Chat casanier

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Ce maître Chat n’est guère aventureux,
Peu de rats tombent sous sa patte ;
Il n’a jamais été bien rigoureux,
Il n’est point de ceux qui se battent.

De la victoire il n’est point désireux,
Et même pas sur une chatte ;
Tu ne lui vois nul regard langoureux,
Il aime pourtant qu’on le flatte.

Lui qui se fout du tiers comme du quart,
C’est quand même une fine bête ;
Ses commensaux ont pour lui des égards.

Il n’a très souvent rien en tête,
Ou, tout au plus, un savoureux parfum,
Ou quelques fumets plus communs.

Cochonfucius

Dolmen de Pise

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Pas très loin de la ville, au flanc d’une colline,
Ce vieux dolmen qui penche écoute les oiseaux ;
Sans souci des regards, sur la pente il s’incline
Comme fait un vieux pin du côté de Cazaux.

Il est, ce monument, moins souple qu’un roseau,
Et la pierre n’a point la douceur d’une hermine ;
Ses articulations ne sont que des vieux os,
Mais quand il voit le jour, le bonheur l’illumine.

Le sommet du dolmen, ni trop long, ni trop court,
Est en ce même endroit depuis cent mille jours ;
Mais ce n’est pas pour lui l’âge de la vieillesse.

D’un oblique dolmen admirons la noblesse,
Monument de mémoire et de juste milieu,
Lui qui fut messager de gaéliques dieux.

Cochonfucius

Inexistant dragon

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Ce dragon brille par son absence limpide,
Jamais ne l’occira page ni chevalier ;
Mais cela n’en fait point un être singulier,
Plus d’un auteur l’omet, ce qui n’est pas stupide.

N’étant ni long ni court, ni loyal ni perfide,
Il n’a ni parenté ni voisins de palier ;
Je lui trouve pourtant comme un air familier,
J’ai bien connu des gens dont la nature est vide.

L’héraldiste quand même a sorti son pinceau ;
Non pour une oeuvre abstraite en mode Picasso,
Mais avec réalisme à gratter il s’applique.

Baptisant l’animal du beau nom de Nestor,
À sa surface il donne un reflet métallique ;
L’être sans existence a des écailles d’or.

Cochonfucius

Amphore du druide

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Dans l’amphore fermente une potion nouvelle,
On y trouve du miel et des fruits de saison;
N’en bois pas trop souvent, ni plus que de raison,
Ton coeur se briserait ainsi qu’une urne frêle.

En ne dépassant point ta dose habituelle,
Tu pourras sans ennuis rejoindre ta maison ;
Le druide pour la route offre des salaisons
Que tu vas grignoter tout au long des ruelles.

À la sobriété, si tu sais te plier,
De merveilleux sonnets tu pourras publier ;
Ou, si tu l’aimes mieux, de la prose ordinaire :

Du vieux sorcier gaulois nous avons d’autres plans ;
Un cerveau prolifique est sous ses cheveux blancs,
Lui que jadis aima la Reine des Chimères.

Cochonfucius

Autres jours de lecture

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Toile de Dominique Amendola

16 8 13 à C S

C’est sans toi que j’ai lu, ces jours-ci, sur la plage,
Et tu liras ceci, un jour, sous d’autres cieux.
Je souris en moi-même en pensant que tes yeux
Je ne sais quel matin parcourront cette page.

Ce jour vient ajouter une année à mon âge;
Et l’an passé, déjà, je me sentais trop vieux.
J’y pense en parcourant ici les mêmes lieux,
Les mêmes boulevards et les mêmes herbages.

Mon pas se fait plus lourd et bien plus malhabile ;
Durs me sont  les sentiers qui me furent faciles,
Et ces difficultés, je les bois à longs traits.

Tu restes pour toujours dans mon coeur, jeune muse,
Ma rime se moquant d’elle-même s’amuse,
De ce que j’écrivis ne me vient nul regret.

Cochonfucius

Ambichien de Maître Perutz

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Il sait où fut caché l’argent du trépassé,
Il en parle d’ailleurs à des gens qu’il rencontre ;
L’un deux doit hériter, le testament le montre,
Que d’écrire, pourtant, le mort s’est dispensé.

L’héritier, par tout ça, se trouve dépassé,
Il ne sait même plus lire l’heure à sa montre ;
Il arrive à parler aux ambichiens, par contre,
Du trésor attendu qu’il voudrait dépenser.

L’homme est bien malheureux, mais de chercher ne cesse ;
L’animal a perdu son maître et sa maîtresse,
Donc en son lieu natal plus rien ne le retient.

Oublier cet argent, ce serait bien plus sage,
Dont cet homme n’aurait que fort peu d’avantages ;
Mais son coeur le désire, il dit que c’est son bien.

Cochonfucius

Blanche fleur sauvage

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Pierrette en Héraldie

La blanche fleur séduit l’homme des bois,
Lui qui l’admire, il la croit immortelle ;
La contempler, ça lui donne des ailes,
Son corps se sent peser d’un moindre poids.

Il ne veut plus faire entendre sa voix,
N’ose parler à cette fleur nouvelle ;
Manquant de mots pour dire qu’elle est belle,
Il place en elle une profonde foi.

Peu de noblesse en cette humble personne,
Un peu timide, et la fleur lui pardonne ;
Elle a capté son inaudible appel.

Si la cueillait la Dame du domaine,
Elle vivrait, au plus, une semaine ;
Son corps flétri embaumerait l’autel.

Cochonfucius

Porte navale

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L’aventureux navire au péage s’arrête,
Son passage est payé par un don sans valeur ;
L’océan prend alors une vive couleur,
À voguer vers ailleurs les matelots s’apprêtent.

Nouvelles sont ces eaux sur la vieille planète,
Je n’en sais presque rien, j’ignore leur saveur ;
Je vois au ciel glisser des nuages rêveurs,
Ou bien peut-être pas, l’image n’est pas nette.

La route du vaisseau se décide à l’estime,
Car nul ne sait vraiment quel est son but ultime ;
La nef change de cap sous le noir firmament.

C’est une embarcation, ce n’est pas un refuge ;
Le capitaine agit sans aucun subterfuge,
Regardant au lointain, avançant prudemment.

Cochonfucius

Royale élégance

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C’est un roi convenable, il est toujours bien mis,
Un bienveillant sourire orne sa noble face ;
Un dieu lui conféra cette royale grâce,
Dieu qui jadis l’avait à sa mère promis.

Pour lui les courtisans sont presque des amis,
Même, le jardinier lui parle avec audace ;
Le cuisinier lui dit tout ce qui le tracasse,
Il ne méprise point ceux qui lui sont soumis.

Il boit des coups avec la reine d’Angleterre,
N’ayant aucun dessein de lui faire la guerre ;
Puis de la Jarretière elle l’a décoré.

Le sort tient loin de lui ce qui lui est contraire,
Sauf le trépas, auquel il ne se peut soustraire,
Il désire un tombeau sobrement arboré.

Cochonfucius

Avec Rosemonde Gérard

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Toile de Henryk Hector Siemiradzki

Le fils du charpentier ne dit point « Sois soumise »
À l’abeille, à la fleur, à l’ombre, à la fourmi.
Il ne leur a pas dit de venir à l’église
Chanter “Pater Noster” avec tous leurs amis.

Il aime les frissons de leur âme indécise
Et leur soulagement sous le ciel éclairci.
Parfois, pour s’amuser, il leur fait des surprises
Et j’ai comme une idée qu’ils lui en font aussi.

Mais l’homme est obstiné à dire sa prière,
Alors que s’il aimait respirer la bruyère
Au profond des forêts, si son coeur palpitait

Pour un bleu papillon qui dans la brise vole,
Il serait entouré de forces bénévoles
Dans ce vaste univers qui frémit, et se tait !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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