Miroir de lion

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image de l’auteur

De gueules, ce grand lion porte un miroir précieux
Qu’il traverse parfois pour y prendre des lièvres,
Des vestales d’argent aux souriantes lèvres,
D’incroyables trésors, ou des fruits délicieux.

Le miroir et le lion deviennent un peu vieux ;
Le monde reflété se nuance de fièvre,
Le lièvre est remplacé, parfois, par une chèvre ;
Une lune pensive en traverse les cieux.

Bien mûre est la vestale, et non adolescente ;
L’envol des sentiments fait place à la descente,
Comme il advient aussi, vers le soir, du soleil.

Mais ce fol univers reste sans amertume :
Ses astres ne sont point dévorés par la brume,
Le rêve qu’on y fait ne craint point le réveil.

Exploration

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Toile de Josh Kirby

Césaire s’avançant dans la forêt magique
Y voit des végétaux à la vive couleur ;
Il passe son chemin sans cueillir une fleur,
Affûtant dans son coeur sa plume nostalgique.

Il en est le gardien, l’observateur, le druide ;
Pour ses nombreux lecteurs, il en fait le portrait,
Parfois tout naturel, parfois un peu abstrait :
On reconnaît toujours sa langue pure et fluide.

Cochonfucius

L’éternel azur

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Toile de Ad Reinhardt

Redoutons la raison et craignons l’ironie :
Inspirons-nous plutôt du mutisme des fleurs,
Comme fait l’homme simple, ainsi que le génie,
Ou celui qui resta le roi de ses douleurs.

Le sombre puisatier durement nous regarde,
Cherchant à déchiffrer notre coeur transparent ;
Mais peu d’astres sont là, dans cette nuit hagarde,
On a volé la lune, et c’est un peu navrant.

Je voudrais m’évader par un trou de matière,
Faisant mes adieux à l’humanité entière,
Ne plus rien fréquenter de sombre, ni de dur ;

Toutefois, je comprends que l’azur me traverse
Afin de m’épargner les tentations perverses,
Et de cette abstraction je rends grâce à l’azur.

Cochonfucius

Miroir ou tunnel

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Toile de Alfred Kubin

La substance du rêve est celle d’origine,
Mais de l’autre côté d’un étrange miroir
C’est une autre substance, et je ne peux la voir,
Pourtant, à mon réveil, parfois je l’imagine.

Est-ce un miroir, ou bien, un tunnel, un couloir ?
Serait-ce l’intérieur d’une sombre machine ?
C’est noir comme serait un flot d’encre de Chine,
Pas moyen de trouver quel nom ça peut avoir.

C’est peut-être de l’eau, mais peut-on s’y plonger ?
Est-ce froid, est-ce chaud, quels en sont les dangers ?
Est-ce un milieu poreux, est-ce une chose abstraite ?

Y parvenir serait un aboutissement…
Non par la progression, mais par un glissement ?
Y passer désormais sa paisible retraite ?

Cochonfucius

Un miroir abstrait

Dorothea Tanning dies at 101

Toile de Dorothea Tanning

Le rêve est toujours accueillant,
Il porte des couleurs subtiles.
On y croise de noirs reptiles
Ou parfois, un cheval vaillant ;

L’esprit croît en se dépouillant
De toutes ses colères viles,
Le corps aime flâner en ville
Sous le feu des astres brillants.

L’éveil survient, au bout du compte ;
C’est la fin d’un merveilleux conte
Qui s’endort au fond d’un tiroir.

Le rêve joue à cache-cache
Et ses fragments forment des taches
Sur nos coeurs, ou sur nos miroirs.

Cochonfucius

Nostalgie de l’arbre et du jardin

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image de l’auteur

Adam fut jardinier, nul ne sait en quel lieu,
Sauf des chercheurs, peut-être, issus de l’inframonde;
Mordre un fruit, ça lui prit juste quelques secondes,
Puis il vit déferler la colère des cieux.

Or, un tel manquement fut-il grave, à ses yeux ?
Quel mal peut-on trouver dans une pomme ronde ?
En lisant d’Augustin les doctrines profondes,
On comprend que cela le sépara de Dieu.

Adam s’est résigné, car la vie est ainsi,
Avec ses contretemps et ses plaisirs aussi ;
Un jour pour le festin, six autres pour les restes.

Du jardin de jadis tu n’as rien emporté,
Pas même un souvenir de la divinité ;
Mais tu vois son reflet dans la voûte céleste.

Cochonfucius

Trois pictogrammes

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Image d’Herald Dick

Fait par un scribe au jardin bienheureux
Est un écu dont plaisante est la face ;
Il est porteur de trois signes que trace
En trois couleurs, un pinceau chaleureux.

La marque d’or dit l’être aventureux,
L’argent figure une étoile de glace,
Et de sinople un dessin trouve place,
Représentant un chapitre amoureux.

Le tout présente une belle harmonie,
Ici ou là, nul lecteur ne le nie ;
L’esprit global, n’en est-il pas lointain ?

La faute en est au temps, irrévocable,
Qui perd le sens comme l’eau perd le sable ;
Paléographe y perd sa peine, en vain.

Cochonfucius

Un village loin du monde

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image de l’auteur

De modestes maisons et de petits jardins,
Et la belle couleur de la terre de vigne ;
Une courte avenue, des arbres qui s’alignent,
Un plan d’eau pour loger la sirène et l’ondin.

Nous sommes les ruraux, tel est notre destin,
D’un tranquille bonheur nous voulons être dignes ;
Du grain pour les oiseaux, des poissons pour les cygnes,
Des petits plats pour nous, à chacun son festin.

Ayant quitté l’endroit, souvent on y retourne,
Et nos défunts, bien sûr, en leur tombe séjournent,
Dans le coeur de ce lieu dont ils furent épris.

Le dimanche à l’église on dispose des vases
Honorant le Seigneur en ses trois hypostases ;
Ce geste symbolique apaise nos esprits.

Cochonfucius

La Fontaine voit un épouvantail

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Composition de MisterBoogieBagul

Le bonhomme de neige a vu l’épouvantail
Qui se morfondait, seul, au fond d’un pâturage.
Il lui dit : Partons donc, tous les deux, en voyage,
L’hiver n’est pas pour toi la saison du travail.

Mais, comme aucun des deux ne portait de chandail,
Ils ont fait un grand feu, pour avoir du chauffage.
L’un brûle, l’autre fond, ne laissant, quel dommage,
Que de petits morceaux de leur bel attirail.

Cochonfucius

Oiseaux voyageurs

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image de l’auteur

Ces nobles migrateurs traversent l’océan,
De tels coureurs des mers ne sont qu’en petit nombre ;
Un paisible poisson, voyant passer leurs ombres,
Les prend pour des démons surgissant du néant.

Ne pense rien de tel, vieux poisson mécréant,
Ce sont des voyageurs qui voguent sans encombre ;
Il vont droit devant eux, vers où le soleil sombre,
Chacun peut admirer leurs ailes de géant.

Les habitants des mers à chaque fois s’étonnent
De ces êtres vaillants qui aux airs s’abandonnent;
Cela met un frisson dans leurs écailles d’or.

Mais eux, ce qu’il leur faut, c’est un temps sans histoires,
C’est le calme et la paix qu’ils trouvent méritoires,
Et non pas de filer d’un bord à l’autre bord.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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