Livres sur les étagères

old-library

Toile de Dusan

Bouquins gisant ici comme en leur sépulture ;
Mais un simple regard peut vous ressusciter,
Sans qu’il vous soit besoin de le solliciter.
Bouquins de toute sorte et de toute nature,

Certains sont pleins de science, et d’autres n’en ont cure ;
Tous d’une voix d’auteur nous faisant profiter
Amusent sans flatter, grondent sans irriter,
Racontent à plaisir de folles aventures.

Les uns, par le lecteur, soigneusement couverts ;
Les autres fatigués, reliure de travers,
Tous aux emplacements qu’un ordre strict arrête.

Ce que vont rappelant ces livres devant nous,
C’est qu’il nous faut aimer les sages et les fous,
Et ceux, sages et fous, que l’on nomme poètes.

Cochonfucius

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Le cavalier invisible

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image de l’auteur

Ce héros légendaire échappe à mon regard,
Je lui offre pourtant les notes de ma lyre;
Je ne peux le chanter qu’avec de grands égards
Ainsi que son cheval, dénommé «Noble Sire».

Il n’a point de manoir, il dort dans un hangar,
Le brave canasson n’y voit rien à redire;
Ils ont même squatté parfois le pont du Gard,
Et de leurs mauvais tours cela n’est pas le pire.

Cheval et cavalier sont du genre nerveux,
De plus, chacun des deux ne fait que ce qu’il veut,
Mais au long du chemin, la chance les précède.

S’ils rencontrent un diable, ils lui disent «Va t’en»,
Loin de leur résister, le noir démon leur cède,
Il n’est pas un danger pour ces deux combattants.

Cochonfucius

Murmures d’un arbre imaginaire

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image de l’auteur

En rêve j’entendis la rumeur d’un feuillage,
Cela me fit passer de savoureux instants ;
C’était un son bizarre et familier pourtant,
Impossible vraiment d’y trouver un message.

Dans l’onirique nuit je n’ai pas de visage,
Car en ces moments-là ce n’est pas important ;
Mon esprit vagabond, sur rien ne s’arrêtant,
Traverse d’étonnants et sombres paysages.

Mon âme se dissout, je sens mon coeur frémir,
Je me crois éloigné de la planète Terre;
Mon corps est animé d’un flamboyant désir.

Une douce clarté traverse mes paupières,
Une femme inconnue fait entendre un soupir ;
Tels sont les errements d’un rêveur solitaire.

Cochonfucius

Punaise azurée

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image de l’auteur

Cette sage punaise est du bouddhisme adepte,
Des maîtres de jadis elle a souvent rêvé;
Aux rideaux d’un vieux temple on pourra la trouver,
Méditant sur le Rien, cela n’est pas inepte.

Un grillon japonais lui transmit des préceptes,
Le chemin de sa vie en fut alors pavé;
Elle suit ce parcours sans jamais dériver,
Rencontrant un obstacle, elle rit et l’accepte.

L’insecte ne croit pas détenir l’excellence,
Mais peut déjà produire un assez beau silence;
Ces petits animaux sont de vaillants lutteurs.

Jamais elle n’envie la cigale qui chante,
Jamais elle ne craint une fourmi méchante;
Un fabuliste fut son interlocuteur.

Cochonfucius

Ambiporc d’azur et d’or

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image de l’auteur

Je suis l’ambicochon, vêtu d’un noble émail,
Je n’ai pour tout trésor que des pièces de cuivre;
Où sont les songes bleus que j’aimais tant poursuivre?
Fourbus de lassitude, ils dorment au bercail.

Une reine jadis admira mon travail,
Qui, je ne sais pourquoi, s’est transformée en vouivre;
Le roi me tutoyait quand il était bien ivre,
Puis me reconduisait jusqu’à son grand portail.

Je sais qu’au bout d’un temps la vie devient étrange,
Que ce soit pour un porc ou bien pour un archange;
Je n’ai pas d’opinion sur les décrets du Ciel.

Je termine mes jours sans maître et sans disciple,
Et je ne marche plus vers le pont Saint Michel,
Mais ces nouveaux quartiers ont des splendeurs multiples.

Cochonfucius

鱼河 === Poisson et rivière

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Composition de  l’auteur

— Poisson, vois-tu la rivière ?
— Mais non, je ne la vois guère,
Et toi, peux-tu voir le vent ?
Peut-être pas très souvent.

— Et le coeur de ton amante,
Poisson, entends-tu s’il chante ?
— Cela dépend du courant ;
Car c’est un coeur murmurant.

— Poisson, sans mains, comment est-ce,
Les échanges de caresses ?
— Ah ! c’est d’autant plus subtil :
Un humain, qu’en saurait-il ?

Cochonfucius

Saint Renard porte sa tête

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Quand Saint Renard de Montmartre vient,
Il porte sa tête en ses mains.
Le zèbre était sur le créneau,
Et tous les autres animaux.

Renard, Renard, réjouis-toi,
On t’a fait faire une tête en bois.
D’une tête en bois, d’une tête en cuir,
Je ne saurais me réjouir.

Ma tête sera d’air et de vent,
La cervelle un nuage blanc,
Pour bras, les arbres des forêts,
Et de pieds, je m’en passerai.

Quand Roland s’y promènera,
Cette forêt lui parlera,
Et quand il sera dans la nuit,
Je divertirai son esprit.

Dites-moi, Renard mon ami,
Ce qui vous fait délirer ainsi.
C’est un nid d’oiseau parano
Qui met le trouble en mon cerveau.

Dites-moi, Renard mon ami,
Pourquoi Roland délire aussi.
Du nid d’oiseau il est épris,
Qui sait comment ça va finir !

Cochonfucius

Rêve d’un céphalophore

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image de l’auteur

— Homme décapité, comment est ton sommeil ?
— Ah ! c’est, plus que le mien, celui du sang vermeil;
De paupières n’ai plus, de sourcils, ni d’arcades ;
Toujours coule mon fluide, ainsi qu’une cascade.

— Homme décapité, peux-tu sentir les fleurs ?
— Même pas, je ne peux deviner leur couleur,
Mais j’aime, encore un peu, le contact d’une femme,
Non point pour sa chaleur, plutôt pour sa belle âme.

— Homme décapité, que fais-tu de tes bras ?
— Que répondre ? Ils sont là, laissés dans l’embarras,
Disant qu’heureusement leur histoire s’achève,
Comme meurt l’univers, comme finit un rêve.

Cochonfucius

Saint Portechef

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image de l’auteur

Le cou tranché, sa tête n’est pas morte,
Car je l’entends qui parle toujours bien ;
Donc, pas question de la jeter aux chiens,
Le saint s’en va, sur la route il la porte.

Ne croyez pas que ça le réconforte,
De son orgueil il ne lui reste rien ;
Il va mourir, mais sa foi le soutient,
Qui rend son âme et sa tête plus fortes.

Quel grand tombeau pourra-t-il obtenir ?
En nos lieux saints, quel est son avenir ?
Son coeur a-t-il de ses bourreaux pitié ?

Au chef tranché viennent des souvenances,
Ce sont les mots d’une chanson de France ;
Ce sont des mots d’amour et d’amitié.

Cochonfucius

Diogène de sa lampe éclairait en plein jour

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Toile anonyme

Diogène de sa lampe éclairait en plein jour
Les citoyens surpris de ce coup de folie.
« Quelle illumination est donc la tienne, pour
Que de nuit et jour soit différence abolie ? »

Ma nature est bouddhique, a répondu le maître,
Je suis illuminé dans tout mon intérieur,
Votre esprit est obscur, si je puis me permettre,
Et vous vous complaisez dans un sort inférieur.

Quand je serai très vieux, j’écouterai les femmes,
Et je les écoutais quand j’étais un marmot.
Je ne connais que trop la douceur de leur âme ;
Et que leur coeur peut fondre à la chaleur d’un mot.

Le serpent, comme moi, n’est pas trop féministe.
Je ne suis, comme lui, un manipulateur,
Je sais que trop aimer une femme rend triste,
Et qu’aucun bien ne vient à un admirateur.

(C’est Diogène qui parle, et pas Cochonfucius.
Diogène se servait plutôt de sa main gauche
Que d’un corps féminin pour polir son phallus,
Car cela lui semblait une moindre débauche.

Je ne prends pas toujours Diogène pour mentor,
J’aime que mes leçons me viennent d’une muse ;
Et sans aller jusqu’à Diogène donner tort,
Je diffère de lui quand de mon sexe j’use).

* * * * *

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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