Sagesse d’un centaure

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Humains sont mes discours, chevaline est ma vie,
Les chemins forestiers ne me semblent pas longs ;
Souvent ma rêverie s’abrite en un vallon,
Hasardeuse, imprécise et nullement suivie.

Les abondants trésors ne me font pas envie,
Les bijoux sont pour moi des bibelots de plomb ;
Un cabanon de bois me tient lieu de salon,
J’y bois du cidre avec les gens que je convie.

Sitôt que j’ai bien bu, je m’endors comme un loir
Ou bien je vais flâner dans la clarté du soir ;
J’aime vagabonder, je vais à bonne allure.

Quand un ami s’en va, nous fêtons son départ,
Nous chantons avec lui les chansons qui lui plurent ;
De chacun de nos coeurs il emporte une part.

Cochonfucius

Ange-Boeuf

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C’est l’Ange-Boeuf, nourri de cryptogames,
Passant ses jours au service de Dieu ;
C’est la douceur qui brille dans ses yeux,
Et même aussi la pureté de l’âme.

De l’inframonde, il ignore les flammes,
Son vol plané le porte en d’autres lieux ;
Il est puissant, mais il est déjà vieux
Et toutefois il plaît toujours aux dames.

Avec cet ange en taverne j’ai bu,
Car il m’a dit « Ce n’est pas un abus »;
Nous bénissons les plaisirs de ce monde.

Il combattit, dans un lointain passé,
Les noirs démons par milliers entassés ;
Il leur creusa plusieurs tombes profondes.

Cochonfucius

Danse caprine

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À minuit vient danser la Dame Chèvre Folle,
Elle saute partout, nul ne peut l’apaiser ;
Ou si l’on essayait, ce serait malaisé,
Elle n’écoute point les plus sages paroles.

Sa présence est toujours de la fête un symbole,
La chèvre est une experte en l’art de s’amuser ;
De mythes ou de lois je ne peux l’abuser,
Même si je les tresse en une parabole.

Elle sera plus calme au moment du repas,
Mais comme on peut penser, ce temps ne dure pas;
La légère pitance est vite descendue.

Son besoin de bouger, c’est de l’acharnement,
Jamais elle ne veut marcher sereinement ;
Et l’immobilité lui semble défendue.

Cochonfucius

La littérature et le bien

scribe

Musée du Louvre

J’ai toujours un poème en élaboration,
Auquel me retenir quand l’angoisse puissante
Me plonge dans le vide (aux enfers, la descente),
Ainsi de m’abolir, j’éteins la tentation.

Plus que d’une obsession, je parle de passion,
Car la pathologie dans ce cas est absente :
C’est une activité (qualifiée de pensante),
Non dénuée de sens, il y a création.

Elle plaît plus ou moins, mais c’est sans importance
Au vue de l’intérêt qu’à pour moi sa naissance
(Voir le dernier des vers de mon premier quatrain).

Longtemps j’ai résisté à la littérature,
Jusqu’à ce que je sois au bord de la rupture,
Je la croyais futile, elle nous rend sereins.

Vincent

Sagesse d’un arrosoir

ekpp

image de l’auteur

À tous les végétaux je sais porter secours,
Vous m’avez vu souvent soulager leur déveine ;
Je leur fais absorber de la bonne eau de Seine
Qu’apporte un jardinier en son prudent parcours.

J’arrose ce domaine et tous ses alentours,
Le soir et le matin, sans ménager ma peine ;
Plus précieuse est mon eau que le vin de la Cène,
Car ce n’est point du sang, mais c’est un pur amour.

Je ne dis pas un mot, et rien ne me tourmente,
Je dors quand mon labeur est enfin terminé ;
Le ciel est mon copain, la terre est mon amante.

Au plus noble devoir je me suis enchaîné ;
Je l’ai dit l’autre jour à la Dame charmante
Qui sait si doucement vers mes fleurs m’incliner.

Cochonfucius

Sanctuaire à moitié clandestin

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image de l’auteur

Un sanctuaire est là dont je ne peux rien dire,
Cela mettrait le dieu dans une sombre humeur;
Jamais n’est cet endroit ouvert à des rimeurs,
Aux yeux du desservant ce sont de tristes sires.

Donc si l’un d’entre eux vient, bien vite il se retire,
Lui qui ne voudrait point être un provocateur;
Il craint également qu’un sacrificateur
Ne lui fasse éprouver un étrange martyre.

Un lieu de culte est là mais ça ne prouve rien,
Savoir si de tels dieux sont du côté du bien,
La chose est impossible à la plupart des âmes.

Mais les plats qu’on y sert ne sont pas des poisons;
Leur offrande jamais n’offense la raison;
Sanctuaire inconnu, je n’en fais pas un drame.

Cochonfucius

Monstre d’inframonde

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Du seigneur tricéphale il ne faut t’approcher,
Car tu dois redouter son pouvoir de nuisance ;
Il a fait délirer l’empereur de Byzance
Qui dans un noir placard est allé se cacher.

Les raisins de la vigne, il les a desséchés,
Il peut faire cela par sa seule présence ;
Envers nul d’entre nous il n’a de complaisance,
Peut-être il nous fera tomber dans le péché.

Les Tables de la Loi par lui furent brisées,
Car il la comprenait, mais il l’a méprisée ;
Il sème la terreur et le désir de mort.

Il sera, nous dit-on, vaincu par une Dame
Qui marche sur les eaux et ne craint pas les flammes ;
Homérique sera leur lutte corps à corps.

Cochonfucius

Triptère acéphale

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image de l’auteur

Il cogite sans tête et sans bouche il soupire,
Son esprit suit sa loi, son coeur a ses raisons ;
Il n’a point de famille, il n’a point de maison,
Et répète souvent « Ça pourrait être pire ».

Il n’a jamais été serviteur de l’Empire,
Car un bureau pour lui serait une prison ;
Jamais il n’a connu la vie de garnison,
Toujours, en un tel cas, ses pareils déguerpirent.

Aucun obscur démon ne le vient tourmenter,
Sa muse nullement ne va se lamenter ;
Son âme toujours suit la voie dont elle est sûre.

Les livres sur sa table, il les relit parfois,
Puis il écrit aussi, sans craindre la censure,
Il doit un jour périr, mais nul ne sait de quoi.

Cochonfucius

Beauté d’un monstre

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J’admire du griffon le merveilleux plumage,
Lequel est revêtu des plus nobles émaux ;
Artémis lui donna de magiques rameaux,
La sirène lui dit qu’il est d’un dieu l’image.

Un noble fabuliste a, pour lui rendre hommage,
En son célèbre livre ajouté quelques mots ;
Ce griffon fut seigneur de tous les animaux,
Je ne me lasse pas d’écouter son ramage.

Vers le temps du solstice, il fait un discours bref,
Afin que ses sujets sachent qu’il est leur chef ;
Il sait qu’il n’a pas tort et que chacun l’approuve.

Il invite à Noël son cousin Casoar,
Buvant modérément, mangeant ce qui se trouve,
Citant quelques bons mots du livre du Zohar.

Cochonfucius

Un éternel retour

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Montage de l’auteur

Fleuve parfois tari qui dans l’Histoire plonge,
Ayant la majesté, le calme d’un gisant,
Comme un miroir obscur pour les jours du présent ;
Et du sable au milieu, où l’avenir s’éponge.

Au long de ton pays ton rivage s’allonge,
Où viennent méditer les humbles paysans
Et l’âme des seigneurs devenus vers luisants,
Qu’un tourment d’autrefois toujours harcèle et ronge.

Je vois l’eau qui avance en descendant des monts
Et ne remonte point comme font les saumons,
Mais quand elle est en mer, cette eau qui s’évapore

Revient vers les sommets, à la force du vent
Et se fait source pure, et ruisseau, comme avant,
Et le fleuve en lui­-même à nouveau s’incorpore.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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