Maîtres Étalons

isru

image de l’auteur

Un fier cheval était mon père,
Sur ses quatre fers gambadant ;
Je vaux autant que lui, j’espère,
Car mon coeur est des plus ardents.

Notre existence est sans mystère,
Nous ne sommes point des forbans ;
Le soleil brille sur nos terres,
On n’y voit rien de perturbant.

De ce que fut notre lignage,
L’histoire garde un témoignage ;
Nous sommes droits sur nos sabots.

Les juments à la robe blanche
S’en vont danser tous les dimanches ;
Venez, vous trouverez ça beau.

Cochonfucius

Nef léonine

isqs

image de l’auteur

Sur l’Océan navigue une nef ignorée,
Un fauve la dirige, il ne sait pas comment ;
Il lui prit fantaisie d’embarquer brusquement,
Sans doute en fut l’idée par un livre inspirée.

Le vent porte la nef sans excès de tourments,
La mer en ces endroits n’est jamais encombrée ;
Le lion peut écouter sa sirène adorée
Qui sur un noir rocher s’agite lentement.

Des navires d’antan la trace est effacée,
Mais c’est aussi le sort des humaines pensées ;
Nous perdons chaque jour des fragments d’univers.

Ne les recherchons point dans l’angoisse et la fièvre,
Car la tortue jamais ne rejoindra le lièvre ;
Le soleil reste bas, nous entrons dans l’hiver.

Cochonfucius

Arbre d’un autre jardin

isps

image de l’auteur

L’arbre persiste en sa croissance lente,
Aucun humain ne s’occupa de lui ;
Sous le ciel noir ou dans le jour qui luit,
L’humble géant d’un peu d’eau se contente.

Il ne craint point le froid ni la tourmente,
N’éprouve point le doute ni l’ennui ;
Il parle avec les démons de la nuit,
Ça ne provoque en lui nulle épouvante.

Il aime aussi les lutins farfelus,
Ainsi que l’ours, un grand seigneur velu,
Et le cochon qui parle à l’hirondelle.

Nul n’écrivit pour cet arbre honorer,
Nul ne prétend qu’on le doive adorer ;
Sauf sa Dryade, infiniment fidèle.

Cochonfucius

Papillon sybarite

ispq

image de l’auteur

Cet insecte me dit que la nature est belle,
Il l’écrit joliment, dans un poème bref ;
Il est fort satisfait de n’avoir pas de chef,
Car c’est ce qui convient à son esprit rebelle.

Lui qui avec les gens jamais ne se querelle,
Dans l’air il danse mieux que les aéronefs ;
La fourmi contre lui n’a jamais de griefs,
Il est pour ses pareils un compagnon fidèle.

Il vole sans jamais connaître le vertige,
Il parle avec les fleurs qui dansent sur leur tige ;
Il est tranquille et sobre, et cela le rend fort.

Tu peux bien le traiter d’artiste véritable,
Carl von Linné nous dit que c’est incontestable,
Il se prend pour cet être, en rêve, quand il dort.

Cochonfucius

Dauphin tordu

isrs

image de l’auteur

Cet animal s’amuse en imitant nos phrases
Et nous reconnaissons que c’est un beau parleur ;
Ce n’est donc nullement un oiseau de malheur,
C’est un copain d’Ulysse, un proche de Pégase.

Il s’adresse aux poissons, la chose les déphase,
De leur assentiment nul ne voit la couleur ;
Lorsque de la sirène il chante la douleur,
Le crabe est enthousiaste et l’huître est dans l’extase.

Il veut être la voix de ceux qui sont muets
Ou qui n’ont pour parler qu’un organe fluet ;
Il traduit les propos des algues taciturnes.

Le cachalot l’admire, il en est enchanté,
Je les vois partager leurs beuveries nocturnes ;
J’entends les oursins rire et les homards chanter.

Cochonfucius

Chapelle de sable

isoq

image de l’auteur

Je viens en ce saint lieu quérir l’isolement ,
J’y trouve un réconfort, ce n’est pas un mensonge ;
L’endroit semble abrité des ennuis qui nous rongent,
Il me plaît d’y venir, ne fût-ce qu’un moment.

Ne croyez point qu’alors en oraison je plonge,
Je m’assois simplement, je médite et je songe ;
J’entretiens des pensées qui dansent librement,
Sans former un traité, ni le plan d’un roman.

Nous savons bien qu’il n’est pas de sauveur suprême
Et que presque toujours le monde est sans merci ;
Bien des gens ont agi pour qu’il en soit ainsi.

Mais laissons de côté, ce jour-ci, nos problèmes,
L’heure n’est pas toujours à se mettre en souci,
On doit trouver aussi un temps pour les poèmes.

Cochonfucius

Nul corps pouvant bouger n’est une cathédrale

03-wheel-of-life

Peinture Tangkha

Tu ne vois de ta vie la période initiale ;
Si tu l’apercevais, confus serait le trait
Qui, provenant d’un point, aurait été extrait
D’un brouillard qu’agitaient les forces primordiales.

Tu trouves la structure assez paradoxale ;
Or, ainsi en va-t-il dans le monde concret,
Si la vie était simple, alors, ça se saurait,
Nul corps pouvant bouger n’est une cathédrale.

Tu vois que la pulsion oscille en amplitude,
En effet, pourquoi pas, c’est, même, une habitude ;
Le coeur peut s’affoler sous un coup d’aiguillon.

A long terme il se peut que l’effet s’amortisse,
Tel le souffle du ver qui toujours sa mort tisse,
Sa mort, ou le cocon d’où sort un papillon.

Cochonfucius

Fin de vie

isnq

image de l’auteur

Ce vieux cheval a fait son temps,
Qui ses anciens exploits rumine ;
De son repos il est content,
Lui qui ne craint point la famine.

Il ne fait plus rien d’important,
Quelques vers ensemble il combine ;
Il comprend ce qui nous attend
Quand vient la fin de la bobine.

Il cueille les fleurs d’ aujourd’hui,
N’ayez donc pas pitié de lui
Qui apprivoise la Camarde.

Eros, le plaisantin mignon,
N’a point quitté ce compagnon,
Lui qui favorise les bardes.

Cochonfucius

Partage vespéral

draupadi_and_pandavas

Illustration du Mahabharata

Vivre dans un jardin de femme polyandre,
Est-ce ma vocation, au temps de mes vieux jours?
Je crois bien discerner quelques arguments «pour»,
Des oiseaux, quelques fleurs, l’arrosoir, l’herbe tendre.

Avec mes co-maris, parviendrai-je à m’entendre?
Pourrai-je avec l’un d’eux vivre le grand amour?
Quelqu’un nous verra-t-il, en nos plus fiers atours,
Le dimanche matin à l’église nous rendre?

L’idée n’est pas absurde, et la polyandrie
Divisant la faveur d’une douce chérie
A déjà fait la joie de plusieurs Esquimaux.

Je note donc cela au titre des possibles,
Cela consolerait mon petit coeur sensible
Si, avec trois messieurs, je partageais mes maux.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.