Oiseau de la friche

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Un oiseau, pour chanter, se cache au creux du lierre
Pendant que nous buvons et que nous rimaillons ;
Autour de nous, ce sont la friche familière
Et le petit jardin auquel nous travaillons.

À l’ombre d’un bouleau, je vois la fourmilière
Dont les noirs habitants forment leurs bataillons ;
Voudront-ils explorer la maison de meulière,
Ou visiter la vigne aux étroits cavaillons ?

L’oiseau ne reste ici nullement pour les hommes,
Il profite du lieu, il chante pour sa pomme,
Quand le temps se réchauffe ou quand les jours sont froids.

Il reprendra son vol, dans la brise marine,
Pour aller se poser aux rives méandrines ;
Il prend une cerise, il en a bien le droit.

Cochonfucius

Épanouissement lumineux

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image de l’auteur

Quand un canard bizarre en beau cygne se change,
Il doit, à grands efforts, assumer son destin ;
Porteur d’un feu vivant qui jamais ne s’éteint,
Son coeur ne craindra rien, malgré ce sort étrange.

Il est devenu grand sans devenir un ange,
Cette métamorphose, Andersen la dépeint ;
Il n’abandonne pas les canards, ses copains,
Lui qui bien volontiers les mêmes poissons mange.

Ayant la même joie et la même douleur,
Ils n’ont aucun besoin d’avoir même couleur ;
Nullement l’un d’entre eux les autres ne réprouve.

Même avec le corbeau qui peut sembler noirci,
Un vrai terrain d’entente au fil des jours ils trouvent ;
La diversité règne, et c’est fort bien ainsi.

Cochonfucius

Dieu quadruple

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image de l’auteur

Le quatrième aspect, des trois autres porteur,
Possède un sanctuaire au milieu d’une plaine ;
Tous les prêtres y sont vêtus de blanche laine,
Les uns sont des savants, d’autres, des inventeurs.

Le pape du troisième est un bel orateur
Qui rarement dira la moindre phrase vaine ;
La deuxième hypostase, on la connaît à peine,
Qui jamais ne se montre à des observateurs.

Or, le premier visage est fait de paraboles
Qu’un métaphysicien prend pour des fariboles ;
Autrement, sur son compte, on n’en sait pas beaucoup.

On entend dire aussi « Ce sont des métaphores,
Et cela ne vaut point le bon vin des amphores» ;
Ceux qui pensent ainsi s’en iront boire un coup.

Cochonfucius

Feuilles rouges

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image de l’auteur

Feuilles tombant d’un arbre, Artémis les bénit,
Le soleil automnal de rouge les allume ;
Elles planent dans l’air, légères comme plumes,
Ensuite leur destin n’est pas bien défini.

Regarde-les, ce sont des êtres démunis
Que tu ne verras point sombrer dans l’amertume ;
La froidure viendra, la grisaille et la brume,
La saison délétère où l’air se rembrunit.

Qui lira dans l’esprit de la feuille qui traîne,
Ou dans ce coeur qui rêve aux époques lointaines ?
Peut-être, dans son champ, le vieil épouvantail.

J’entends des mots chantés dans leur langage d’ombre,
Des images sans forme et des rimes sans nombre,
Textes sans intention, phrases pour éventail.

Cochonfucius

Le mangemerle

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Composition de l’auteur

Cette intervention émane du mangemerle.

En passant près d’une fontaine avec mon vélo, en passant près d’un cimetière avec mon vélo, j’ai rencontré des croquemitaines, avec mon vélo dondaine ohoho, avec mon vélo. J’ai rencontré des croquemitaines, avec mon vélo, qui m’ont appelé un mangemerle.

Qui m’ont appelé un mangemerle, avec mon vélo, je suis pas seulement un mangemerle. Je suis pas seulement un mangemerle, avec mon vélo, je suis un ami de la bière.

Je suis un ami de la bière, avec mon vélo, et j’aime la sainte Arabelle avec mon vélo dondaine ohoho, avec mon vélo.

J’aime trop la sainte Arabelle, avec mon vélo, je lui donnerai pour ses étrennes… Je lui donnerai pour ses étrennes, avec mon vélo, un grand bol avec de la crème fraîche.

Un grand bol avec de la crème fraîche, avec mon vélo, s’il durcit je perds ma peine. S’il durcit je perds ma peine, avec mon vélo, et je resterai un mangemerle, avec mon vélo dondaine ohoho, avec mon vélo.

Quelle ritournelle désolante ! Que ne suis-je un dramaturge.

Cochonfucius

Grenouille rouge

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image de l’auteur

Étonnante sagesse en faible tête enclose,
Avec la charité, la justice et l’amour ;
Les souvenirs d’antan sagement y reposent,
Eux qui, bien entendu, ne vivront pas toujours.

Cette vie batracienne est une douce chose,
Avec de vrais festins et des trajets bien courts ;
Avec les gais propos d’une grenouille rose,
Puis d’un roseau pensant les étonnants discours.

Par mille petits riens son âme est divertie,
Dont la pure candeur n’est jamais pervertie;
Un temps de solitude, un temps pour l’amitié.

En visite parfois vient une noble Dame
Qui dit «Cet animal n’est point de bénitier,
De notre mécréance est rallumée la flamme».

Cochonfucius

Ambilion qui vole

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image de l’auteur

Il est à la dérive, en errance éternelle,
Traçant à l’infini sa route dans les airs ;
Son corps est fatigué, son esprit n’est pas clair,
Il doit bientôt mourir de sa mort naturelle.

De ses amours d’antan lui reste une étincelle,
Du temps qu’il possédait une santé de fer ;
À l’époque, il était plus vif que les éclairs,
Il planait, nonchalant, sur ses immenses ailes.

Or, ce vieil animal n’est point déconcerté,
N’ayant aucun regret de son passé sublime ;
Son coeur reste serein sur les bords de l’abîme.

Lui qui a su mener sa vie en liberté,
Il l’a chargée de sens, il en a fait un rêve ;
Il a pu savourer cette existence brève.

Cochonfucius

Logis de paresse

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image de l’auteur

Au coeur de ce palais se trouve un troll qui dort,
Lui qui des commensaux bien rarement convie ;
Jamais ne fut à rien sa personne asservie,
Pour se débrouiller seul il est bien assez fort.

Une idée en son coeur parfois prend son essor,
Qui n’est pas d’un grand poids, et dont courte est la vie ;
J’entends récriminer sa muse inassouvie,
Il laisse l’idée morte à son funèbre sort.

Il fera tout de même un tour à la taverne,
Lui qui, parmi les vins, les plus subtils discerne,
Mais de ce grand talent ne tire nul orgueil.

La sagesse est chez elle au logis de paresse,
Ce vieillard ne prendra jamais d’autre maîtresse;
Il s’en séparera pour dormir au cercueil.

Cochonfucius

J’écris au bord de l’eau

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Toile de Ma Lin

Assis au bord de l’eau, je compose un sonnet
Directement au dos d’une carte postale ;
J’enverrai cette fleur à quatorze pétales
A une amie de coeur qu’au lointain je connais.

Ce serait un haïku, si j’étais japonais ;
Illettré, ce seraient trois fleurs sentimentales.
Car, puisqu’ils n’avaient point même langue natale,
Homère un autre chant que Virgile entonnait.

Boîte aux lettres, quand tu détiendras ce courrier,
Que vienne le postier, sans se faire prier,
Le prendre et le porter où vit ma douce amie.

Facteur, quand tu verras la belle en son château,
Donne-lui mon écrit tracé au bord de l’eau,
Puisqu’il contient mon coeur, mes soupirs et ma vie.

Cochonfucius

Penseur de nuit

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image de l’auteur

Un sombre esprit dans une tête dure,
De ce penseur nous n’avons nul écrit ;
Des grands auteurs sans doute il est épris,
Et ce sont là des amours qui perdurent.

Assez souvent un livre il se procure,
De ceux qu’il sait trouver à petit prix ;
Dans sa cellule il les met à l’abri,
Qui chaque jour est un peu plus obscure.

Cet érudit n’a guère d’autres biens,
Avec le monde il tisse peu de liens ;
De plus en plus lui plaît la solitude.

En son jeune âge, il aimait acquérir
De ces savoirs qui ne peuvent périr ;
Ça suffisait à sa béatitude.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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