Sagesse des loups

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Composition de l’auteur

Les petits loups d’azur dansent au ciel d’argent ;
Ils ont à leur menu, ce soir, de l’oie de sable,
Rien à redire à ça, c’est un dîner passable,
Il leur arrivera de sourire en mangeant.

Les doux chevaux d’argent lisent un livre d’or :
On y voit affrontés les fiers griffons de gueules.
Que les commentateurs nous disent ce qu’ils veulent,
Celui qui fit ce livre est quand même assez fort.

La grande oie, le beau loup, le cheval, le griffon
Ne sont-ils pas remplis de sagesse animale ?
On ne peut s’empêcher de trouver minimale
Celle dont les humains tempèrent ce qu’ils font.

Cochonfucius

D’or à un monstre rotatif

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Composition de l’auteur

Le griffon que voici, qui triple tête porte,
Est enfant des blasons, mais de nouvelle sorte.
De gueules son plumage est assez chaud, l’hiver,
Car il n’aimerait point être nu comme un ver ;

Nous allons admirant sa trajectoire ronde,
Qui, se fermant sur soi, ne conduit nulle part.
Il grogne, revenant à son point de départ :
— Toujours personne en vue ! Serais-je seul au monde ?

Cochonfucius

Vigne d’or

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Composition de l’auteur

Griffon d’argent, la vigne est ta raison de vivre :
Aussi, ne t’en fais pas, sur ce plan, je te suis.
Un vignoble, un figuier, une cabane, un puits,
Ce peu d’installations du souci nous délivre.

Du roi des animaux, qui peut la trace suivre ?
D’autres le tenteront ; pour moi, je ne le puis,
Car s’approcher d’un roi ne vaut que des ennuis,
(C’est probablement vrai, je l’ai lu dans un livre.)

En ma fin de carrière, en ma vieille saison,
J’inspecte mes papiers, je range ma maison ;
D’être fauve ou griffon, je n’en ai nulle envie.

Sur le point d’habiter un terroir étranger,
J’imagine ce qui, pour moi, devra changer :
Je fais des provisions pour l’hiver de ma vie.

Cochonfucius

Aigle d’Islande

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image du blog Herald Dick Magazine

Se posant sur la glace, il fera quelques pas,
Ainsi qu’un factionnaire auprès de sa guérite ;
Autant le vaste ciel le voit s’avancer vite,
Autant, marchant au sol, il ne se presse pas.

Il est fort satisfait de son récent repas ;
Le saumon, qui dedans son noble ventre habite,
Sera-t-il le héros du sonnet qu’il médite ?
Sauf qu’en menus morceaux, son bec le découpa.

Mais enfin, il se tait ; ça lui semble frivole
D’exprimer son savoir en légères paroles,
Car le sens est perdu, si les mots sont nombreux.

Le grand aigle d’argent, c’est le seigneur des plaines,
De plaisirs peu communs, son existence est pleine ;
Il chante mieux que moi, quand il est amoureux.

Cochonfucius

Oiseau châtelain

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Image du blog Herald Dick Magazine

L’aigle d’argent médite au seuil d’un château fort.
Du ciel d’azur, il voit un doux éclat descendre,
Le rêve de son âme est de flamme et de cendre,
Quelques airs de chansons lui viennent, sans effort.

Dans un profond silence, il trouve ses accords,
Il trouve quelques mots dubitatifs et tendres,
Aux horizons lointains, toujours, il croit entendre
Le neveu qui mourut en sonnant de son cor.

Au bout d’une journée, dis-moi ce qu’il en reste,
Un murmure, une plainte, une absence de geste,
Pas grand-chose, sans doute, ou alors, rien du tout.

Car cet aigle d’argent, c’est un roi sans royaume,
C’est un songe brumeux, c’est un pâle fantôme,
C’est un héros pensé par un rhapsode fou.

Cochonfucius

Le rhapsode ivre

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Toile de Ernst Ludwig Kirchner

Comme je recherchais une rime impossible,
Je ne me sentis plus guidé dans mon labeur ;
L’hommage éblouissant que j’avais eu pour cible
Se retrouvait tout nu et de pâle couleur.

J’étais insoucieux des césures épiques,
Des sonnets inspirés d’un madrigal anglais ;
Quand mon esprit cessa d’envoyer de ses piques,
Le silence m’a dit tout ce que je voulais.

Entouré des griffons farouches de la toile,
Moi, l’autre jour, plus fou qu’un sonneur d’olifant,
J’écrivis, et mes vers montaient vers les étoiles,
Quittaient le sol terrestre en Pégases piaffants,

Et j’ai chanté l’amour du monstre maritime,
De la grenouille verte au bord de son étang,
Quand d’un seul coup de foudre ils sont tous deux victimes
Et que l’amour tragique en chacun d’eux s’étend.

Je sais l’archange mou que ronge le délire,
Consommant des alcools aux ignobles parfums
Dont il croit rallumer la flamme de sa lyre
Pour chanter la douceur de son amour défunt.

Puis il déguste aussi l’absinthe d’émeraude,
Car il veut enivrer deux âmes dans son coeur
Celle de l’oiseau-mouche en pleine saison chaude,
Celle de l’ours polaire au temps du froid vainqueur.

Alors, le vieux rhapsode, ainsi doublement ivre,
Avaleur de souffrance et raconteur d’amour
Entretient de ses vers la vision d’une vouivre
Ayant au fond des eaux plus d’un secret parcours.

Il exulte du vaste et fol itinéraire,
Qui ne lui permet point d’instant inattentif,
Le soupir de la muse aux accents littéraires,
L’esprit calculatoire et le coeur inventif.

Assez ! J’ai trop rimé ! J’ai vidé tout mon rêve !
Toute rime est sans force et tout sonnet amer ;
L’encrier me demande (et la plume) une trêve,
Planons avec la mouette au-dessus de la mer !

Cochonfucius

Sagesse d’un bipède

ahd

image de l’auteur

Il lit modérément de la prose et des vers,
Il nage dans le rêve et dans l’inconnaissable;
Il peut voir l’univers au creux d’un grain de sable,
Il aime son jardin même au coeur de l’hiver.

Ce bipède n’est pas un animal pervers,
Il apprécie d’avoir un verre sur sa table ;
Il exerça, jadis, des métiers respectables,
Il fut aventureux sans craindre les revers.

Son employeur, souvent, douta de son mérite,
Mais en lui pardonnant, toujours, selon les rites;
De nobles mandarins furent ses protecteurs.

Or, le voici qui goûte un repos salutaire,
Ayant trouvé refuge au fond d’un sanctuaire,
Ce scribe sans orgueil, ce paisible lecteur.

Cochonfucius

Douceur inattendue

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Parfois, l’air semble doux dans le coeur d’un orage ;
Et cela se produit, inexplicablement,
Au plus fort du tonnerre et de son tremblement.
Ce souffle d’air léger au passant rend courage.

Parfois, le passager qui a peur d’un naufrage
Éprouve, en voyant l’eau, comme un enchantement
Et, son humeur changeant assez soudainement,
Il cesse de vouloir regagner le rivage.

L’orage et le bateau ont pour maître le vent.
La pensée suit le flot de l’esprit, s’élevant ;
Quelquefois, c’est très lent, mais d’autres fois, c’est leste.

L’homme est parfois craintif, et s’enfuit comme un daim ;
Timide certains jours, ainsi que les ondins,
Mais certains autres jours, comme une aigle céleste.

Cochonfucius

Quelques triomphes

triomphes

Composition de l’auteur

Le palotin fait duc par ses pantoufles d’or :
Maint courtisan lui voit manières seigneuriales,
Les plus hardis diront « Mieux que ça, impériales ;
Une aigle ici n’est pas, mais au moins un condor».

Poulainé de sinople, un fou l’amuse fort ;
À descendre son vin, en nul cas il ne cale,
Pour lui, ne versez point la flotte monacale,
Avec les matelots laissez-le boire au port.

Quand au fond de son coeur une ivresse fait rage,
Il donne libre cours à son vaillant cerveau :
Il remplit son cahier d’alexandrins nouveaux.

Est-ce une traversée, un triomphe, un naufrage ?
Il ne peut pas le dire, il est dubitatif,
Personne sur le port ne connaît les tarifs.

Cochonfucius

Pouvoir du rêve

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Composition de l’auteur

Le bureau encombré se reflète en la glace,
Inversant les contours et tous les mouvements,
Faisant s’accroître aussi quelques éloignements.
Alice en rêve part explorer cet espace.

L’autre monde est tordu, quelque pas qu’elle y fasse ;
Car tout y est pourvu d’étranges fondements,
L’aigle devient pluvian, surprenant changement
Et vite il faut courir pour bien rester sur place.

La logique d’ici ne s’y applique point,
La sphère de Chronos s’y réduit en un point
Et les identités n’y ont pas de constance.

Ah, pouvoir, comme Alice, en ces lieux m’attarder
Loin du monde normal, ne plus le regarder,
Et dissoudre mon âme en cette inconnaissance !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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