Apothicaire de sable

mimi

image de l’auteur

De sa gentille main pesant les friandises,
Ou l’herbe pour aider les gens en mal d’amour,
L’apothicaire noir se démène toujours
Pour offrir à chacun des solutions exquises;

Mais, direz-vous, a-t-il l’aptitude requise ?
Qu’importe, à son conseil, nous avons tous recours ;
Même s’il a envie de nous donner un cours,
Point ne l’interrompons, car ce serait sottise.

Apothicaire heureux, toujours, s’il est de garde,
Proprement s’occupant de ce qui le regarde,
Pour la douleur du monde envahi de pitié,

Car, s’il n’en a merci, il en a sympathie;
Par son érudition, si longuement bâtie,
De l’oeuvre de guérir, il porte la moitié.

Cochonfucius

Archerie

molmok

Composition de l’auteur

La sirène-amazone a dressé quatre cibles ;
Ce sont quatre guerriers autrefois invincibles
Que sa cruelle main s’amuse à transpercer,
Eux qu’elle avait d’amour et de chansons bercés.

Les guerriers, sous les coups, sont devenus des chantres ;
Leur voix éveille au loin les grottes et les antres,
Ils pourraient émouvoir les monstres dans les cieux,
La sirène, pourtant, chante encore un peu mieux.

De cette relation, qui saura les arcanes ?
La sirène sourit, amazone et sultane,
Mais avec son sourire est aussi un soupir :
Ah, dit-elle, quand donc un plus grand champ de tir ?

Cochonfucius

Tireur emplumé

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Image du blog Herald Dick Magazine

L’archerie des corbeaux, pratique peu connue,
Leur permet d’attraper les poissons des ruisseaux ;
D’une flèche d’acier qui traverse les eaux,
La proie est transpercée aussitôt qu’elle est vue.

Puis, des concours ont lieu, entre tireurs rivaux :
Un arbitre savant pèse la flèche nue,
Une cible commune est alors retenue,
Un panneau que l’on dresse au milieu des roseaux.

Le public se répand en citations latines
(Les corbeaux ont parfois l’érudition mutine)
Et voudrait deviner qui saura viser mieux ;

S’affrontent sur le pré les arcs, les arbalètes
Que l’on fait manoeuvrer sans se prendre la tête,
Selon l’humeur du jour, à la grâce de Dieu.

Cochonfucius

Une formation

william-blake

Toile de William Blake

En rêve, j’accomplis un stage pour être ange.
Suivre la voie du bien, chaque heure, chaque instant,
Surveiller les mortels, auprès d’eux voletant,
Contrôler leur boisson, vérifier ce qu’ils mangent,

Voir s’ils n’adoptent pas des positions étranges,
Surtout, s’ils pensent bien à se brosser les dents,
Eviter qu’ils ne soient d’un poison dépendants,
Faire que leurs efforts soient dignes de louange

Je n’étais point taillé pour pareille aventure,
Et ma mission finit dans la déconfiture ;
D’ailleurs, je m’y étais quelque peu attendu.

Braves mortels, pécheurs, que le serpent vous garde,
Il comprend mieux que moi où vos coeurs se hasardent,
Moi qui par vos façons fus toujours confondu.

Cochonfucius

Saint Pluvian

ahic

image de l’auteur

Apôtre gotlibien, Pluvian, priez pour nous
Sur la berge du Nil que caresse la brise ;
Le Temps vous a chargé de quelques plumes grises,
Mais cela vous va bien, et vieillir vous est doux.

Le croco devant vous vient se mettre à genoux,
Alors qu’il aime tant se vautrer à sa guise;
Votre noble labeur jamais ne vous épuise,
C’est un beau sacerdoce, il est à votre goût.

Une grande sagesse est en vous contenue;
Même au premier avril, votre action continue,
Et votre trait d’esprit fait rire le soleil.

Rien ne viendra troubler votre repos nocturne,
De rêves merveilleux s’orne votre sommeil ;
Un sourire vous vient, beau Pluvian taciturne.

Cochonfucius

Rencontrer un pluvian

pluvian

Dessin de Gotlib

Je voudrais rencontrer un pluvian fluviatile
Pour l’écouter chanter, là-bas, sous le ciel noir ;
Si l’oiseau, en plein jour, est fort plaisant à voir,
La nuit fait émerger ses mélodies subtiles.

Il se tiendrait, repu, sur la rive fertile.
Les insectes diraient leurs mots, sans l’émouvoir ;
Délaissant tout à fait la quête du pouvoir,
Il n’aurait pas non plus de rêves mercantiles.

Mais près du crocodile on est un peu nerveux,
Même, on sent la sueur imprégner les cheveux
En s’approchant, la nuit, de cette grosse brute.

J’irai voir le pluvian quand il sera tout seul ;
Je boirai avec lui ma tasse de tilleul
En écoutant sa voix, plus douce que la flûte.

Cochonfucius

Aérolicorne

 

ahra

image de l’auteur

Je m’envole et je plane, et vous, ça vous étonne,
Je glisse dans les airs, je m’élance en avant ;
Ce n’est que du plaisir, ce n’est pas éprouvant,
Mon corps immaculé ne pèse pas trois tonnes.

J’ai reçu ce pouvoir d’un vieux druide, à Divonne,
Homme de grand savoir et connaisseur du vent ;
Avec lui, j’ai vécu des instants émouvants
Au coeur d’un petit bois béni par sainte Yvonne.

Tels sont mes souvenirs de ce maître angélique,.
À suivre ses conseils tous les jours je m’applique;
Je songe à lui sur terre et dans le firmament.

Il se peut que son corps soit parti en fumée,
Qu’il ne subsiste rien de ce vieillard charmant;
Mais il est avec moi, puisque j’en fus aimée.

Cochonfucius

Griffon métaphysicien

ahjm

image de l’auteur

Ce griffon fut habile à comparer
Plusieurs concepts, il les relativise ;
Il contredit les princes de l’Église,
il se complaît dans un monde éthéré.

Il indispose une éminence grise,
Car son discours n’est pas édulcoré ;
Un clin d’oeil leste, un verbe coloré,
Trop de finesse aussi dans l’analyse.

Son adversaire est un prélat fort lourd
Et coutumier du bar et de l’alcôve ;
Bien dangereux, ainsi que sont les fauves.

Trop tranchante est sa langue de velours,
Son coeur est plein de rhétorique pure ;
Cet homme doux dit des paroles dures.

Cochonfucius

Quelques fruits du premier jardin

ahbi

image de l’auteur

Le chemin du verger, qui peut le trouver long ?
En ce lieu, plus d’un fruit attend qu’on le dévore;
Le plus énorme est jaune et rond comme un ballon,
Un oiseau le célèbre en son jargon sonore.

Si sur le mauve fruit tu poses ton talon,
Prends bien garde à la flamme, il contient du phosphore;
Pour savourer sa chair, un peu nous la salons,
Cela vaut un gibier, et même plus encore.

Nous aimons ce jardin que n’entoure aucun mur,
Rien ne nous y oblige à manger une pomme;
Pour répondre au serpent nous sommes assez mûrs.

Tous les fruits sont présents pour le bonheur des hommes,
Mais un seul du démon provoque les assauts,
C’est un fin traquenard, ou c’est un piège à sots.

Cochonfucius

Maison de quelques trolls

ahti

image de l’auteur

Le troll jaune surgit dès qu’un oiseau l’appelle,
Il est des emplumés l’auguste protecteur;
Le troll mauve nourrit les lapins du secteur,
Ayant cueilli pour eux les herbes les plus belles.

Le troll orange prie au fond de la chapelle,
De la Sainte Écriture il est un grand lecteur.
Le troll rose patrouille ainsi qu’un inspecteur,
Poursuivant les démons qu’il ramasse à la pelle.

Ces quatre bouffons-là, lorsque je les contemple,
Je dis : «De trollitude ils sont un bon exemple,
Pour le dire en un mot, j’en suis admiratif».

Mais le noble troll rouge est champion de paresse,
De l’en féliciter chaque jour je m’empresse;
J’ai toujours estimé l’état contemplatif.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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