Monument pour Robert

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Composition de l’auteur

Un truc, sans rien de funéraire,
Orné de fleurs et d’animaux,
Et puis aussi de jolis mots :
Ton monument imaginaire.

Des fleurs d’azur ou bien de sable,
Tout au sommet, des roses d’or ;
Un flacon de vin qui endort
Notre douleur impérissable.

Les beaux portraits de trois cents muses,
Joie dans les yeux, le verre en main,
Priant que ce jour, ou demain,
La liberté jamais ne s’use.

Cochonfucius

L’âne de Janus

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image de l’auteur

Le dieu Janus possède un âne zérogame
Dont le calme regard ne saurait être dur ;
J’observe rarement cet animal obscur,
Car de son écurie je n’ai pas le sésame.

Ce cousin du baudet qui porta Notre-Dame
Jadis fut célébré par le rhapsode Arthur ;
Une muse admira son esprit chaste et pur,
Qui jamais ne craignit la corde ni les flammes.

La Terre peut flamber, le Soleil peut tomber,
Cet âne magicien ne va pas succomber ;
Il fait partie de ceux qui traversent les âges.

Je l’ai vu soulager d’un coeur le désarroi
En invoquant le nom du charpentier en croix ;
C’est un dieu du pardon, c’est l’âne à deux visages.

Cochonfucius

Mon maître Robert

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De ton ivresse je fus ivre,
De tes rêves cauchemardé ;
Si je me plonge dans tes livres,
Au miroir je crois regarder.

Robert, maître des hommes libres,
Seigneur des bagnards évadés,
Nous te devons notre équilibre,
Et ce don de baguenauder !

Tu n’as point gagné de fortune
En ce monde où tu galérais ;
Tel n’étaient pas tes intérêts.

C’est notre richesse commune,
Et c’est notre commun trésor :
Deux ou trois mots qui sonnent fort.

Cochonfucius

liv-bp

Vieillard casanier

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Source image

Il est de la douceur à vivre
Sans recevoir par trop souvent,
Car de la sorte, on se délivre
Des importuns brasseurs de vent.

Mais parmi eux sont des savants
Et de fins connaisseurs de livres
Que même on peut voir écrivant
(C’est quand ils ne sont point trop ivres) ;

Vos livres iront sur ma table,
Et, s’ils s’avèrent délectables,
Vous en aurez un grand merci ;

S’ils ne le sont, c’est peu d’affaire,
À rire me seront matière
Et la chose me plaît aussi.

Cochonfucius

liv-bp

Quelques vieux bouquins au fond d’un grenier

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Photographie de Doisneau

Au poussiéreux grenier, ce soir, je suis monté,
Cela fait sursauter une araignée rêveuse…
Ah ! Tant de vieux cartons de lettres d’amoureuses,
Je ne méritais pas tous ces flots de bonté.

Au grenier silencieux, le temps s’est arrêté.
J’ai ressenti en moi cette douleur charmeuse.
Même si la torpeur du lieu est endormeuse,
Il s’en exhale aussi comme un parfum d’été.

Ainsi que l’eau sur moi glissent les ans qui passent,
Je fais la même chose, et jamais ne m’en lasse :
On aime reproduire un geste familier.

L’harmonie, je n’y puis parvenir en ce monde,
Car j’en suis détourné, seconde après seconde,
Par mes livres offrant leurs pages, par milliers.

Cochonfucius

liv-bp

Prière de la sirène

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Quelques mots en l’honneur des matelots défunts,
Le cachalot m’écoute ainsi que la murène ;
Femme du charpentier, toi la plus douce reine,
Plonge-les dans un rêve aux savoureux parfums.

Ils ne reverront plus les flots ni les embruns,
Mais au dernier instant leur âme fut sereine ;
Eux qui rêvaient d’entendre une voix de sirène,
Ils ont vu dans le vent danser mes cheveux bruns.

Le roi regrettera cette vaillante flotte,
Un grand tourment tiendra son vieux coeur en éveil ;
Alors il videra sa coupe de vermeil.

Malheur à qui choisit Neptune pour pilote,
Le rhapsode nous dit que c’est un dieu retors ;
L’aiguille magnétique est un meilleur mentor.

Cochonfucius

Le troll des cerises

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Composition de l’auteur

Près de l’arbre, il n’a pas, ce troll, les bras croisés ;
Une odeur de fruits mûrs lui parvint, par la brise,
Il a suivi l’appel de la senteur exquise
Au long des frais sentiers par l’aurore irisés.

Invisible, il se tient dans ce secteur boisé ;
Or, nous le chanterons, c’est le troll des cerises,
De leur chair délicate il se gave ; il se grise
D’un jus plus enivrant qu’un petit vin rosé.

Les trolls vont-ils dormir, à la fin, sous un marbre ?
Sûr qu’on mettra le sien pas trop loin de son arbre :
Ce raisonnable voeu, qui le peut rejeter ?

Le cerisier sourit au petit troll sauvage
Auquel il doit, bien sûr, pardonner ses ravages,
Un troll a de si beaux récits à raconter !

Cochonfucius

L’arbre du rivage

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image de l’auteur

J’aime rendre visite à l’arbre du rivage,
Auquel donna Linné son joli nom latin ;
On y voit des oiseaux dans l’air frais du matin,
Qu’on entend discourir en leur tendre langage.

Ils ne s’éloignent point, n’étant guère sauvages,
Ils récoltent des fruits qui leur sont un festin ;
Cet arbre protecteur veille sur leur destin,
Dont, tout au long du jour, la magie se dégage.

Si dans ces lieux discrets parvient un étranger,
Quelques mots avec lui nous aimons échanger ;
Ce sont de petits riens qu’on dit pour se détendre.

Être un arbre veut dire avoir du temps pour soi,
Bien autant qu’un Bouddha qui dans l’ombre s’assoit ;
Voici le grand silence, et nous aimons l’entendre.

Cochonfucius

Loup d’azur invisible

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image de l’auteur

Je parcours les grands bois quand je n’ai pas sommeil,
Je peux y rencontrer quelques démons farouches ;
J’entre dans les sentiers qui sur rien ne débouchent,
J’y vois danser parfois la fée aux yeux vermeils.

Dans cette obscurité, mon âme est en éveil,
Aucun souffle violent ne passe par ma bouche ;
La magicienne dit quelques mots qui me touchent,
Mais elle doit se taire au retour du soleil.

Quand la bise du Nord apporte la froidure,
Un ermite me prête un vêtement de bure,
Geste que j’apprécie à sa juste valeur.

Elles ne sont plus là, mes folles amoureuses,
Sans lesquelles ma vie est moins aventureuse ;
Cependant, je conserve un peu de leur chaleur.

Cochonfucius

Aigle en contemplation

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Image du blog Herald Dick Magazine

L’aigle se penche sur l’abîme,
Son regard est pensif ;
Un pâle rayon, sur la cime,
Vient d’un soleil tardif.

Que regardent tes yeux limpides,
Est-ce un isard danseur,
Est-ce une hirondelle rapide,
Est-ce un sombre chasseur ?

L’aigle qui contemple le monde
Le fait sans nul désir ;
Au val que la lumière inonde,
Dansent ses souvenirs.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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