Perspective

bouddha

Autoportrait de l’auteur

Lorsque j’étais marmot, j’admirais les vieux sages :
Je les croyais munis de ce souverain bien,
L’intime paix du coeur, plus précieuse, ô combien,
Que de la société tous les vains apanages !

Me voici désormais, avec  soixante ans d’âge,
Tout aussi grisonnant que furent ces gardiens
Auxquels je témoignais mes respects quotidiens ;
Mais je n’ai point reçu leur noblesse en partage,

Juste l’art de te rendre un peu moins monotone,
Bienveillant univers dont ma candeur s’étonne,
Juste l’art de chanter en dépit des tourments.

Muse, merci à toi de n’être point morose
Lorsqu’en ta compagnie j’avance lentement,
Toujours respectueux du bel ordre des choses.

Cochonfucius

Docte Goupil

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image de l’auteur

Maître Goupil, dit-on, de ce monde a l’usage,
Des trésors de sa ruse on a fait un roman ;
En des temps très anciens j’en ai lu quelques pages,
Et même des extraits traduits en allemand.

En deux ou trois sonnets je lui rendis hommage
Afin de le dépeindre en héros triomphant ;
Car il sut du corbeau susciter le ramage,
Pour notre amusement, pour celui des enfants.

C’est un bon compagnon pour les jours de misère ;
Ceux qui de l’imiter autrefois s’avisèrent
Eurent moins de tourment, ne dites pas que non.

Le renard n’écrit pas, mais il sait très bien lire ;
Il aime rencontrer la science et le délire,
Ainsi que les auteurs qui célèbrent son nom.

Cochonfucius

Enfant de vouivre et de pluvian

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image de l’auteur

Je naquis de la vouivre en la grotte sacrée,
Je ne fus que le fruit d’un amour passager ;
Mon père, ce pluvian, n’aimait point s’engager,
N’ayant nulle confiance aux liens que l’on se crée.

En l’humour gotlibien ma sagesse est ancrée,
Qui tant a diverti Newton en son verger ;
J’ai bien souvent rêvé de sa pomme sucrée
Qui sait tomber tout droit, sans jamais diverger.

Par des chants de jadis mon âme est enflammée,
Que ma mère parfois chantait sous la ramée ;
Rien ne put égaler cette voix de cristal.

Or, que ferai-je donc de ma vie qui commence ?
Serai-je vagabond, loin de mon sol natal ?
Tant de chemins tracés sur cette terre immense !

Cochonfucius

Trois âmes de serpents

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Image d’Herald Dick

C’est le premier serpent, et son âme est robuste,
Elle repose ici, dans l’ombre d’un arbuste ;
Se souvenant toujours de son corps caressant,
Elle dit que le monde était intéressant.

Le deuxième serpent, son âme est sous un chêne,
Quand l’orage survient, son rire se déchaîne,
Rire qui semble issu d’un infernal chaudron ;
Et du coup, le bel arbre échappe au bûcheron.

Le troisième serpent n’aime point la verdure ;
D’un tombeau minéral il cherche la froidure,
Entretenant son âme en ce lieu sépulcral ;
Car il veut méditer, dans le calme intégral.

Cochonfucius

Canard poétique

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image de l’auteur

J’aime ce canard, il sait des histoires,
Parfois gratinées, je le reconnais ;
Je m’en suis servi pour quelques sonnets,
Ou pour d’autres vers, la chose est notoire.

Ayant pauvre sens et pauvre mémoire,
Mon art poétique est fort imparfait ;
Les mots du canard me sont un bienfait,
Et ses manuscrits dans ma grande armoire.

Nous buvons ensemble en notre tanière,
Ma muse s’amuse et la sienne aussi ;
Nous les entraînons sous notre bannière.

Des livres anciens posés sur la table,
Les auteurs nous sont amis véritables ;
Il serait trop long d’en parler ici.

Cochonfucius

Pétales de gueules

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image de l’auteur

Je suis ce presque rien qui fleurit sur les pentes,
Petite tache rouge au sein d’un monde vert ;
En ces lieux ne prospère aucun démon pervers,
Mais un homme rêveur dont Lilith fut l’amante.

J’ai de l’admiration pour les oiseaux qui chantent,
Mon coeur regrette un peu leur absence en hiver ;
Je tiens un petit rôle en ce vaste univers,
Sévère est la nature, elle n’est pas méchante.

Mon corps au long du jour se nourrit de soleil,
Je bois de la rosée au sortir du sommeil ;
Ces deux trésors pour moi sont comme une fortune.

Mon regard de fleur voit plus loin que l’horizon,
Mon délire est savant plus que votre raison ;
Je compose des vers aux soirs de pleine lune.

Cochonfucius

Savoir­-vouivre

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Illustration de John Howe

Ils perdirent la vouivre, un soir. Pourquoi perd-­on
La vouivre ? Quelqu’un l’a parfois trop regardée.
Les loriots blancs, furieux de l’avoir hasardée,
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,
Mais la vouivre avait fui, comme fuit une idée.
Et ces loriots voulant avoir l’âme guidée
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.

Mais le gros bison noir, méprisé des deux autres,
Se dit : Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner pourtant au peuple son pinard.

Tandis qu’il en portait un plein seau par son anse,
Alors qu’il y jetait un machinal regard,
Il vit la vouivre d’or, qui nageait en silence.

Cochonfucius

Jardinage

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Photographie de Doisneau

Que savent nos jardins de l’éclosion des roses ?
Le printemps les atteint sans qu’ils soient plus savants.
Ils n’ont rien retenu des beaux printemps d’avant,
Et même s’ils en ont gardé deux ou trois choses,

Ils ne les gèrent pas, le hasard les dispose,
L’herbe invasive obtient le point, le plus souvent,
Mais peu m’importe, à moi qui jardine en rêvant :
Je veux deux ou trois fleurs, pas une apothéose.

C’est donc sereinement que je donne à la terre
Mes efforts maladroits, mon labeur éphémère :
L’ombrage que j’obtiens en est le juste prix.

D’autres vont parvenir à vendre leurs légumes,
Et les plus ambitieux produiront des agrumes ;
Moi, la fleur non voulue qui parfois me sourit.

Cochonfucius

Un art de lire

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Pièce de Riccardo Guasco

Le sens d’une écriture, il est dans le regard
D’un lecteur appliqué à lire entre les lignes.
Dans son esprit limpide, il assemble les signes,
Et la révélation lui parvient, tôt ou tard.

S’il croit trouver parfois les effets du hasard
Dans une prose, et dit, avec un oeil qui cligne :
« Cet auteur nous soumet des jeux de mots indignes ! »,
Qu’il voie d’un peu plus près ce surprenant bazar

Où son application finira par trouver
De quoi être d’accord, de quoi désapprouver ;
Du sens, quoi qu’il en soit, appelant la réplique.

Exception : si l’auteur raconte un cauchemar
Venu le tourmenter au fond de son plumard ;
Les rêves ne sont pas des mots que tu expliques.

Cochonfucius

Heureuse

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Toile de Singleton

Combien serait heureuse et paisible la Terre
Si chacun désirait songer au bien d’autrui,
Si chacun produisait la joie autour de lui,
Et si nul ne croyait que son coeur fût de pierre !

Aujourd’hui, çà et là, de furieux adversaires
Du matin jusqu’au soir s’affrontent à grand bruit,
Et rêvent de combats tout au long de la nuit,
Aujourd’hui brûle encore une flamme de guerre.

Mais un jour se taira l’aboiement du canon.
Sol que du sang humain, hélas, nous profanons,
Plus personne demain ne te le fera boire.

La ruine de Babel redeviendra la tour,
Avec des feux de joie allumés tout autour ;
Et nous dirons : « La paix, telle est notre victoire ».

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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