Oiseaux voyageurs

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image de l’auteur

Ces nobles migrateurs traversent l’océan,
De tels coureurs des mers ne sont qu’en petit nombre ;
Un paisible poisson, voyant passer leurs ombres,
Les prend pour des démons surgissant du néant.

Ne pense rien de tel, vieux poisson mécréant,
Ce sont des voyageurs qui voguent sans encombre ;
Il vont droit devant eux, vers où le soleil sombre,
Chacun peut admirer leurs ailes de géant.

Les habitants des mers à chaque fois s’étonnent
De ces êtres vaillants qui aux airs s’abandonnent;
Cela met un frisson dans leurs écailles d’or.

Mais eux, ce qu’il leur faut, c’est un temps sans histoires,
C’est le calme et la paix qu’ils trouvent méritoires,
Et non pas de filer d’un bord à l’autre bord.

Cochonfucius

Drôle de zèbre

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Le zèbre se prend-il pour un cheval barbare ?
Ou croit-il que son oncle était un vieux bison ?
Je pense qu’il est fier des innombrables barres
Qui traversent sa robe, ainsi qu’un fier blason.

Mais ne sont-elles point des cordes de guitare,
Et dans un pareil cas, faut-il un diapason ?
Le zèbre en s’accordant produit un son bizarre,
De garder le silence il aurait bien raison.

Le zèbre est-il un âne ? Un cheval des ténèbres ?
Son arrière-grand-père est-il un tigre-loup ?
A-t-il des dominos en guise de vertèbres ?

Lecteurs, dessinez-moi un zèbre, voulez-vous ?
Soit blanc rayé de noir (c’est conforme à l’usage),
Soit noir rayé de blanc, du fait d’un déphasage.

Cochonfucius

Le cartésien et les sept empiristiaux

L’auteur rendit un hommage aux frères Grimm.

Il y avait une vieille dame empiriste qui élevait sept empiristiaux dans une guitare. Mais un matin elle dut s’éloigner de la guitare pour aller jusqu’au volcan afin de puiser de la lave. empir1Elle dit : « Mes petits, je dois m’absenter. Surtout n’ouvrez jamais la porte de la guitare, si le cartésien vient vous voir. Il a une grosse voix et des pattes noires, c’est ainsi que vous le reconnaîtrez. »

Richter (1857)

Les empiristiaux comprennent la consigne. Ils ferment bien la porte. Et peu de temps après, on frappe. « Mes petits, je suis de retour, ouvrez vite. » Ils reconnaissent la grosse voix du cartésien et n’ouvrent pas.

Richter (1857)

Alors le cartésien s’en va chez le conceptualiste et se fait adoucir la voix. Il retourne parler aux empiristiaux, qui voient sa patte noire, et le renvoient à nouveau.

Meyerheim (1889)

Alors le cartésien s’en va chez le nominaliste et se fait blanchir la patte. Il retourne parler aux empiristiaux, montrant sa patte blanche.

Richter (1857)

Alors, ils ouvrent. Le cartésien se précipite sur eux. Les empiristiaux se cachent

  • dans une anacoluthe ;
  • sous une prolepse ;
  • au milieu d’une antimétabole ;
  • dans une diérèse ;
  • sous une cataphore ;
  • parmi des antistrophes ;
  • dans une construction métonymique.

Le cartésien les trouve tous, et en fait son repas, sauf celui qui était dans la construction métonymique. Puis il s’en va dormir sous une référence culturelle.

La vieille dame empiriste revient et trouve la guitare en désordre, les structures internes renversées, et les empiristiaux disparus. Seul celui qui était dans la construction métonymique prit la parole et lui expliqua ce qui était survenu en son absence.

Richter (1857)

En sortant de la guitare, ils voient le cartésien qui ronfle à en faire trembler la référence culturelle. La vieille empiriste se demande si, à l’intérieur du cartésien, les empiristiaux pourraient être vivants.

Elle envoie son enfant chercher un paragraphe, une justification et un calibrage. Avec le paragraphe, elle découpe une ouverture dans le ventre du cartésien, sans le réveiller, et les six empiristiaux en surgissent, sains et saufs.

Ubbelohde (1907)

Alors, ils vont chercher des épanadiploses bien lourdes, qu’ils posent dans le ventre du cartésien, avant de le refermer avec la justification et le calibrage, toujours sans le réveiller.

Quand il eut assez dormi, il se mit en route pour aller boire. Les épanadiploses dans son estomac s’entrechoquaient à chaque pas. Il s’écria :

Quels sont ces bruits épouvantables
Dans mon estomac misérable ?
Ces six petits empiristiaux
Sont plus lourds que des enclumiaux.

En se penchant pour boire, il se plouffa pour de bon, et demeura au fond. Alors la vieille dame empiriste et les empiristiaux s’exclamèrent un bon nombre de fois : « Le cartésien est plouffé ! Le cartésien est plouffé ! Le cartésien est plouffé !  » et si cela se trouve, ils sont encore en train de le dire.

Crane (1886)

Merci à Robert Godwin-Jones pour le choix des illustrations ; voir aussi celles de Robert Lumley.

Cochonfucius

Corbière voit une guitare

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Photographie de Robert Doisneau

J’écoutais un air de guitare,
Réglant le son sur “pas trop fort” ;
J’échappais au monde barbare,
À la vieillesse et à la mort.

Car pour quitter ce purgatoire,
Il me suffit de quelques pas,
D’une chanson dans la nuit noire,
D’un chanteur que l’on n’oublie pas.

Il dit les drames de la rue,
Les petits bonheurs, les émois,
Son désir pour une inconnue ;
Il dit tout cela mieux que moi.

Ah ! je t’écoute, camarade
Brassens, en savourant ta voix,
Et puis je fais des sérénades,
Un petit peu moins bien que toi.

Cochonfucius

Méditation sur un air de guitare

king

Faut-il être un amoureux
Pour être un bon guitariste ?
Sans doute, un amoureux triste ?

Au contraire, un homme heureux ?

Faut-il que l’amour résiste ?
Ou qu’il soit un peu mourant ?
(et que, pourtant, il insiste ?)

Ou bien, Eros dévorant
Devrait commettre un ravage ?
(Il fait cela, c’est courant).

Faut-il qu’on tourne une page
Pour qu’Eros, ce polisson,
Nous inspire une chanson ?

Sont-ce les amours bizarres
Qui font sonner la guitare ?

Cochonfucius

Au jour du premier mai

hugo

Dessin de Victor Hugo

Au jour du premier mai, environné de roses,
Victor Hugo, qui rit en présence des choses,
Chante les animaux, sans faire de jaloux ;
Il a béni l’agneau et caressé le loup,

Puis il donne à chacun une aimable devise
(Quand il n’en trouve point, voilà qu’il l’improvise),
Et le gai rossignol et le merle moqueur
Ont chanté pour Victor du profond de leur coeur.

Pour songer au poème, il se lève à l’aurore ;
Il en forge les mots avec sa voix sonore
Et nous les répétons, tant ils sont émouvants,
Afin qu’ils soient portés au lointain par le vent.

Cochonfucius

Cavalier immatériel

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image de l’auteur

Le printemps nous revient, la vie prend son essor,
J’entends le rossignol qui n’a ni Dieu ni Muse ;
Des lointains me parvient une clameur diffuse,
Un vieil archange annonce un nouvel âge d’or.

Un vigoureux cheval galope vers le Nord,
Je n’ai du cavalier qu’une vision confuse ;
Son être immatériel aux regards se refuse,
L’étrange citoyen n’a presque pas de corps.

Lui, qui jamais ne suit ni ne mène une troupe,
Ne pourrait chevaucher sans vider quelques coupes;
Je me dois d’admirer ce noble vagabond.

Vers le soir, il courtise une invisible dame,
Lui disant quelques vers qu’elle trouve assez bons;
Et leurs yeux sont emplis d’imperceptibles flammes.

Cochonfucius

Université Paris Saclay

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Que les jours sont bucoliques
Sur ce campus essonnien !
Quelques mathématiciens
Font du calcul symbolique

Et du travail théorique,
Pendant qu’un digne doyen
Administre, l’air de rien,
Les finances pléthoriques.

Mille doctorants, charmés
De bâtir des théorèmes,
Oublient de boire et d’aimer ;

Ce n’est pas un vrai problème :
En post-doc ils partiront,
Et là, se rattraperont.

rugby

Cochonfucius

Beuverie au désert

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Toile de Philips Wouwerman

Tous les soldats du roi, en puissant équipage,
Vieil ermite, ont franchi ton ruisseau familier ;
Ils grillent de la viande et font un fort tapage,
Fantassins et sapeurs, éclaireurs, cavaliers.

Ils n’iront aujourd’hui sur les lieux de carnages,
En désordre par terre ont laissé leurs souliers,
Ils boivent goulûment, ces joyeux personnages,
Et le bord du cours d’eau leur tient lieu de cellier.

Bientôt s’éteint en eux la moindre ardeur guerrière,
Le moindre goût d’entrer en actions meurtrières :
Ni même de frapper les antiques tambours.

Par sa sobriété, l’ermite les désarme,
Et de leur meilleur vin, ils lui offrent toujours.
Vers la fin, il leur dit : Je veux bien. Une larme.

Cochonfucius

Coq de jour et coq de nuit

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image de l’auteur

Le monde entre le jour et la nuit se partage ;
Or le ciel, ni la nuit, ni le jour, n’est amer,
Il se veut rassurant pour la terre et la mer,
Car il semble promettre un été sans orage.

Coqs de sinople et d’or règnent sur les rivages,
Et si leurs éperons sont durs comme du fer,
Leur coeur est adouci par les parfums de l’air
Qui leur tournent la tête, ainsi qu’un lourd breuvage.

Leur mère leur apprit la tendresse au berceau.
Ils ne sont pas grognons, comme sont les pourceaux,
Nul ne les vit jamais se servir de leurs armes,

Sauf s’ils sont sous l’effet d’un désordre amoureux :
Et de tels jours, pour eux, sont parfois douloureux,
Mais on les voit chanter au travers de leurs larmes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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écoutons à l'infini...

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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