Démon du sentier

erbe

image de l’auteur

C’est un démon paisible, il a bon caractère,
Son âme est sans venin, son esprit n’est pas noir ;
Il n’est point abrité par un noble manoir,
Mais bien par une ruine, un humble tas de pierres.

Son tranquille intellect n’a percé nul mystère,
Il voit dans le réel ce que chacun peut voir ;
Il ne nous vante point son modeste savoir,
Son discours est limpide et sa parole est claire.

Il ne sait presque rien de l’inframonde immense,
Il n’y va pas souvent, c’est rare qu’il y pense ;
Il préfère marcher ou rêver dans les bois.

Quand vient le vert printemps, la nature s’éveille ;
Devant cette splendeur, le démon s’émerveille,
Trouvant que l’univers a d’élégantes lois.

Cochonfucius

Distillateur de temps

chakra

image de l’auteur

Comment travailles-tu, distillateur de temps ?
Filtres-tu, tout d’abord, les eaux de nos étangs ?
Ah ! cette humble question peut bien te sembler vaine,
Mais j’aime les sujets qui sont de ce domaine.

Car, sais-tu que ma vie se va rétrécissant,
Et que j’ai pour soleil un astre finissant,
Que je n’ai nul pouvoir sur les instants qui passent,
Même si, d’espérer, mon âme n’est point lasse ?

Or, le distillateur travaille, sans broncher ;
Peu lui importe, à lui, ce qui le fait marcher,
Parmi les retraités qui, dès l’aube, jardinent
Aux échos du clocher d’où tombent les matines.

Cochonfucius

Assemblée au bocage

wheat-field-with-crows

Toile de Vincent Van Gogh

La nuit, de sombres mots s’échangent,
Tels des rumeurs dans un troupeau ;
Esprits siégeant près des tombeaux
(Où les morts n’ont plus de louanges
Que la parole des corbeaux) ;

La froide nuit où, dans ses langes,
Sourit un dieu cruel et beau ;
Un guerrier, les pieds dans la fange,
Attend la montée du drapeau ;

Dionysos pour Éros mélange
Les sons du fifre et du pipeau
(Tout en lui faisant boire un pot) ;
Mais dès que chante la mésange,
On voit partir ces mauvais anges
Qui sont les oncles des crapauds.

Cochonfucius

Jardin d’or

jdn-or

Image de l’auteur

Ce jardin dort dans un calme absolu,
Je n’y entends mésange ni fauvette ;
En sa cité se repose l’avette,
À peine ronfle un vieux troll chevelu.

Deux noirs goupils jettent leur dévolu
Sur une cage, où loge une poulette ;
Aux flaques d’eau, leur habit se reflète,
Obscur, comme est leur esprit dissolu.

Jusqu’au matin, nul arbre ne s’agite,
Le jardin dort, et tous ceux qui l’habitent,
Sauf la volaille, emportée dans les bois.

Sires goupils, quand leur pâture abonde,
Disent ce lieu le plus noble du monde ;
Point ne leur faut de nos festins bourgeois.

Cochonfucius

Lune verte

ben-davidson

Sculpture de Ben Davidson

Chaque homme à son prochain aimera faire un don,
Lorsque d’un astre vert les nuits seront hantées ;
La joie, la liberté seront partout chantées,
Les mauvais sentiments seront à l’abandon

Quand la lune sera verte.

Verte comme l’oiseau que l’on nomme verdier,
Verte comme le sont quelques forêts lointaines,
Ou comme une émeraude au collier de la reine,
Comme au front d’un grand homme un immortel laurier.

Quand la lune sera verte,

Verts seront les jardins de la fraternité,
Verts les tombeaux fleuris des villages de France,
Verts les petits lézards emplis de nonchalance ;
Nos jours seront tissés de plaisirs enchantés

Quand la lune sera verte.

Cochonfucius

Feuille détachée

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image de l’auteur

La feuille est sur le sol, elle n’est pas flétrie,
Qui, tombant l’autre jour, s’est posée en douceur ;
Elle eut le temps de dire au revoir à ses soeurs
Avant de s’exiler vers une autre patrie.

Vent, vas-tu l’emporter ver la lande fleurie ?
Lui feras-tu goûter du marais la noirceur ?
Quand il faut se remettre aux mains de ce passeur,
On s’en va vers les lieux dont il a seigneurie.

De ces divers endroits, jamais nul ne revint,
Ni de l’obscur étang, ni du profond ravin ;
Des absentes, pourtant, les arbres ont mémoire.

Ainsi va l’univers, en sa noble raison,
Les feuilles en plein air, les gens dans leurs maisons ;
Et quelques vieux sonnets, tout au fond d’une armoire.

Cochonfucius

Ambimoine

ambimoine

image de l’auteur

Point ne prêche ce moine une loi trop cruelle,
Son discours édifie même les passereaux ;
Tantôt disant un psaume à quelques vieux corbeaux,
Tantôt montrant un livre aux sages tourterelles.

L’aigle de grands sommets l’abrite sous son aile,
Il reçoit des cadeaux d’exotiques oiseaux ;
Il s’adresse aux hérons dansant sous les ormeaux,
La doctrine, avec lui, semble fraîche et nouvelle.

Le chasseur, l’entendant, va ranger son fusil ;
Le chat cesse, un instant, d’effrayer les souris,
Chaque auditeur l’approuve, et plusieurs d’entre eux l’aiment.

Ambimoine charmant, comment ne pas l’aimer,
Que jamais de colère on ne voit s’enflammer,
Qui trouve un mot gentil pour Lucifer lui-même.

Cochonfucius

Dieu est un jeune chat

chat léo

Peinture à l’encre 

L’été meurt. Dieu est faible, et toujours ça m’étonne…
Il vit dans son présent, il n’a donc rien appris ;
Dieu est presque invisible à force d’être gris :
Mais j’aime sa façon de rougir les automnes.

Il fait frapper la mer aux falaises bretonnes,
Il fait proliférer le peuple des souris,
Il donne bonne odeur aux fruits qui sont pourris :
Il dort, chaque dimanche, ou alors, il ronronne.

Je ne le laisse pas entrer dans ma maison ;
Il me l’a interdit, quand il fit ma raison.
Et mélanger les deux ne serait rien qui vaille.

Dieu est un jeune chat, plein d’imagination,
Adorant contempler ce monde en perdition
Dont il pense qu’il est la meilleure trouvaille.

Cochonfucius

Poisson du tsar

erqqm

image de l’auteur

Ce poisson s’est instruit sur les vertus de l’eau,
Lui qui l’aime surtout quand elle est fraîche et pure ;
Il l’aime dans le jour et dans la nuit obscure,
Il aime la sirène et le fier matelot.

Qui peut savoir d’où vient le mouvement des flots ?
Tu dois à ce propos questionner la nature ;
La réponse n’est pas dans la littérature,
Tu n’en apprendras rien par les profs de philo.

— Que ferais-tu, poisson, si la mer tarissait ?
— Elle est intarissable, et cela, tu le sais,
Car, inlassablement, les fleuves la remplissent.

Sur de pareils sujets, pourquoi s’interroger ?
Quand on est dans le mer, il suffit de nager ;
C’est le courant, c’est l’eau, c’est le réel qui glisse.

Cochonfucius

Paysage familier

lune1

La plaine est comme un océan,
Comme un beau jardin sont les cieux ;
Leur vide n’est point le néant,
Il est peuplé de petits dieux.

L’air est plus doux qu’une liqueur,
Un oiseau crie comme un devin ;
Un poème chante en mon coeur
Et ma coupe est emplie de vin.

L’atmosphère inaccoutumée,
Sans brume ainsi que sans fumée,
Semble d’un rivage de mer.

Vers l’horizon, la lune est ronde
Et son rire n’est pas amer :
Son ivresse n’est point profonde.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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