Lueur du prisme

drinking_alone_by_moonlighta_poem_by_li_bai

Peinture chinoise

Saveur de ce poème en mon coeur transparent :
N’allons point nous livrer à la mélancolie,
Le bonheur chante en nous comme l’eau d’un torrent,
Mon âme va cherchant une rime jolie.

N’allons point nous livrer à la mélancolie !
Moi, dont l’esprit jamais ne fut trop pénétrant,
Mon âme va cherchant une rime jolie
Et la brise au jardin dansant et murmurant…

Moi, dont l’esprit jamais ne fut trop pénétrant,
Je souris à chacun dans ma douce folie,
Et la brise au jardin, dansant et murmurant,
Où je me suis assis sur la pierre polie…

Je souris à chacun dans ma douce folie ;
Je souris de tracer ce vers qui me surprend
Où je me suis assis, sur la pierre polie ;
Je sais que, quelquefois, ce jardin me comprend.

Cochonfucius

Style au désert

rubaiyat-of-omar-khayyam-pg-67

Source

La rime rare a nargué ton pinceau.
Même si tu ne peux la satisfaire,
Petit rimeur, tu n’as pas à t’en faire,
Tu peux signer ton oeuvre de ton sceau.

La route est longue, et trop lents sont tes pas.
Mais l’essentiel est que, toujours, tu marches
Sur ce chemin qu’ombragent quelques arches ;
Il est des buts où l’on n’arrive pas.

La fille tendre éveille ton désir,
Reste avec elle, et sois tendre à loisir,
Un barde peut parfois se le permettre.

Dresse une stèle à ces trois déités
À qui tu dois tant de félicités :
Et remercie Segalen, ce bon maître.

Cochonfucius

Quelques recommandations

doisneau-janvier-1945

Photographie de Doisneau

N’ayez pas de souliers dont la semelle est lisse :
Sur la neige et la glace, on constate qu’ils glissent.
Surveillez la façon, surtout, dont vous marchez
En sortant le matin pour aller au marché,

Puis, gardez-vous aussi du givre subreptice ;
Il faudrait que vos pas, dès lors, se rapetissent
Et que de lourds paquets n’aillent vous empêcher
De garder l’équilibre, en vous faisant pencher.

D’ailleurs, en avançant, regardez devant vous,
Posez vos pieds à plat, n’allez pas, comme un fou,
Courir derrière un bus ou un taxi qui passe.

Si la neige aux souliers fait un bel ornement,
Il faut pourtant l’ôter assez rapidement,
Avant que le grand froid ne la transforme en glace.

Cochonfucius

Le poète interrompt l’interne litanie

oiseaux

Toile de Shr Han

Le poète interrompt l’interne litanie
Pour suivre des oiseaux l’ardente symphonie.

Ils font, à deux, à trois, des accords redoutables
Ou des éclats de voix, comme des gens à table,

Comme en récréation une bande de mioches,
Une note qui vole, une note qui pioche,

Ils ont des becs d’acier, des plumages de soie,
Font des soupirs d’amour, des gloussements de joie,

Des bruits de petit chat ou d’animal qui jappe,
Une note qui danse, une note qui frappe.

Jamais de partition, improvisation libre,
Une note qui dort, une note qui vibre,

Une note qui dit la douceur de la vie
Quand par cette musique elle est prise, et ravie.

Cochonfucius

Bastide du zérogame

erdp

image de l’auteur

Au fond de sa cellule un ermite lisait
Les lettres de la Nonne à sa soeur Marguerite ;
Elle y nommait l’évêque à l’immense mérite,
Ayant bien retenu tout ce qu’il lui disait.

Cette sainte lecture au ciel le conduisait,
Son esprit n’étant plus abusé par des mythes ;
Ensuite il traversait l’espace sans limites,
En un heureux néant son coeur se réduisait.

En le voyant ainsi, Lilith fut stupéfaite,
Elle le crut l’égal des dieux et des prophètes
Et demanda son nom, d’une petite voix.

Prends garde à cette voix, je te le recommande,
Adam aux temps lointains en eut la réprimande ;
Puis encore après lui, des princes et des rois.

Cochonfucius

Monstre de gueules

ervu

image de l’auteur

C’est un monstre effrayant, ravageur de forêts,
Plus d’un chasseur tremblait en trouvant ses empreintes ;
Nulle monstresse n’a recherché son étreinte,
Si c’était advenu, la rumeur le saurait.

Quand sur son territoire un gibier s’égarait,
Il se trouvait saisi d’une terreur non feinte ;
Cerbère pourtant put s’en approcher sans crainte,
Ils restèrent tous deux face à face, en arrêt.

Artémis autrefois, qui de lui fut aimée,
Craignit un bref instant d’en être désarmée,
Héraclès la sauva, l’universel héros.

Aujourd’hui, semble-t-il, moins de monstres circulent,
On ne rencontre plus le valeureux Hercule
Qui, nous dit un récit, fut son propre bourreau.

Cochonfucius

陰瓶陽瓶 === Yinbottle and Yangbottle

eryh

image de l’auteur

Pinard du sage ou vin du fou,
Pour les deux ce breuvage est doux ;
Vin quotidien, vin de la fête,
C’est de nos repas l’exégète.

Mes amis, venez boire un coup,
J’ai ce qu’il faut pour votre goût ;
Les marchands de vin sont honnêtes,
Volontiers chez eux je m’arrête.

C’est du meilleur que nous voulons,
Du vin du Pays des Merveilles ;
Sur son drapeau sont deux bouteilles.

Que le repas soit court ou long,
Que Bacchus veille ou qu’il sommeille,
Vers ce dieu nous nous en allons.

Cochonfucius

Couronne sans roi

erdf

image de l’auteur

Cette couronne d’or n’appartient à personne,
Elle qui pourtant fut l’objet de tant de soins :
Beaucoup de rois ont dit « Je n’en ai pas besoin,
Même si la facture en est subtile et bonne. »

Les nobles courtisans qui ces rois environnent
Entendent leurs propos qu’ils ne comprennent point ;
D’un maléfice obscur ils se pensent témoins,
Auquel les enchanteurs ou les démons s’adonnent.

Ces braves souverains en ont d’autres, ma foi,
Que leurs prédécesseurs portèrent autrefois,
Et qui du temps jadis conservent la mémoire.

Qui donc acceptera cet étrange cadeau ?
Pour n’importe quel chef est trop lourd ce fardeau,
Qu’il soit sans prétention, qu’il soit chargé de gloire.

Cochonfucius

Chapelle barbare

mauves-sur-loire

Composition de l’auteur

Temple d’argent sous le ciel mauve,
Dont le dieu n’est qu’un rouge fauve ;
Ses serviteurs sont deux iris
Qui le croient enfant d’Osiris.

À l’accueil, tu vois deux sirènes
Prenant des manières de reines ;
Quelques ogresses sur le toit,
Et les trois soleils de la Loi.

Jamais n’y vient nul pèlerin
Par chemin terrestre, ou marin :
Car il se dresse à la surface
D’un blanc caillou, loin dans l’espace.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.