Serviteurs de celui qui doute

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Nous portons cet écu dans la vive lumière,
Celui qu’au temps jadis des bardes ont chanté ;
Merci à l’héraldiste ayant su l’inventer,
À qui l’ancêtre offrit une pinte de bière.

L’âme de ce seigneur est impavide et fière,
Dans laquelle sont doute et sagesse implantés ;
Par Eve ou par Lilith il ne fut point tenté,
Lui qui toujours se sut un être de poussière.

Tu ne peux l’abuser par un discours mystique,
Car les mythes pour lui n’ont rien de fantastique,
Qui flottent comme un rêve en notre humain sommeil.

Il ne craint pas non plus la corde ni la flamme,
Il vit dans le silence et dans la paix de l’âme,
Car son somme est paisible, ainsi que son réveil.

Cochonfucius

Royal divertissement

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L’amusement du Roi, c’est un plaisir honnête,
Ce monarque toujours a su se contenir ;
Il cherche ce qui peut aux dames convenir,
Les entraînant ainsi dans d’innocentes fêtes.

Il les emmène voir de ravissantes bêtes,
Ayant d’étranges noms qu’on ne peut retenir ;
Avec elles il peut longtemps s’entretenir,
Il ne déteste point qu’elles lui tiennent tête.

Il sait dire des vers d’un poète espagnol
Ou d’aimables récits que fit Marcel Pagnol ;
Il narre le séjour de Dupanloup dans Rome

Aux penseurs athéniens on peut bien l’égaler,
Puis, il nous attendrit quand il se laisse aller,
Montrant à ses sujets qu’un roi, ce n’est qu’un homme.

Cochonfucius

Année 2020

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Source

Année 2020, c’est l’heure des adieux,
Nombreux sont les humains qui te trouvent maudite :
Décès, isolement, libertés interdites,
Rares sont les moments où ils étaient joyeux.

La nature, par contre, a pour toi de doux yeux
(À l’instar des dieux grecs à la vue d’Aphrodite),
Elle s’est, plusieurs mois, de façon inédite,
Grâce au confinement, portée amplement mieux. :

Par exemple on a vu des animaux sauvages
Dans le centre des villes ou sur de beaux rivages,
Musarder en famille et cela en plein jour !

Moi, en plus du COVID, j’ai enterré mon père,
Mais quelques temps plus tard est né Apollinaire,
Mon premier petit-fils, éternel est l’amour.

Vincent

Changeons d’année

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Toile de Remedios Varo

Une année qui s’en vient est toujours la première,
Même si l’on y entre avec des cheveux blancs.
Je vais la célébrer d’un bon café brûlant
Lorsque sur le jardin brillera sa lumière.

Le chat y fera sa visite coutumière,
Il nous adressera son silence parlant ;
Il mangera l’offrande à petits gestes lents
Puis reprendra, peinard, sa mission buissonnière.

Que le ciel soit limpide, ou bien qu’il soit couvert,
Il aura la fraîcheur d’un calme jour d’hiver
Au paisible village où presque rien ne bouge.

Quand ce jour finira, le soleil sera rouge,
Ajoutant une fleur à ce petit jardin
Qui nous fait oublier le paysage urbain.

Cochonfucius

Sagesse du chanvre

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Cette feuille n’est pas un objet de mépris,
Aristote et Platon la cueillirent ensemble ;
Même le fier Socrate en parla, ce me semble,
Qui d’un dur tribunal ne fut pas bien compris.

Sur un sujet pareil, j’ai rarement écrit,
Qui cependant les gens festivement rassemble ;
On se met à planer, l’âme s’éveille et tremble,
Le coeur n’écoute plus ce que lui dit l’esprit.

As-tu goûté un peu de cette herbe divine ?
As-tu donc fait l’essai de cette saveur fine ?
Ne me dis pas que non, toi qui es si subtil.

Castaneda décrit la petite fumée
Par laquelle est vraiment la peine consumée,
Et par laquelle aussi… mais, j’ai perdu le fil.

Cochonfucius

Sphère improbable

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Ce vieux griffon possède une sphère qui pense,
Et qui ne parle point, sauf à des taverniers ;
Il la porte avec lui dans un petit panier,
Profitant rarement de son intelligence.

Dans l’hivernale bise ou dans l’air printanier,
Il est accompagné de cette transcendance ;
Il lui fait admirer les fleurs d’impermanence,
Mais elle croit revoir celles de l’an dernier.

La sphère peut mourir, mais elle peut revivre,
Elle qui ne fait point de projets d’avenir
Et qui des jours anciens n’aime rien retenir.

Le tavernier me dit qu’elle n’est jamais ivre,
Mais que parfois son âme a des reflets vermeils,
Et que l’odeur du vin la tire du sommeil.

Cochonfucius

Encore un peu de silence

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Toile de Henry Fuseli

Si nous avons choisi, enfin, de nous déprendre,
Ce n’est pas un effet de culpabilité ;
Nous avons pesé nos responsabilités,
Même s’il est besoin pour nous d’encore apprendre.

A un bonheur commun nous ne pouvions prétendre,
Aussi proches que soient nos sensibilités,
De l’incendie éteint par la réalité
Ne sont point refroidies les braises ni les cendres.

Et si je ne vois plus danser la moindre flamme,
Les reflets n’en sont pas assombris dans mon âme ;
Trop loin du brasier mort ne saurais m’en aller.

Quand le serpent revient de sa mission cruelle,
Ses enfants demandant si la journée fut belle
Le voient sourire un peu, il n’ose leur parler.

Cochonfucius

Nunc dimittis

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Toile de Zolan

Un vieux maître se tient au bord d’un grand cours d’eau,
Disant : «Ecoutez voir, j’en ai une bien bonne :
Toute chose qui passe est pareille à ce flot.»
Cette dure leçon que le vieux maître donne

N’est pas inattendue, et ne surprend personne.
Il n’est refuge aucun, dans le ciel, pour l’oiseau,
Et l’univers n’est pas une horloge qui sonne.
Mais pour un arrivant, comme il paraît nouveau !

Un enfant découvrant son premier champ de neige,
Puis, tout ce qui effraie, et tout ce qui protège,
Et le vent qui s’amuse à coiffer ses cheveux…

De ces cent mille instants que l’on ne sait décrire,
Tenter l’évocation, vous la donner à lire :
C’est, comme humble vieillard, tout le bien que je veux.

Cochonfucius

Ayant quitté la porcherie

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Captif je fus jadis, ce temps lointain me semble,
Je partis en courant, nul ne sut m’attraper ;
Un valet fut très vif, mais il a dérapé
Quand il voulut franchir le pont de bois qui tremble.

J’avais des compagnons, et nous dormions ensemble,
Mais de tels souvenirs en moi sont estompés ;
Si je disais leurs noms, je pourrais me tromper,
Quelquefois, je confonds des mots qui se ressemblent.

Pour survivre en ces lieux, je peux me débrouiller,
Mes muscles ne sont pas totalement rouillés ;
Je suis un porc des bois, que veux-tu qu’on y fasse ?

Je rêve du passé quand je suis endormi,
Même de mes amours, les dieux me l’ont permis,
Que dans mon jeune temps je croyais voir en face.

Cochonfucius

Rimes barbares

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Jules Laforgue s’aventure
En des dissonances majeures ;
Au long du chant, ça devient pire,
On ne sait ce qu’on en peut faire.

Les rimes étranges qui courent
Au long du texte sont barbares ;
Le barde, en contant cette histoire,
Une absurde harmonie instaure.

Laforgue, rimeur débonnaire,
Tu parviens à me faire rire ;
Car je sais que ton âme est pure
Et pourtant jamais ne s’apeure.

Je t’imagine, à la guitare,
Accompagnant tes mots sonores
D’accords qui sobrement concourent
Au chant que la Muse t’inspire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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