Empire aboli

grandes-armes

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En désordre gisant, les pierres des églises
Reposent pour toujours dans la poussière grise ;
Il ne reste plus rien des grands bulbes dorés,
Et pas le moindre éclat des vitraux colorés.

Les dames qui rêvaient dans l’ombre des chapelles,
Où sont leurs ornements, où sont donc leurs dentelles ?
Un peintre en avait fait de si charmants tableaux
Que le monde jamais n’a rien vu de plus beau.

C’est le temps de l’exil pour l’épouse et et la vierge,
Qui jamais plus n’iront, à la clarté des cierges,
Entendre le prêcheur, moine vêtu de noir,
Disparu, lui aussi, à la tombée du soir.

Cochonfucius

Église imperceptible

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image de l’auteur

Regardant vers l’église, on ne voit que les cieux,
On ne voit que les quais sous la clarté solaire ;
D’où cela provient-il, la chose n’est pas claire,
Un sombre sortilège a transformé ce lieu.

J’y viens jour après jour, et ça ne va pas mieux,
Aux gens de ce quartier la chose doit déplaire ;
Un malveillant démon a-t-il, dans sa colère,
Rendu le lieu du culte invisible à nos yeux ?

— Cesse donc ton caprice, inframondain rebelle,
Reconnais avec nous que cette église est belle,
Reviens à la raison, ne sois pas sans merci.

Mais le diable farceur jamais ne se dévoile,
Faute d’église on voit le ciel semé d’étoiles,
Gloire à Dieu s’il voulait que cela fût ainsi.

Cochonfucius

Rose indifférente

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Toile de Pierre-Joseph Redouté

Rose qui n’a point d’oreille
Ne peut entendre une abeille ;

Ni ne peut voir, dans la nuit,
La froide lune qui luit.

La vie lui est pourtant douce
Comme est aux pierres la mousse ;

Elle a tout ce qu’elle veut
(C’est quelqu’un qui vit de peu),

Ni sous le chagrin ne ploie,
Ni ne danse dans la joie ;

Et quand vient le temps du deuil,
N’a jamais de larme à l’oeil,

Rose qui un jour fut belle
N’a cure d’être immortelle.

Cochonfucius

Avec 唐伯虎 Tang Bohu

tang

Peinture chinoise

Vivre soixante et dix années
Jamais ne fut chose donnée ;
C’est courte vie,

Surtout si l’enfance on retranche
Et la vieillesse et la nuit blanche,
L’intempérie…

Après notre fête lunaire,
Après la mi-automne claire,
Que vaut la lune ?

Après avril où tant de fleurs
Aux morts vont offrant leurs couleurs,
N’en aime aucune.

Jardin fleuri, lune charmante,
En votre honneur il faut qu’on chante,
Qu’un air résonne ;

Belle coupe à présent bien pleine
Demain n’offre plus de joie vaine
À nos personnes.

Tant de projets et tant d’affaires,
Tant de métiers, que sais-tu faire ?
Tant de souci ;

Ce qu’argent et travail procurent,
C’est que trop tôt ta chevelure
S’en va blanchir.

Plus vite s’en iront les mois
Que tu ne comptes sur les doigts
De cette main ;

La cloche a dit bonsoir au jour
Et déjà le coq dit bonjour
Au lendemain.

Veuillez dénombrer les présents :
L’an prochain c’est l’enterrement
De l’un ou l’autre ;

Mais nos tombeaux, pour la moitié,
L’an prochain seront oubliés
Dans l’herbe haute.

Cochonfucius

Un bilan

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Toile de Peter Van Straten

Composer un poème est un acte de foi.
Ce n’est pas seulement parler de joie, de peine,
De l’ennui remplissant les jours et les semaines…
Ce n’est pas que pleurer sur un tort d’autrefois ;

C’est dire le présent, sans passion et sans haine,
Les bras ouverts prenant la forme d’une croix,
Le bonheur fugitif auquel, quand même, on croit,
Et le vent de printemps qui fait l’âme sereine.

Pour écrire un poème, il faut juste une plume
Et peut­-être un semblant de désir qui s’allume
Par un échauffement de l’imagination.

Les mots sont à chacun dévolus en partage
Ainsi que le pouvoir de lire les images ;
Après… cela demande un peu d’application.

Cochonfucius

Tour exoplanétaire

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image de l’auteur

Un exilé qui trois soleils contemple
Ne sait combien son séjour va durer ;
De son retour il n’est point assuré,
D’un tel salut ne sont guère d’exemples.

Le temps est calme et les loisirs sont amples
À condition de rester emmuré ;
Ses compagnons, il en est séparé,
Avec lesquels il buvait, rue du Temple.

Il reste là, sombrement méditant,
Autour de lui s’est ralenti le temps,
Autour de lui va s’éteindre l’histoire.

Sous le ciel clair ou les nuages gris,
Il songe à tout ce qu’il n’a pas compris,
À ses échecs ainsi qu’à ses déboires.

Cochonfucius

Au pays des chimères

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image de l’auteur

Ce continent est presque inhabité,
Mais il y pousse une forêt d’érables ;
Jadis y fut un peuple misérable
Que détruisit une calamité.

Un spectre alors vint ce terroir hanter,
Qui composa des chants inimitables ;
Ce revenant n’était point redoutable,
Qui s’occupait de boire et de chanter.

Cette musique attira des chimères
Qui ont bâti quelques logis sommaires,
Et cette troupe, ensuite, a prospéré.

Si tu y vas, ne montre nulle crainte,
Mais garde-toi pourtant de leurs étreintes,
Laisse-les donc vainement soupirer.

Oiseau plus ou moins inexistant

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image de l’auteur

Il ne redoute point les cruels équipages,
Il est presque invisible au-dessus de la mer ;
Nul n’a jamais connu le but de ses voyages,
Son portrait n’est pas net, son dossier n’est pas clair.

Le savant rédacteur du «Génie des Alpages»
Dit que des poursuivants il déroute le flair;
Son vol, ne produisant nulle rumeur dans l’air,
Vers des lieux inconnus chaque fois le propage.

J’ai trouvé l’autre jour un texte de Plutarque
Qui de ce bel oiseau fort longuement parlait;
Même, il fut émaillé de subtiles remarques.

On l’a vu se poser auprès d’une baronne
Afin de lui chanter un aimable couplet;
Le mystère à présent pour toujours l’environne.

Cochonfucius

Observatoire du télépathe

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image de l’auteur

Se passer d’instruments, tel est son point d’honneur,
Lui qui dans une tour sans fenêtres réside ;
Pour observer le ciel, son fol esprit le guide,
C’est un chercheur bizarre, un artiste, un glaneur.

Je lis quelques travaux de cet observateur,
Admirant la clarté de son esprit lucide ;
Tout semble lumineux sous sa plume placide,
Quant à moi, j’aime bien son humour salvateur.

L’ire des relecteurs, il n’en a nulle crainte,
Eux qui sont dans le doute et qui sa prose éreintent ;
Ce chercheur de lumière est libre comme l’air.

Tu peux penser, parfois, que ses bouquins l’encombrent,
Mais ce n’est pas le cas, leurs contenus sont clairs
Dans la plupart des cas, malgré des zones d’ombre.

Cochonfucius

Perplexité

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Dessin de Picasso

J’ai parfois l’impression d’être un double élément :
Humain et animal comme le Minotaure
Qui reste au labyrinthe en son égarement,
Ou comme en promenade un perplexe centaure

Ne sait s’il aime Ariane ou alors sa jument.
Je sais que le désir jamais ne doit enclore
Le coeur pensant d’un homme en un vouloir qui ment ;
Mais mon coeur au désir se laisse prendre encore,

Puisqu’une voix lointaine a sur moi tel pouvoir…
Comment en ce vieux monde ai-­je pu me mouvoir
Jusqu’au déclin de l’âge en restant immature ?

Agir avec raison, même au temps de l’amour,
Mais rêver follement tout au long du parcours :
Telle est la double loi de l’humaine nature.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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