Quintefeuille immortelle

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Je scrute ma mémoire et j’y vois mes soeurs mortes,
La vie ne saurait être un éternel matin ;
On retire la coupe à la fin du festin,
Un ange la confisque, ou le diable l’emporte.

Je ne fais point partie des quintefeuilles fortes,
« Quia sum infirma », comme on dit en latin ;
J’ai regretté cela dans un passé lointain,
Mais à quoi bon gémir, l’hiver est à ma porte.

Puisque j’ai traversé des instants savoureux,
Je ne refuse pas les moments douloureux ;
À quoi bon contester les lois universelles ?

D’ailleurs, je ne veux plus prêcher dans le désert,
Donc je vais m’en aller, ainsi, au gré des airs ;
Je ferai perdurer la dernière étincelle.

Cochonfucius

Potion des Varègues

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La potion franchit l’Océan
Dans une nef aventureuse ;
Elle porte un bidon géant
Rempli de potion savoureuse.

La boussole n’est pas trompeuse,
Qu’offrit l’évêque d’Orléans ;
Jamais la sirène pulpeuse
Ne nous mène vers le Néant.

Au long des côtes embrumées
Flottent des algues parfumées ;
Nous ne périrons pas en mer.

Autour de la planète ronde,
Nous franchissons le gouffre amer
Pour livrer cette bière blonde.

Cochonfucius

Troll biscornu

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Composition de Cochonfucius

Voici qu’un troll invisible
Se fait gardien du verger
Où, des sangliers paisibles,
Il s’instaure le berger.

Dans sa fourrure soyeuse,
Il ne craint jamais le froid ;
D’une humeur souvent joyeuse,
Il est plus heureux qu’un roi.

Mais une chose l’inquiète :
C’est qu’un archange gaulois
Bien souvent fait la cueillette
Des sangliers de ces bois.

Cochonfucius

Sangliers imperceptibles

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Des sangliers gaulois la prudence est extrême,
L’archange de sinople en mangea la moitié ;
Ils savent que jamais ils n’auront sa pitié,
Car ce noble guerrier chasse même en carême.

Pour vivre sans péril, ils trouvent un système
D’invisibilité pour leur corps tout entier ;
Un arbre dans les bois, dont ils ont l’amitié,
Le druide n’ira pas le frapper d’anathème.

Chacun d’eux, occupant la surface d’un fruit,
Reste bien immobile et ne fait pas de bruit ;
Or, nul ne les discerne au coeur de la ramée.

Mais j’en ai dit assez, je cesse mon discours ;
De l’archange affamé je me porte au secours,
Je vais lui proposer quelques truites fumées.

L’oiseau qui fait des sous-entendus

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Cet oiseau sait parler par allusions discrètes,
Nul ne peut deviner ce qu’il a sur le coeur ;
Il aime plaisanter, mais il n’est point moqueur,
Puis il possède aussi des talents d’interprète.

Il a souffert jadis pour des amours secrètes,
Son plumage en perdit sa vivace couleur ;
Mais il a surmonté cette sombre douleur,
Il revoit des instants que toujours il regrette.

On ne peut le piéger, tel le bouc, en un puits,
Car pour en remonter, sur l’air il prend appui ;
Il ne craint pas la mort, ni son obscur visage.

Il fut en maints endroits voyageur sans bagages,
Les luxes du confort, ils ne sont pas pour lui ;
Il accomplit ainsi d’intéressants voyages.

Cochonfucius

Tour de glaise

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Un roi fit une tour d’une modeste argile,
Ce fut pour y passer les derniers de ses jours ;
Mais avant de nourrir ses amis les vautours,
Il voulut profiter de cet abri fragile.

Le corps est délabré, mais l’esprit est agile,
Sa muse d’autrefois l’accompagne toujours ;
Quand il s’adresse au peuple, il parle sans détours,
Son langage est orné d’images d’Évangile.

Or, produire des lois est pour lui sans objet,
Il sourit gentiment de ses anciens projets ;
Ça ne l’empêche point d’exercer sa mémoire.

Il voit des bâtiments le Royaume arpenter,
Par d’étranges chemins, d’ailleurs peu fréquentés,
Sa tour n’a nullement ce style ambulatoire.

Cochonfucius

La forge

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Un penseur, sur la table basse, se lave avec de la farine.

Une vieille cigogne descend, doucement portée par le dioxyde de carbone. Et le dioxyde balance la cigogne juste au-dessus du penseur; le dioxyde attend, pour la poser légèrement sur la table basse, que le penseur soit remonté sur le sommet des étagères où il aime à rester immobile comme un sac de farine.

On repeint les enclumes. Un marteau chante. La forge est émouvante en ce soir de beuverie. La forge reste seule aux abords des troquets et regarde au fond d’un profond puits les constellations australes qui rient comme des malades. Parfois un acarien veut soulever le marteau, mais c’est bien trop lourd. Alors il écoute la chanson du marteau et le rire des constellations en ce soir de beuverie. Et une araignée en fait sa proie, profitant qu’il ne fait pas gaffe. Ce paragraphe est lourd comme un sac de farine.

Mais le paragraphe qui suit est transparent, et bien court.

Cochonfucius

Cétacé intrépide

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image de l’auteur

Dauphin de Nansouty, vers l’enfer tu descends,
Tu veux te divertir en cette sombre arène ;
N’écoutant nullement ton ange qui te freine,
Tu voudrais explorer ce gouffre incandescent.

Tu es un combattant, un stratège puissant,
De plus en plus profond l’enthousiasme t’entraîne ;
Ta détermination fait peur à la sirène,
Et même elle en éprouve un malaise croissant.

Terrible est ce désir de quitter l’onde fraîche,
Toi dont le corps pourrait monter comme une flèche ;
Ton voyage inédit trouble le dieu des eaux.

L’inframonde n’est pas un grand port de plaisance,
Car en ce lieu ne règne aucune providence,
Ce n’est pas un Eden où chantent les oiseaux.

Cochonfucius

Tours de la Trinité

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Dans la première tour, un Créateur naquit,
Il nous fit un jardin qu’arrosent quatre fleuves ;
Il créa le Serpent pour nous mettre à l’épreuve,
Mais pour ça nous n’avions pas le niveau requis.

Dans la deuxième tour naquit le dieu Loki,
Qui fut fils d’un archange et d’une jolie veuve.;
Il aimait plaisanter, car son âme était neuve,
Aux autres, son humour ne semblait pas exquis.

Dans la troisième tour naquit l’enfant d’un merle,
Il fut neveu de l’onde et petit-fils du vent ;
À sa soeur la colombe il a parlé souvent.

Grâce à ces trois lascars, un grand bonheur déferle
Sur notre vaste plaine aux nuages d’argent ;
Enfin, bon, c’est du moins ce que disent les gens.

Cochonfucius

Pour Robert Desnos

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Robert DESNOS (Theresienstadt, mai 1945)

Robert, tu entendais la voix de la Victoire ;
Pourtant le quotidien était encore obscur,
Et d’en sortir vivant, tu n’étais pas trop sûr.
D’avoir ainsi chanté, c’est ton titre de gloire,

Dans le siècle suivant, il est de toi mémoire,
Comme d’un qui savait employer des mots durs,
Mais aussi d’autres mots, doux comme des fruits mûrs,
Comme d’un qui savait raconter une histoire.

Nous savons qu’avec toi l’ennemi fut sévère,
Qu’il te fit embarquer dans sa sombre galère
Et terminer ta vie en souffrant mille maux.

Tu n’es pas revenu de l’exil redoutable,
Les copains n’ont plus mis ton assiette à leur table ;
Mais ils rêvent le soir, en retrouvant tes mots.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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