’aime l’automne et j’aime aussi l’hiver
J’aime l’Irlande et ses horizons verts,
J’aime un peu moins les plaines de la Beauce.

Cochonfucius

Poisson d’inframonde

isjk

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En ce sombre lieu sont des chemins non tracés,
Où sans nulle raison l’éclairage varie ;
L’onde à certains endroits est brusquement tarie,
Chose dont un poisson peut être embarrassé.

Des monstres évadés de leur ménagerie
Tout au long du parcours se trouvent amassés ;
Mieux vaut faire un détour, ne soyons pas pressés,
Il convient d’échapper à leur sauvagerie.

Je l’aime, cependant, cet océan sans lois ;
On y peut capturer des proies de bon aloi
Et même dévorer des oiseaux limicoles.

Nous sommes plus heureux que les anges du ciel,
Eux dont les passe-temps restent superficiels :
Pour mordre dans la vie on est à bonne école.

Cochonfucius

Mélancolie des vieux murs

isik

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La maison se souvient de ceux qui sont partis,
Les cadrans arrêtés ne marquent plus les heures ;
Ce manoir déserté respire au ralenti,
Édifice sans âme, inutile demeure.

Pourquoi se souvenir d’une époque meilleure ?
Pourquoi commémorer un monde anéanti ?
N’a-t-il pas mis un terme à ta vie intérieure,
Lui qui de son départ ne s’est point repenti ?

Voilà le triste effet de l’inconstance humaine,
Un logis se désole, et l’homme se promène,
Qui croit que l’univers est tout entier pour lui.

Tu gardes le regret de ta béatitude,
Toi qui n’es même plus un lieu de solitude ;
Tes nouveaux maîtres sont la Tristesse et l’Ennui.

Cochonfucius

Perplexité du goupil de pourpre

ishk

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Les mots ont-ils un sens caché ?
Comme on est loin d’une évidence !
Le récit du monde est trop dense
Et sur lui, pourquoi se pencher ?

Au savoir, pourquoi s’attacher ?
Tout est vain, sauf l’impermanence ;
Nous cultiverons le silence
Et nous cesserons de chercher.

Achète un livre, achève un litre,
Écris des poèmes sans titre,
Repeins les murs de ta maison.

Ce goupil qui rien ne maîtrise,
Nullement je ne le méprise ;
Même je lui fis un blason.

Cochonfucius

Planète Elmantandra

ishi

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Sur ce monde perdu, les oiseaux volent bas
Et presque au ras du sol dans les endroits qu’ils aiment ;
Ils produisent des sons d’une douceur extrême,
Ils prononcent des mots que je ne connais pas.

Pour amuser le peuple, ils miment des combats
Entre de noirs démons et des êtres suprêmes ;
Ensuite, ils font entre eux des concours de poèmes
Auxquels Maître Phénix jadis participa.

Nous ignorons le sens du nom de la planète,
Il est peut-être à lire en langue des fauvettes ;
Il ne figure point sur mes vieux parchemins.

De la pulpe des fruits ces oiseaux se nourrissent,
Peu différents de ceux que prisent les humains;
Ceux qui mangent ainsi jamais ne dépérissent.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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