Ornithodoxie

ahuy

image de l’auteur

Ce vieux phénix, il n’aime que sa flamme,
Tout comme si sa vie en dépendait ;
Lui qui déjà son brasier attendait
Au temps lointain où jeune fut son âme.

Le feu dansant fut comme un calligramme
D’un fier pinceau qui du ciel descendait ;
Le bel oiseau point ne s’en défendait,
Il fut heureux comme avec une femme.

Brûler ainsi n’est pas un rêve fou,
Tu peux ainsi retourner au grand Tout
Sans que pourtant tes frères ne t’oublient.

Car toute vie doit passer par ce point,
Le mieux serait de ne le craindre point,
Lui qui de tant de choses nous délie.

Cochonfucius

Choix d’itinéraire

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Jeune héros naïf qui aux gloires s’attend,
Aux campagnes aussi, toujours victorieuses,
Tu n’as pas entendu les voix mystérieuses
Qui commentaient pour toi la beauté des printemps.

Puis, comme un fantassin des guerres de cent ans,
Tu subis du devoir les lois impérieuses ;
Tu n’as jamais suivi l’ondine merveilleuse
Qui offrait à ton coeur des matins exaltants.

Tu n’as pas fréquenté les forêts adorées,
Tu n’as jamais franchi les montagnes sacrées
Pour aller t’enivrer avec les trolls charmants ;

Mais tu as rédigé des documents étranges ;
Et ces nombreux papiers forment un monument
Auquel les bons auteurs apportent leur louange.

jeep

Cochonfucius

 

Trois insectes magiques

sir-georgemartin

Image du blog Herald Dick Magazine

Les trois scarabées d’or apportent la fortune ;
Par le zèbre magique, on peut s’en assurer,
Il suffit de l’attendre, il suffit d’espérer,
En observant, surtout, les phases de la lune.

Car ces bousiers dorés sont aimés de Neptune,
Sa faveur envers eux est faite pour durer,
Laquelle est le moyen de tout se procurer ;
Il suffit de savoir les dates opportunes.

Jamais un scarabée ne s’est montré menteur,
Ils ignorent l’emphase et les discours flatteurs,
Ils ont la probité vénérable des prêtres.

L’un s’appelle Gaspard, on ne peut l’abuser ;
Le deuxième, Melchior, et c’est le plus rusé ;
Et l’autre, Balthazar, c’est leur seigneur et maître.

Cochonfucius

Sobriété monacale

ahvu

image de l’auteur

Le moine reste au frais derrière sa muraille,
Méditant sur le doute et sur la vérité;
Au fond de sa cellule, un matelas de paille,
Un humble drap qu’il vante avec sincérité.

Il lit un peu de prose, écrit vaille que vaille,
Évoquant des quatrains qu’il aime réciter;
Il traduit quelques vers, osant une trouvaille,
Mais sans se départir de sa simplicité.

La lune dans le ciel, poursuivant son orbite,
Illumine la nuit d’une clarté subite;
Le bon moine se dit «C’est un clin d’oeil de Dieu».

Par la suite, il se verse un bon verre de bière;
Son esprit, s’en allant dans une errance fière,
Observe un grand prodige invisible à nos yeux.

Cochonfucius

Calice d’or

avalon

image de l’auteur

Le calice, songeant au charpentier qu’il aime,
En un recueillement nostalgique est tombé ;
Par le vitrail, on voit un peu de ciel plombé,
Un grillon, dans un coin, bredouille un vieux blasphème.

Calice ni grillon n’ont le don des poèmes,
Le silence par eux n’est guère perturbé ;
Ce silence d’église est de grâce enrobé,
L’esprit va savourant son absence de thème.

Le calice est tombé dans un sommeil limpide,
Si l’on n’y prend bien garde, on croirait qu’il est vide ;
Trois gouttes, cependant, en tapissent le fond.

Le vin en sang muté, que nul fruit ne surpasse,
Se fige dans la coupe et semble un vin de glace,
Reflétant de furtifs et malicieux démons.

Cochonfucius

Le fils du charpentier

fils-du-charpentier

Toile de Warner Sallman

Le fils du charpentier
Dévoilait d’étranges secrets ;
Le fils du charpentier
D’un conteur savait les secrets.

Il n’avait pas d’emploi
Mais réconfortait les esclaves ;
Même, il les faisait rire,
Comme rient les petits enfants.

Il guérissait les sourds,
Au plus faible il donnait la puissance d’un lion,
Il produisit du vin
Quand il fut à la noce ;
Quand sa voix se taisait, son regard nous parlait.

Cochonfucius

Le vin, dit-il, c’est mon sang

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Toile de Rubens

Le vin, dit-il, c’est mon sang,
Et mon corps est dans le pain.

Il bénit l’eau de l’étang,
Et l’on guérit dans ce bain.

Il détruit, d’une parole,
Le vieux dogme empoisonné ;

Il n’est pas maître d’école
Ni gardien d’emprisonnés.

Il parle sur les chemins,
Il soulage avec ses mains.

Prophète, il a bien failli
L’être aussi en son pays.

L’Adversaire, un pervers sphinx,
Le suit d’un regard de lynx.

Un soir, il va prier tard
Au jardin, près de l’enceinte.

Le démon devient renard,
Le monde élève une plainte.

Si tu le peux, prends pitié,
Sage fils du charpentier.

Cochonfucius

Fantaisie d’un architecte

ahxi

image de l’auteur

Il dessine le jour, il dessine la nuit,
Il nous donne les plans d’une étrange demeure;
L’idée qui l’envahit, je crois que c’est un leurre,
Ses malheureux clients n’auront que des ennuis.

Puis c’est sa promenade, et sa muse le suit,
Portant dans un panier des tartines de beurre;
Car ils prendront le thé ensemble à dix-sept heures,
Emplissant la bouilloire avec l’eau prise au puits.

La maison qu’il invente est fort peu décorée,
Pas de masques sculptés ni de grilles dorées
Comme on en voit parfois aux demeures urbaines.

S’il pouvait recruter un maçon complaisant,
Le résultat serait peut-être suffisant
Pour que j’aille habiter sa bâtisse incertaine.

Cochonfucius

Hommage à Paul Eluard

2013-d

Photographie de JBB (droits réservés)

Sur Abel et sur Caïn
Sur Adam et sur Lilith
Sur le fils du charpentier
J’ai des sonnets

Sur les astres vagabonds
Sur les faits non résolus
Sur le long fleuve du temps
J’ai des sonnets

Sur l’archange Gabriel
Sur un horloger aveugle
Et sur Marie-Madeleine
J’ai des sonnets

Sur la vie du roi des arbres
Sur Sapiens et sur Faber
Sur Tartuffe en un couvent
J’ai des sonnets

Sur l’amitié des forums
Sur la joie et la tristesse
Sur le maître Chevillard
J’ai des sonnets

Sur le métier de chercheur
Sur le miroir déformant
Et sur Occam en vacances
J’ai des sonnets

Sur la peinture chinoise
Sur trois puissance quatorze
Sur la faim du prédateur
J’ai des sonnets

Sur le trouble ronsardien
Sur les deux cents éléphants
Sur Newton et Langevin
J’ai des sonnets

Sur la reine Pénélope
Sur la planète ignorée
Sur une vibration morte
J’ai des sonnets

Sur l’amour dans un coin sombre
Sur un campement rustique
Sur une nuit de juillet
J’ai des sonnets

Sur le regard de Saturne
Sur un rêve de voyage
Sur la rose et l’hirondelle
J’ai des sonnets

Sur le jardin et la croix
Sur la plume et l’encrier
Sur la salle et le comptoir
J’ai des sonnets

Et par le pouvoir des rimes
J’ai du soleil dans ma vie,
Je suis né pour te servir

Poésie.

Cochonfucius

D’or à un griffon de gueules

gri-gl

Composition de l’auteur

L’air est d’or. Le griffon de gueules se promène
En proposant son coeur aux ondines des puits.
Celle qui en voudrait, fût-ce pour une nuit,
Serait sur cette terre une vraie souveraine.

Or, son offre n’attire ondine ni sirène ;
L’une, même, se moque en l’appelant « Trop cuit »,
Une autre a beaucoup ri, une troisième a fui.
Le griffon va, portant son grand coeur, et sa peine.

Ce n’est pas aujourd’hui que, pleine de tendresse,
Une amante viendra l’instruire de caresses ;
Dans son corps, il devra réinstaller son coeur.

L’ornithorynque rose a rejoint son compère
Et dit « J’ai le remède à cela, je l’espère :
Ce sont quelques flacons d’une douce liqueur. »

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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