Cardiomanciens

brochant

image de l’auteur

Ils veulent à ce coeur toute sa force rendre,
De l’hiver de sa vie oubliant la froideur ;
Quand ce viscère aura retrouvé son ardeur,
À nouveau pourra-t-il de ses plaisirs s’éprendre.

Ils m’ont bien raconté comment ils vont s’y prendre,
Les uns se comparant à des raccommodeurs,
Et d’autres évoquant le métier d’accordeur ;
Ces deux corporations ont l’air de bien s’entendre.

Mon vieux coeur, n’aie donc plus de ces craintes d’antan ;
Tu seras comme neuf, dans assez peu de temps,
Tu ne connaîtras plus ces frayeurs qui t’agitent.

On te remet en forme, organe travailleur,
Ta vie s’adoucira, tes jours seront meilleurs ;
De nos cardiomanciens célébrons le mérite.

Cochonfucius

Un miroir obscur

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Toile de Josephine Wall

Seul le monde du rêve est toujours accueillant,
Il donne à nos visions des nuances tactiles.
On peut y converser avec de noirs reptiles
Ou parcourir le ciel sur un cheval vaillant.

L’esprit peut y mûrir, c’est en se dépouillant
De tout ce qui le met dans des colères viles.
Le Christ peut y flâner, dont la mère est subtile,
Et recevoir le feu de mille astres brillants.

Il faut en revenir, toujours, au bout du compte ;
Le livre refermé sur ce merveilleux conte
Doit s’en aller dormir au profond d’un tiroir.

Le rêve avec l’éveil jouant à cache-cache
Engendre des nuées qui deviennent des taches
Sur les sombres écrans nous servant de miroirs.

Cochonfucius

Forêt des bons et mauvais rêves

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image de l’auteur

La branche sous la brise a bougé doucement
Sans nullement trembler, sans rompre le silence ;
Presque plus d’animaux dans la forêt immense,
Nous l’avons remarqué depuis un bon moment.

Clairs sont les beaux sentiers sous le noir firmament,
Le goupil prédateur les suit quand il y pense ;
Des insectes obscurs mènent leur existence,
Leur destin sans relief s’écoule lentement.

Un cerf voudrait savoir si ce n’est pas un rêve,
Il s’approche d’un arbre à la brûlante sève ;
Son âme l’accompagne et sa crainte le suit.

Or, cette crainte en lui n’aura jamais de trêve,
Ce genre d’animal sursaute au moindre bruit ;
Mais il se calmera quand tombera la nuit.

Cochonfucius

Roi sans modération

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image de l’auteur

Du roi griffon la soif ne peut s’éteindre,
Dans son manoir il boit sans se cacher ;
Les courtisans qui lui sont attachés
Boivent aussi, trop même, on peut le craindre.

Or, qui voudra ces ivresses dépeindre ?
Et qui voudra sur ce sujet plancher ?
Sur de tels gens nul ne va se pencher,
Rien ne viendra, d’ailleurs, nous y contraindre.

Ah ! Ce griffon, toutes peurs abolies,
Tombe toujours où son penchant l’entraîne ;
Bientôt sera cette perte accomplie.

Si l’existence est une chose vaine,
N’est-il pas mieux de toujours boire ensemble ?
C’est la sagesse, ou bien, ça y ressemble.

Cochonfucius

Penseur bicéphale

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image de l’auteur

Ce monstre, il eut deux chefs aux cervelles ardentes,
Il les avait déjà quand il était petit ;
Cet être infortuné montre un double appétit,
De plus il dit toujours des choses redondantes.

Quand ses deux paires d’yeux fixent une passante,
Elle pense aussitôt « Cet homme est mal loti » ;
Puis son double désir est bien vite amorti,
Même si la donzelle est assez ravissante.

Ses deux cerveaux, pourtant, se font une raison,
Retournant bouquiner dans leur pauvre maison ;
Dans le jardin s’étiole une maigre verdure.

On trouve pire encore en ce vaste univers,
Témoin le tricéphale aux trois visages verts ;
Ce sont des mutations qui depuis longtemps durent.

Cochonfucius

Amphore sans métaphores

ilwa

image de l’auteur

Je ne suis pas un océan,
Nous a dit l’amphore songeuse ;
Je ne contiens pas le néant
Ni la tempête ravageuse.

Mon âme n’est point belliqueuse,
Ce n’est pas un gouffre béant ;
Ma parole n’est pas moqueuse,
Mon maître n’est pas un géant.

Cette amphore inaccoutumée
Produit un écran de fumée,
Comme une brume sur la mer.

Vois-tu, sa forme n’est pas ronde,
Son vin n’est nullement amer ;
Bois-le si ta peine est profonde.

Cochonfucius

Nef de la sirène

ilxw

image de l’auteur

Sur cette nef se tient la sirène chantante,
Aux dames de chez toi ne la compare pas ;
Tu ne peux point saisir son âme délirante,
Si tu as cru cela, certes, tu te trompas.

Parle-lui prudemment, ce n’est point ta parente,
Ne lui propose point de dormir dans tes draps ;
Tu peux lui raconter une histoire marrante,
Mais par un aphorisme elle te répondra.

La sirène est un monstre et c’est une merveille,
Le roi la voudrait bien dans son noble château ;
Il la régalerait d’une grappe vermeille.

La sirène aime mieux s’approcher des bateaux,
D’ailleurs, pour les rejoindre, elle se lève tôt ;
Mieux vaut le rouge sang que le jus de la treille.

Cochonfucius

Métamorphose inattendue

ilzk

image de l’auteur

Ce noble chien marchait, tranquille, dans les bois,
Mais un lutin farceur en un pichet le change;
Puis, content de son tour, sur un meuble il le range,
Et le repeint en bleu, je ne sais pas pourquoi.

C’est un lutin pervers, des embrouilles le roi,
Il se complaît toujours dans des farces étranges ;
Lui qui n’a nullement la vocation d’être ange,
Je serais désolé si ça tombait sur moi.

Tous ces mauvais penchants, qui sait où il les puise ?
Il nous déplaît, vraiment, et puis il nous épuise,
Je maudis sa personne ainsi que ses pareils.

Je ne sais pas son nom, ni ceux de ses ancêtres,
Comment il fut instruit, sous quel horrible maître,
Lutin de male encontre et de mauvais conseil.

Cochonfucius

Pigeon voyageur

ilf

image de l’auteur

J’admire sa mémoire et son entendement,
Il calcule sa route ainsi qu’une hirondelle ;
Il dit la stratégie, il porte les nouvelles,
Tu ne le verras point se poser lourdement.

Le pigeon voyageur s’envole au firmament,
Il voit du haut des cieux que la campagne est belle ;
Il ne recherche point une gloire immortelle,
Il ne croit jamais être un héros de roman.

C’est un bon messager, plein de coeur à l’ouvrage,
Un vrai navigateur affrontant les orages ;
Il accomplit sa tâche avec ténacité.

Nous aimons contempler sa personne menue,
Nous écoutons les mots que dit sa voix ténue ;
C’est l’oiseau de Vénus, l’honneur de la cité.

Cochonfucius

Piaf-Danseur

ilm

image de l’auteur

Nul ne peut deviner ce que cet oiseau pense,
N’essayons même pas de lire dans ses yeux ;
Il boit en la taverne, il aime bien ce lieu,
Et, dit un chroniqueur, quand il est seul, il danse.

Son coeur n’a point perdu les plaisirs de l’enfance
Ni de l’adolescence, il est pourtant très vieux ;
Pour les jours qu’il lui reste, à la grâce de Dieu,
Il se contente d’être un vieillard sans défense.

Le mal peut l’accabler, la mort peut survenir,
Son âme en aucun cas ce destin ne repousse ;
Il plonge dans un livre ou dans un souvenir.

Jusqu’ici l’existence envers lui fut bien douce,
Qui ne lui donna point de trop fortes secousses ;
Il danse maintenant, qu’importe l’avenir ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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