Batrachochronie

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image de l’auteur

Grenouille du passé, si stable dans ton être,
Tu sais que de nos vies, nous ne sommes point maîtres.
Tu notes nos succès, nos échecs, nos ennuis,
Le temps ferme ses yeux, et tu dors avec lui.

Grenouille du présent, cherches-tu à nous plaire ?
C’est louable intention, ce n’est pas mince affaire,
Le présent, si ténu qu’il échappe à l’esprit,
J’hésite à le décrire, et surtout, par écrit.

Et toi, de l’avenir proposant l’étendue,
Tierce grenouille, au fond d’un délire perdue,
Tu dis n’importe quoi, je ne puis t’en blâmer,
Les trois temps de ma vie ont droit de s’exprimer.

Cochonfucius

 

Autour de l’église

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image de l’auteur

L’église vibre au son du chant de trente moines ;
Au-dehors, deux démons qui dansent dans les airs,
Personne ne les voit, le village est désert
Tout autant que la friche où vit le jeune Antoine.

Dans la nef, un galant raconte des sornettes
À une Margoton d’exemplaire piété ;
Quand ils en sortiront, par ce beau soir d’été,
Les démons auront pris la poudre d’escampette.

Un glaneur, satisfait de sa maigre moisson,
Reste au fond de la nef, que l’encensoir parfume,
Faiblement éclairé par un cierge qui fume
Et songeant à l’auberge aux coûteuses boissons.

Cochonfucius

Le Seigneur Félix

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image de l’auteur

Ce paisible seigneur, rien ne trouble son âme,
Rien ne ternit l’éclat de sa noble grandeur ;
Il est en son royaume un furtif promeneur,
Admirant l’horizon qu’un crépuscule enflamme.

Lui, qui de ses sujets presque rien ne réclame,
Il s’est fait une place au profond de leur coeur ;
Il n’imite jamais les cruels empereurs
Qui jadis ont régné par le meurtre et le drame.

Il explore sa ville au long d’une soirée,
Qui de nocturnes feux s’est richement parée ;
Mais il aime surtout les lieux inhabités.

Assez souvent il dort, c’est pour chasser en songe,
Reposant son esprit qu’aucun tourment ne ronge,
Mais ne perdant jamais son air de majesté.

Cochonfucius

Demoiselle imprudente

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Composition de l’auteur

Un bal était donné dessus le pont du Nord ;
— Mère, irai-je danser, demande alors Adèle ;
— Mais non, vous n’irez point, gentille demoiselle !
Et la voici pleurant les larmes de son corps.

Mais son frère survient dans une nef en or ;
— Dis, pourquoi pleures-tu ?  — Hélas, lui répond-elle,
Je suis privée de bal par Maman, la cruelle.
— Mets donc ta robe blanche et grimpe vite à bord.

Sur la robe ont relui les ors de la ceinture,
Et les vollà partis, frondeuses créatures,
La belle fille au bras du vaillant fils aîné.

À danser dans la nuit, quelques instants s’écoulent,
Quelques instants, pas plus, et puis le pont s’écroule :
Sachez-le, c’est le sort des enfants obstinés.

Cochonfucius

Partager un nuage

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image de l’auteur

Je me crus seul à bord de mon frêle vaisseau ;
Mais une demoiselle, au hasard d’une escale,
S’assit auprès de moi. Sa présence amicale
Évoquait en mon coeur l’ondine du ruisseau.

Après quelques instants de savoureux silence,
La demoiselle a dit : « Allons où tu voudras ! »
Un blanc nuage au ciel s’étirait comme un drap ;
C’était au temps lointain de mon adolescence.

Cochonfucius

Piaf-Canicule

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image de l’auteur

La voix d’un tel oiseau n’est jamais altérée,
Il sait l’entretenir avec du vin bien frais ;
On l’entend rarement, c’est un être discret,
Sauf s’il a décidé d’animer la soirée.

Son âme par le vin ne fut point égarée,
Autour de sa personne, il ne fait pas d’apprêts;
Il parcourt en été les antiques forêts,
Ou, plus modestement, une friche arborée.

Ce rhapsode amateur s’épargne les soucis,
Aimant lire des vers et de la prose aussi ;
Vous ne le prendrez point pour un canard sauvage.

Dès le lever du jour, le monde est dans ses yeux,
L’éternelle splendeur de la terre et des cieux ;
Il aime l’univers, cet oiseau d’un autre âge.

Cochonfucius

Ambitaureau

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image de l’auteur

L’ambitaureau, longuement mugissant,
Voit le jour fuir et le soleil descendre ;
La grande Nuit sur Terre va s’étendre,
Tout est en paix dans le jour finissant.

Le bon fermier, ses vaches bénissant,
Leur dit des mots que chacune aime entendre;
Des mots gentils, faciles à comprendre,
Pour s’adresser à leur coeur frémissant.

L’ambitaureau n’est jamais à la peine,
Quand il a soif, il boit à la fontaine ;
Trouvant ce monde un aimable séjour.

En son sommeil il rêve qu’il dévore
Le riche blé des greniers de l’Aurore :
Ce qu’il fera, d’ailleurs, peut-être un jour.

Cochonfucius

Amphore de Dionysos

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image de l’auteur

Le dieu, qui peut bénir la vigne que tu plantes,
Verse dans une amphore un honnête vin blanc ;
C’est ce que j’ai cru voir dans un rêve troublant,
Au lit que partageait ma muse nonchalante.

Était-ce, dis-moi, l’un de ces songes qui mentent ?
Je pose la question dans mon coeur indolent.
Même si cette amphore était un faux-semblant,
Je remercie Bacchus pour l’image charmante.

Ce vin, qui fermenta dans la cuve profonde,
Rend mon esprit fertile et ma plume féconde ;
Je remplis bien mon verre, et tout va pour le mieux.

En l’honneur de la soif qui veut être assouvie,
En l’honneur du loisir, en l’honneur de la vie,
Taisons-nous et buvons, c’est le plaisir des dieux.

Cochonfucius

Livre magique

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Un livre qui parle de tout :
Ça, c’est une chose épatante ;
Voir le réel par tous les bouts,
Saisir les choses importantes,

C’est beau ! C’est excellent ! C’est fou.
De plus, les pages sont vivantes,
Elles grandissent d’un seul coup,
Au gré des retouches fréquentes.

Des érudits se lèvent tôt
Pour y enregistrer leur science ;
Comme les salles d’un château,

Les feuillets de ce livre immense
Les uns sur les autres ouverts :
Quel beau reflet de l’Univers !

Cochonfucius

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Seigneur de la Longue Paume

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image de l’auteur

Je vois un chevalier se livrer à des jeux,
C’est pour lui l’occasion de montrer sa puissance ;
Toujours la balle reste à son obéissance,
Nul prince, nul marquis ne saurait faire mieux.

On dit que de tels jeux sont le plaisir des dieux,
C’est surtout vrai, je crois, quand ils sont en vacances ;
Mais notre chevalier n’a pas moins d’élégance,
Les dames de la Cour le dévorent des yeux.

Le bon peuple aime aussi s’amuser à la balle,
C’est plus divertissant que des joutes verbales ;
Le sport, c’est du concret, mais les mots, c’est du vent.

Ainsi donc la noblesse à la plèbe s’allie,
Partageant cet esprit de sagesse et folie ;
Et c’est tant mieux pour eux, selon mon jugement.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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