Roi dérisoire

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Je ne sais si j’ai mis ma couronne à l’envers,
Je n’ai jamais compris dans quel sens ça se porte ;
Cette question, sans doute, assez peu vous importe,
Vous dont le noble chef est toujours découvert.

Je vous prends à partie, c’est un de mes travers,
Je suis un piètre roi qui fort mal se comporte ;
Mais je ne me plains pas, mes sujets me supportent,
Ils déposent chez moi du bois mort, en hiver.

Je ne vais point chasser dans cette immense plaine
Où sourit la bergère en ses habits de laine ;
Je n’oserai jamais lui porter une rose.

Je suis un vieux monarque au pouvoir bien réduit,
Mon esprit n’est pas loin de sombrer dans la nuit ;
Je m’occupe à tracer des vers et de la prose.

Cochonfucius

Quatre lions

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L’un s’en vient du sud, l’un s’en vient du nord,
Arrivant au centre, ont pris une chambre,
Ont dormi, grisés du vin de septembre,
Vin nouveau, chargé de senteurs, mais fort.

Le tiers de la mer, le quart de ses bords,
Se sont rencontrés chez le vendeur d’ambre,
Chez qui la danseuse à minuit se cambre,
Dont l’activité semble sans effort.

Ah ! Ces quatre lions ne sont pas farouches,
lls sont, tels des chats, vautrés sur leur couche ;
De la pureté, leur coeur est épris.

J’aimerais avoir leur belle innocence,
Leur charmant esprit, leur goût, leur décence ;
Mais je ne suis rien, qu’un vieux malappris.

Cochonfucius

Une exclaustration

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Toile de Picasso

Je m’étais réfugié, encore adolescent,
Dans la cellule tiède, au coeur du monastère.
Peu sévère était l’Ordre et nullement austère,
Ce que nous apprenions était intéressant.

Puis, nous faisions partie du groupe des puissants,
Pour nous les paysans faisaient vivre leur terre,
Pour nous les commerçants ont armé leurs galères,
Facile de payer, rien qu’en les bénissant.

Maintenant je suis vieux, dévasté par le doute,
La voie que j’ai suivie, est-­ce une fausse route ?
J’inscris cette question sur mes longs parchemins.

J’inscris cette question qui devient un poème,
Si cette vie sur terre est faite pour qu’on aime,
Aimer la poésie est aussi un chemin.

Cochonfucius

Ambicoq de gueules

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Ses femmes sont dix-sept, il a trois cents enfants
Entre lesquels il fait d’équitables partages ;
Lui qui ne se prend point pour un dieu triomphant,
Il veille sur les biens qu’il eut en héritage.

Tu peux le voir, à l’aube, errer dans le bocage
Auprès de la perdrix dont il devint l’amant ;
Il aime aussi la friche et le grand marécage
Où sont Dame Grenouille et Messire Flamant.

Il arbore un blason, la basse-cour l’admire,
On a fait son portrait sur un blanc parchemin ;
Les dames du canton l’appellent « Noble Sire ».

À la fin, voudra-t-il vivre comme un ermite ?
Cela peut arriver, mais ce n’est pas demain ;
De plus, il peut aussi finir à la marmite.

Cochonfucius

Vaisseau de Polyphème

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Jadis le grand Cyclope allait en promenade
Sur les flots transparents, naviguant loin des ports ;
Il préférait les jours où le vent soufflait fort,
Déployant sa vigueur ainsi qu’une Ménade.

Volontiers la sirène avec lui se balade,
Qui jure comme lui par les mille sabords ;
Son joli chant séduit le cuisinier du bord
Et ce bon compagnon, le dauphin des Cyclades.

Je les vois méditer sur l’Être et le Néant
À l’heure vespérale où le Ponant s’enflamme,
Où le soleil s’en va dormir sous l’Océan.

La nef n’a pas d’enseigne et n’a pas d’oriflamme,
Mais le couchant rougit le casque du Géant,
Fils de Poséidon et d’une noble Dame.

Cochonfucius

Errance de l’ermite

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Sans but et sans mission cet ermite voyage,
Lui qui du vaste monde ignore les dangers ;
Sa porte est bien fermée, ses livres sont rangés,
Il a fait ses adieux aux gens du voisinage.

Il ne recherche point vers ailleurs un passage,
Il ne convoite pas un antre où se loger ;
Il va sans réfléchir et sans s’interroger,
Il ne veut proclamer d’aucun dieu le message.

Passeront les saisons, les jours et les semaines,
Prendront fin l’euphorie et les amours humaines ;
Il mangera parfois, ne boira pas souvent.

Être un atome errant, ce n’est pas difficile,
Un simple voyageur, à son destin docile,
Dont furent les désirs emportés par le vent.

Cochonfucius

Grillon de Chine

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Encre de Shibata Zeshin

À la belle saison, les paysans de Chine
Attrapent des grillons qu’ils retiennent captifs
D’une cage en bambou dont la structure est fine
Et l’extérieur orné d’artistiques motifs.

Ces petits prisonniers font une douce plainte
Dont la mélancolie et la sérénité
Enchantent la maison, tel un grelot qui tinte
À l’heure où se répand la bonne odeur du thé.

Oh ! ne dirais-tu pas, à ce très fin murmure
Que rend cet orthoptère éloigné de son champ,
Un écho merveilleux où la douce nature
Résume tous ses bruits dans la saveur d’un chant ?

Si, dans ces mille accents dont sa cage résonne,
Il en est un plus doux qui vienne te frapper,
Et qui semble venir du poète en personne,
C’est un aveu d’amour qui n’ose s’échapper.

Cochonfucius

La Tour de Lao-Tseu

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Ici nous exposons la Voie et la Vertu,
Nous mangeons sans excès, nous buvons sans ivresse ;
Humbles sont nos discours, nul ne s’y intéresse,
Nous ne les avons point d’ornements revêtus.

De Seigneurs nous n’avons certes pas le statut,
Dont nous ne possédons la force ni l’adresse ;
Mais nous savons des jours éloigner la paresse,
Et progresser ailleurs qu’en des sentiers battus.

Il ne nous convient point de désirer la gloire,
Mais bien de cultiver du Maître la mémoire ;
Et pour un tel labeur nous restons en ce lieu.

Les scribes de l’Empire ont des mots légitimes,
Mais passent à côté des vérités ultimes ;
Ils n’en ont nul besoin, d’ailleurs, et c’est tant mieux.

Cochonfucius

Le Seigneur d’Alpha Pontis

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Je règne sur cet astre, et quelques autres lieux,
Je suis un Roi Cosmique, un Gardien des Lumières ;
Je peux mobiliser trois cents mille guerrières,
Aucun de mes voisins ne saurait faire mieux.

Je ne crains point les rocs qui traversent les cieux,
Je les jette au Trou Noir qui est gourmand de pierres ;
Il me sourit alors en plissant ses paupières,
Son visage est obscur, on ne voit pas ses yeux.

La Dame du Quasar (je suis sous son emprise)
A visité souvent mon palais par surprise ;
Bien après son départ, je reste tout rêveur.

Mais au long des années, l’Univers devient sombre,
Bon nombre de soleils ne sont plus que des ombres ;
Et beaucoup de plaisirs ont perdu leur saveur.

Cochonfucius

Fatrasie

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Toile de Caroling

Au moment où Paul Verlaine
Dévorait une baleine,
Survint Benjamin Péret,
Lequel de faim se mourait.

Charles Leconte de Lisle
Disait : C’est pas difficile,
Demandons à La Fontaine
De découper la baleine
.

Alors Pierre de Ronsard
Verse à chacun du pinard
Qu’aussitôt tous vont séchant,
Y compris Renaud Séchan.

Victor Hugo torche un litre,
Raymond Queneau fait le pitre,
Nul ne sait si Segalen
Est plus saoul que Verhaeren.

Chanté par René-François
Sully-Prudhomme
 à la voix
Forte, un hymne à la bouteille
Réjouit de Nerval l’oreille.

Le seigneur de Vigny sonne
De son cor mieux que personne.
Arthur Rimbaud vocalise,
Perec lipogrammatise.

De ses jeux de mots pervers,
Villon fait rire Prévert,
Et sourire un peu Emile
Nelligan
, ce gars tranquille.

Yake Lakang les écoute
Et conclut : Sans aucun doute,
Il se peut que les poètes
Aient un grand sens de la fête.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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