Azur et candeur

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image de l’auteur

Au coeur du terrain vague est une fleur très pure
Qui veille chaque nuit sur l’herbage qui dort ;
Elle aime méditer dans les heures obscures,
Il lui plaît de rêver, aussi, au soleil d’or.

Elle a toujours mené sa vie sans aventures,
Pas de voyage en mer, pas de chasse au trésor ;
Mais elle entend souvent courir des créatures
Que le chasseur poursuit en sonnant de son cor.

Quand l’automne survient, ses voisines se fanent,
Que recueillent parfois les korrigans qui glanent ;
Ils marchent lentement sous le ciel qui pâlit.

Elle écoute les mots du prince et de sa rose,
Ainsi que du serpent qui jamais ne faiblit ;
Jamais on n’entendit plus savoureuse prose.

Cochonfucius

Rhinocéros

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Photographie de JBB

Le rhinocéros boit de la bière,
C’est à la pression qu’il la préfère ;
Au comptoir, il se tient, solitaire.

Il ne sait quand il faut qu’il s’arrête,
Ça commence à tourner dans sa tête,
Ça commence à tourner, ça l’inquiète.

Rhinocéros, ne crois pas les hommes
Quand la bière “inoffensive” ils nomment,
Ce n’est pas vrai, farceurs que nous sommes.

Allons, ne te mets pas en colère,
Le patron t’offre le dernier verre,
Comme il l’offrait, jadis, à ton père.

rhino-bar

Cochonfucius

Gardien du sanctuaire babylonien

apdo

image de l’auteur

Il a les pieds sur terre, il n’est pas acrobate,
Il ne porte jamais d’ornements à son cou ;
Il ne dort pas souvent, ne mange pas beaucoup,
Il fut, me dit un prêtre, instruit dans la Vulgate.

Une louve est sa mère, et son père un chien fou,
Il fut jadis épris de sa cousine Agathe ;
Mais elle voulut vivre avec un pélobate,
Il a juste pensé « C’est bon, chacun ses goûts ».

L’orgue le fait vibrer, la prière le touche,
Ce vigilant gardien pour écouter se couche,
Il a compris que Dieu ne peut l’abandonner.

Il fréquente parfois la maison d’une dame,
À la boisson, tous deux, je les crois adonnés,
Et que ferait-il d’autre, en face d’une femme ?

Cochonfucius

Le seigneur Coq d’Azur

aps

image de l’auteur

Jamais il ne sourit, qui sait ce que ça cache,
Une absence de coeur, une froideur du sang ?
Ce n’est pas un poulet, car c’est un coq puissant,
Mirabelle l’a dit, c’est une sainte vache.

Si à plus d’une poule au printemps il s’attache,
Son désir se retrouve, en été, décroissant ;
Mais il aime accueillir des poussins ravissants,
Il s’amuse avec eux, jouant à cache-cache.

En ce poulailler sont des habitants heureux,
Des poulettes je vois les regards amoureux,
Jamais ne vient ici le goupil diabolique.

Ce coq aime citer des vers d’Albert Samain
Ou des textes sacrés, qu’on dit apostoliques,
Lui qui jamais n’aura souci du lendemain.

Cochonfucius

Trois taches

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Toile de Andy Warhol

Trois taches de pinard sur une lourde nappe,
Et puis le tavernier m’a piqué tout mon blé.
Cochonfucius, de vin et de rêve comblé,
Sent son esprit chargé d’une pesante chape.

La lourde nappe évoque une bourbeuse plaine
Où doit vagabonder notre coeur dépeuplé,
Guidé par un cerveau un peu désassemblé,
Rempli de lassitude et d’une force pleine.

Or, Sandra devient une inaccessible reine
Prisant l’érudition en son illustre cour.
Sur un joli plateau qu’il porte avec amour,
Le roi offre des toasts auxquels on touche à peine.

Edgar Faure hurle et court par-delà l’horizon.
Les taches de pinard font comme un archipel
Et plus d’un crocodile y entend les appels
De son pluvian qui veut qu’il rentre à la maison.

Les taches de pinard font une cathédrale
Et plus d’un crocodile y étale sa gueule
Qui s’ouvre d’autant plus qu’elle n’est pas la seule
A peupler ces lieux saints d’une forme animale.

Deux litres de pinard font de la vie sur terre
Un bonheur nonchalant au goût de vin nouveau.
On oublie les embrouilles, on oublie les travaux,
On savoure sans fin une joie solitaire.

Je ne peux plus marcher, la route est bien trop droite !
J’ai l’estomac danseur, le coeur entre les dents,
Mon cerveau, désormais ouvert à tous les vents,
Ne pourra plus franchir aucune porte étroite.

(…)

Or, nous te demandons, refuge du buveur,
D’être notre domaine et notre observatoire,
Pour vivre vainement notre futile histoire,
Et contempler de loin ce monde et sa ferveur.

Cochonfucius

Pour Albert Samain

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Toile de Agnes Toth

Notre vie se fragmente avant qu’on ne la brise ;
Chaque fois qu’on renonce à passer aux aveux,
À prendre l’occasion fugitive aux cheveux,
C’est un peu de notre âme envolée dans la brise.

Quand, sur de beaux portraits, nos regards s’électrisent,
La flamme parcourant le système nerveux
Brille de plus d’éclat qu’un milliard d’autres feux ;
Mais souvent, c’est en vain qu’un pauvre coeur se grise.

Ce coeur ne monte pas, tel un nuage, aux cieux
Vers lesquels on nous voit, la nuit, lever les yeux.
Il s’endort dans le froid, s’éveille dans la brume,

Avance au long du jour, porté par des soupirs,
Et garde au creux de lui, profond, le souvenir
D’avoir été, jadis, léger comme une plume.

Cochonfucius

L’oiseau qui chante comme Bob Dylan

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image de l’auteur

L’oiseau peut imiter un chanteur d’un autre âge,
Mais il n’est qu’un rhapsode et pas un orateur ;
Il peut signer son nom pour ses admirateurs,
Trouvant un instrument dans son noble plumage.

Il connaît quinze chants, ou même davantage,
Lui qui sut inspirer plusieurs compositeurs ;
Lorsque d’autres oiseaux viennent en visiteurs,
Il aime s’imprégner de leurs divers ramages.

Il récite un sonnet quand il va faire nuit,
Il compose des airs dès que le soleil luit ;
Il se souvient toujours des propos de son Maître.

Aux grands auteurs latins il n’est pas étranger,
Sa mémoire d’oiseau les a tous engrangés ;
Il est considéré comme un homme de lettres.

Cochonfucius

les paroles vagabondes

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Toile de Dalí

De forum en forum, plusieurs voix se répondent.
Sur ces pages sans fin, nous sommes des errants,
Auteurs de textes flous, de phrases vagabondes,
Dont les échos, longtemps, flottent sur nos écrans.

Chaque forum fermé se veut un micro­-monde.
Qui passe d’un à l’autre, auteur itinérant,
Se construit, de ce fait, l’identité seconde
Ou tierce, où ses propos se vont réverbérant.

C’est, quand même, un bonheur d’accueillir une intruse
Dont on a souvenance au temps qu’elle était muse,
Même si vers l’antan, nul ne peut repartir.

Or donc, dans la nature un ermite se terre,
Car il prend cette vie comme un trop lourd mystère :
Que faire, alors, pour lui… Ecouter, compatir.

Cochonfucius

Le serpent

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Illustration du Petit Prince

Petit prince, sur Terre, une dernière fois,
Tu puises de l’eau fraîche et, calmement, tu bois.
Peu s’en faut désormais que le sable n’accueille
La chute de ton corps léger comme une feuille.

Etait-ce un sage avis d’avoir recours à moi ?
Même un coeur de reptile, imperturbable et froid,
Ne peut que se serrer quand l’univers s’endeuille
D’un enfant comme toi. Prince, je me recueille.

Si j’avais dû piquer un trop vieil aviateur
Ayant perdu l’espoir et cassé son moteur,
J’aurais dit « Cette mort n’est point la pire chose ».

Mais je sais que tu es tout ce qu’il y a de vif
Et que tu as voulu ce sort définitif
Pour rien, pour moins que rien, pour l’amour d’une rose.

Cochonfucius

Dortoir d’antan

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Bob Dylan, dans un train vers l’ouest tu t’en allais ;
À cause du repos que prendre il te fallait,
Ce jour tu fis un rêve, et ce fut chose amère,
Où tu te vis avec tes amis de naguère.

Au travers d’une larme, une vue du dortoir
Où tes amis et toi passâtes plus d’un soir,
Où vous aviez ensemble essuyé des tempêtes
À rire et à chanter, chaque nuit une fête.

Auprès du poêle à bois, vous pendiez vos chapeaux,
Vous chantiez vos chansons, vous disiez quelques mots ;
Sans la moindre ambition, vous étiez bien à l’aise
Disant : je veux trouver des sarcasmes qui plaisent.

Coeurs pleins d’inspiration, l’hiver comme l’été,
Nul ne pensait atteindre à la maturité
Croyant vivre toujours cette vie amusante ;
Mais la chance était d’un sur deux puissance trente.

Comme tout était simple en ces temps de clarté !
À vivre on n’éprouvait nulle difficulté ;
Bob Dylan rêve encore à tous ces joyeux drilles,
Comme Adam qui pleurait, se tenant à la grille.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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